Mardi 30 juin 2009
Après mes crevaisons mulitiples (voir texte précédent...)

Le lendemain samedi 27 juin, vélo réparé, nous nous rendons du côté de Portiragnes afin d'effectuer une sortie le long du « Canal à Riquet »... L'endroit s'avère sympa...

Mais j'ai à peine le temps de parcourir un petit kilomètre que, pour franchir un raidillon, je change de vitesse; j'entends alors un bruit de ferraille, et mon pédalier se bloque!

Chaîne sautée, et coincée. Impossible de remédier sur place.

Retour en « patinette » à la voiture, l'oeil mauvais contre le sort qui semble s'acharner.

Je sors les outils « kivontbien », et je finis par remettre en place la chaîne, mais le plateau ne peut plus utiliser que les 2 rapports du bas. « Tant pis, on affinera ça au camping! »

On repart en direction de Béziers sur les bords du canal... Tout va bien.

Sur le retour, nous avisons une guinguette, qui se trouve en contrebas du halage. Une halte bienvenue afin de « faire boire les chevaux ». Au comptoir, nous engageons la conversation avec un couple... et nous apprenons que le mari est originaire du Buret, sud-Mayenne.

Au moment de repartir, je fais escalader mon vélo pour rattraper le dénivelé vers le halage.

Je vois Annie empêtrée avec le sien. Je redescends, j'empoigne son guidon, je prends mon élan... et je rate une marche.

Quelle gamelle! J'ai le tibia gauche raboté sur 10cm, le côté du mollet bigrement endolori, et comme je suis retombé sur la hanche gauche... tout ça fonctionne avec difficulté. Retour à la voiture, vitesse réduite.

Au camping, Meurtripan pour moi et clés anglaises pour le réglage du plateau.

Dimanche, juste une sortie dans Mèze, autour du port, la jambe gauche pas très valide...

Lundi, direction les écluses de Fonsérannes. Beaucoup de touristes pour admirer cet escalier de 9 écluses.

Puis, nous retournons vers un site que nous avions repéré le long du canal.

Chouette, une place à l'ombre attend notre voiture.

Je commence à « dételer » les vélos... mais le mien refuse obstinément de rouler!!!

Ah, ce sont les patins qui frottent. Sortie des clés allen, tentative de réglage... Rien à faire, la roue arrière frotte ailleurs...

Tout ça pour constater -enfin- que la roue est complètement voilée!!! Et méchamment!!!

Impossible de rouler comme ça.

Je râle un bon coup (Bernard, ta tension!!!) Remise des vélos sur leur socle, et on cherche en banlieue de Béziers un magasin où je pourrai demander de l'assistance. Par bonheur, je trouve Sports 2000.

Je m'adresse alors au vendeur qui me propose d'apporter seulement la roue. Il la pose sur son appareil à « dévoiler », et après un sifflement qui en dit long sur son étonnement, il me balance:

« Non seulement votre roue est voilée, mais elle n'est même plus ronde! Comment avez-vous pu la martyriser de la sorte? »

Une explication?

La seule que je puisse avancer tient au fait que cette roue arrière ne se trouve qu'à 19 cm du sol lorsqu'elle est sur le porte-vélo... et que les « sauvages du coin » ont mis en travers des routes des ralentisseurs de « ouf », propres à dissuader le plus coriace des fous du volant.

 

Lorsque la roue arrière de la voiture est « redescendue » du dos d'âne, je suis persuadé que la roue du vélo est encore sur le dos d'âne et peut taper sur cette excroissance de la route...

Je ne vois que ça!

Bilan des courses: il m'a fallu changer de roue arrière. A cette occasion, le réparateur m'a demandé où j'avais roulé pour avoir plein d'épines incrustées dans le pneu (rappelez-vous « manque pas d'air! »)

Il en a profité pour extraire toutes celles qu'il voyait, et m'a conseillé les chambres increvables. J'ai opté pour!

Il n'était plus temps de pédaler, mais bien plus sage de rentrer vers le camping.

Pour ce faire, j'ai mis Tomtom en route, qui, ne connaissant pas ces zones commerciales récentes, m'a envoyé dans des chemins qui auraient fait la joie d'un amateur de 4x4! Perdus en pleine cambrousse, les Munoz, avec l'autoroute juste de l'autre côté du grillage, et la nana Tomtom de me dire avec insistance: « Prenez la prochaine à gauche! Prenez la prochaine à gauche!»

Et comment je fais pour sauter par dessus le grillage??? Hein????

Après quelques longs km de tout terrain, nous avons réussi à récupérer une voie carrossable... Tomtom a retrouvé un itinéraire acceptable, et nous avons rejoint le camping, où nous nous sommes consolés avec une bonne bière bien fraîche.

« Les prochaines aventures, c'est pour quand? » me direz-vous.

Ah! Je peux admettre que vous trouviez mes péripéties fort distrayantes, mais j'avoue ne pas les goûter avec le même plaisir que vous!

 

A la prochaine quand même!

 

Salut à vous
Par Bernardino - Publié dans : Billet d'humeur
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Samedi 27 juin 2009
Salut à vous
 
Il est des jours où l'on ferait mieux de rester couché!
 
Hier matin, Annie n'ayant pas envie de pédaler à cause du Mistral, je pars seul faire un tour avec mon VTT.
En chemin, je trouve quelques figues précoces; j'en déguste quelques-unes, et à l'intention d'Annie, j'en niche une dans ma sacoche de selle, entre le téléphone, et l'appareil photo!
 
Puis je file vers le mas du tonton.
Je me gourre dans les petits chemins... je me retrouve dans un ranch avec des chevaux, certes sympathiques, mais c'est pas ce que je cherche.
Un peu plus loin, cul de sac, avec un camping-car britannique qui gît-là, complètement désossé.
Un peu plus loin, je déguste quelques amandes douces, pas tout à fait mûres...
Quelques erreurs de parcours encore...
Puis je finis par trouver l'ouverture sur l'ancienne voie romaine, et j'escalade gaillardement les derniers hectomètres de la butte menant au mas, toujours avec le vent de face.
J'arrive au but de mon expédition, pour constater que toutes les vignes ont été arrachées, remplacées par de jeunes ceps et des amandiers. Les murs ont subi une sérieuse toilette.
Les cigales chantent à tue-tête dans cet air surchauffé empli du parfum de la garrigue.
Je prends quelques photos... puis je m'apprête à redescendre vers Mèze, vent dans le dos.
Le plus plaisant en sorte!
Mais...
Roue arrière à plat!
"Pas grave, me dis-je, j'ai ma bombe miracle!"
Un petit coup de gonflette, et ça repart.
Je ne mollis pas dans la descente, afin d'arriver le plus tôt possible au camping.
Mais... la roue arrière se dégonfle lentement... et la roue avant commence aussi à donner des signes de fatigue.
 
J'ai à peine parcouru 500 mètres, que je suis sur les jantes!!!
 
Les deux roues hors service!
Inutile de faire appel au service assistance resté au camping... Le "navigateur" ne saurait pas me retrouver, et de plus "il" ne maîtrise pas suffisamment la nouvelle voiture...
"Prends ton courage à deux mains, mon vieux!!! Et ton vélo de l'autre...."
C'est ainsi que j'ai poussé mon VTT sur plus de 6 km, sous un soleil de plomb, et... vent dans le dos!!!!
J'ai marché "à  fond"... bien que fort gêné par ces deux pneus à plat qui émettaient un "gruichement" bizarre et ne facilitaient pas la tâche.
 
Je suis arrivé au camping exténué.
Après quelque repos, j'ai entrepris de réparer mes chambres à air...
Mon gonfleur électrique  ne parvenait même pas trop à leur insuffler de l'air.
Et pourquoi donc?
Un rapide passage dans la bassine à vaisselle a suffi pour établir le diagnostic: il y avait  tellement de trous que ça bullait de partout. J'ai ausculté à nouveau les pneus, et j'ai retrouvé platées dedans quelques  épines... en forme de trident!!!
 
Face à ces "passoires" j'ai jugé plus pertinent de filer vers le "Carrefour Market" tout proche, où j'ai acheté un lot de 2 chambres pour 3 Euros...
 
J'ai remis tout ça dans les pneus, j'ai regonflé soigneusement...
Et les chambres percées?  Je les ai recyclées!!! (elle est bonne, celle-là, hein?)
Elles me servent maintenant de tendeur pour arrimer le petit auvent qui lutte contre le Mistral.  Comme ça, "elles ne vont pas  manquer d'air" non plus!
 
Et maintenant que mon fier coursier est à nouveau opérationnel?
Ben nous irons longer un bout du canal du Midi à vélo...
On risque moins de traverser un dévastateur "champ d'épines"!
 
A plus!
Par Bernardino - Publié dans : Billet d'humeur
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Lundi 15 juin 2009
Consultant mon quotidien favori ce dimanche 14 juin 2009, j'apprends que la FFAM organise une manifestation.
Face à ce  sigle auquel j'attribue habituellement une certaine significiation, je détaille un peu l'article. Pour apprendre qu'il ne s'agissait pas de la Fédération Française d'Aéro-Modélisme à laquelle je suis licencié,  mais de la Fédération Française des Amis des Moulins!
Même sigle, pour deux fédérations également  "éoliennes".
Et j'apprends par la suite que, dans le Sud-Mayenne,  on pourra visiter le moulin des Gués, situé sur la commune de Fontaine Couverte.
Poussé par un petit vent de nordouet, ma femme et moi nous mettons cap au Sud.
Sur le site, le parking est déjà occupé par de nombreux véhicules.
Au pied du moulin, un bonhomme à l'oeil pétillant de malice nous accueille. Il s'agit de Louis Lemoine, descendant des maîtres meuniers ayant exploité ce moulin.
A l'aide d'une longue perche métallique il pousse sur l'une des ailes afin de  mettre la voilure en marche... aide nécessaire uniquement lorsque le vent  est faible.

Et il nous explique  que ce moulin-tour  est de type angevin, qu'il  fut construit en 1824. 
Remanié en 1870, il fut rehaussé,  et doté d’une astucieuse voilure faite de planches orientables, un peu à la manière d'un store vénitien. Ce dispositif  permet d’augmenter ou de fermer la surface au vent depuis l’intérieur-même du moulin. 

Puis il raconte que ce moulin a  cessé de faire  entendre son tic-tac en   1954.
Jusqu'à ce qu'il soit classé monument historique en 1992,  et qu'il reprenne du service pour  moudre du blé noir en 1993. 
Pour le plus grand bonheur des amateurs de moulins!

Sous la houlette de maître Lemoine, on découvre les ingénieux systèmes permettant à ce moulin de fonctionner et de rendre la vie du meunier aussi douce que possible. Le hérisson, l’arbre et le rouet, les meules que l'on "rhabille", ou encore la charpente pivotante pour mettre les ailes au vent.
Sorte de capitaine au long cours, Maître Louis est intarisable et explique avec passion;  agrémentant son commentaire d'anecdotes savoureuses, prenant son public  à témoin,  lançant une petite blague, ou encore tel un malicieux maître d'école, se mettant à questionner son auditoire afin de vérifier que tout le monde s'est montré attentif.
Et puis au second étage, il surprend le visiteur en expliquant que les dents des grandes roues sont en cormier, bois dur qui va tout de même s'éroder contre  les dents de fonte des autres rouages. Ainsi donc le bois s'usera, mais il préservera le métal...  et il sera nettement plus  facile au meunier de changer individellement les dents de bois qui seront défaillantes. Juste une cheville à dégoupiller.

Là haut, sur le  troisième étage, se trouve un jeune homme, tout aussi passionné. Il est membre   de l'association qui fait revivre ce moulin. Sous nos yeux, il manoeuvre le système qui fait pivoter le toit, ou encore celui qui ouvre et ferme les voiles. il embraie le système de treuil qui permet de  monter les sacs de blé, avec ces amusantes trappes qui se referment sitôt leur passage.
Et tous ces cordages qui agissent  du haut en bas... comme dans la marine à voile.
Un meunier ne serait-il d'ailleurs pas une sorte de matelot jouant sur le gréement d'un "trois mâts"?
Puis il explique aussi  pourquoi l'arbre principal pointe son nez vers le ciel de quelques degrés: afin de plaquer le toit sur les murs;  sinon, au moindre  coup de tabac, le "chapeau"  pourrait décoller.
Et le jeune meunier  d'ajouter que  de cette façon, le rendement  des ailes  est aussi bien meilleur...
Nostalgique, il dit combien il aimerait que ce moulin puisse à nouveau moudre du blé, afin de produire aussi  de la farine "blanche"... mais la législation...
Puis, la tête un peu dans les étoiles,  on redescend par les marches étroites et grinçantes  d'un escalier bois en colimaçon...
A propos de tête, attention aux poutres...
Et en fin de visite, on retouve au bas du moulin les trémies de la bluterie, là où le meunier remplissait ses sacs de farine.
On  passe ensuite par la boutique attenante où sont exposées des photos d'autres types de moulins. Une jeune femme crée une ambiance musicale en actionnant le soufflet d'un  accordéon diatonique. Histoire de vent, là encore!
On vous propose  de déguster une galette, une crêpe, le tout accompagné d'une bolée de cidre pétillant.
Et chacun peut repartir avec  son   petit sac de farine de blé noir produit sur place !

Ah, la magie des moulins à vent...
Merci Louis... et bon vent à votre moulin!


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Un petit reportage photo visible ici: http://ohfr-redir.com/3050   et sa vidéo:
http://www.youtube.com/watch?v=5JJnOsetKiI

Le site "officiel" dédié à  ce moulin des Gués: 
http://pagesperso-orange.fr/moulindesgues/accueil_022.htm

Autre moulin fort intéressant en Mayenne:
http://www.moulin-de-thevalles.com/

Par Bernardino - Publié dans : Billet d'humeur
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Samedi 23 mai 2009
Hier, le soleil avait envahi le bleu du ciel.
Nous avons installé nos deux  vélos à l'arrière de la voiture, et nous sommes partis vers  la rivière Mayenne.
Arrêt au pont de Montgiroux, où se trouvaient déjà quelques autres véhicules.

Débute alors une petit virée à  vélo le long du halage.
Occasion propice pour faire des rencontres sympathiques.  Et enregistrer   des images sonores, olfactives, visuelles,...
Comme celle de cette famille cycliste: papa, maman et les enfants, dont le plus jeune  avait trouvé place dans une remorque artisanale, fort à l'étroit dans sa "caisse"... car la glacière occupait quasiment toute la place.
Ou cette autre famille alanguie au bord de la rivière, avec les cannes à pêche au fil de l'eau... mais pour laquelle le poisson semblait davantage un prétexte qu'une finalité...
Ou ce couple, avec chacun un panier à l'avant du vélo... et un  tout petit chien à l'intérieur.
Ou ce héron, raide comme un piquet au bord d'une frayère, mais qui finit par décoller lourdement lorsqu'il nous sent trop proches.
Ou ces deux randonneurs britanniques, sortant d'une maison éclusière, l'air béat... un sac  transparent au bout de chaque bras. Et à l'intérieur?  De nombreux  produits du terroir labellisés bio...
Ou encore ces camping-caristes de la Manche arrêtés près de l'écluse de La Roche... elle et lui dans une chaise longue, abrités sous un parasol multicolore, chacun un bouquin à la main.
Ou encore ces deux petits  bateaux bleus à moteur électrique; ils  naviguent  bord à bord, puis s'arrêtent sur la rive droite opposée au halage. Tout le monde en descend... et  sur la partie plane d'un herbage commence alors une partie de boules; pas sous les platanes comme dans le Midi; mais  sous la haute protection des grands peupliers dont les feuilles bruissent sous la brise.
Ou ce paisible goëland posé sur un piquet signalant l'approche de l'écluse.
Ou encore la causette avec l'éclusière de Montgiroux, qui tient la halte fluviale, parlant avec amour de ses bacs à fleurs,  de ses jardins de rocaille...
Ou le coucou lointain, qui égrène lentement sa mélopée à deux notes...
Ou la paisible Mayenne,  tapissée des innombrables  chatons que lui confient les arbres alentour.
Ou encore ces septuagénaires s'arrêtant à la maison éclusière de Grenoux. Sirotant un cidre doux, et apparemment ravis de leurs vélos électriques... Quand les jambes ne sont plus assez agiles... et qu'on trouve un moyen de se faire encore plaisir.
Et ces odeurs exacerbées par la chaleur: ici, le crottin de cheval;  un peu plus loin,  c'est la lourde senteur des vaches surprises par cette canicule précoce, et qui tentent de se mettre à l'abri d'une haie. Plus loin,  du côté  de la frayère, l'âcreté de la vase nous prend à la gorge...
Et partout, cette "lenteur" propre aux voies d'eau navigables.
Un bonjour,  ou un signe de main à chaque rencontre...
Le temps qui coule, paisible...

Petits plaisirs...
Loin du bling-bling...

http://www.tourisme-mayenne.com/AddOns/cdt53_afdle/AFDLE.html
http://www.tourisme-mayenne.com/uploadfiles/publications/6461/guide_halage.pdf.V2.aspx

"A pied le long de la Mayenne,  par son chemin de halage"  Raymond POIRRIER, auteur mayennais.
Préface Jean-Loup Trassard, Editions Opéra. Juillet 2001

Par Bernardino - Publié dans : Billet d'humeur
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Mardi 19 mai 2009
J'étais "monté" dans la capitale pour assister à un colloque intitulé : "Impact médiatique des activités aériennes liées à la pratique des engins volants radio commandés et retombées financières plus parti­culièrement au niveau des hôtels "


Ouf ! Tout un programme, n'est-ce pas ? Débouchant d'une magnifique avenue, je fus soudain abasourdi : une foule considérable avait envahi le bitume. A perte de vue, un long flot humain bariolé, avec banderoles, dra­peaux, oriflammes.

A un agent de police qui se trouvait là, je demandai combien ils pouvaient être, tant cette masse m'impressionnait. 100 000 ! d'après les comptages officiels...

Je me décidai à aller voir de plus près ce cor­tège, et je me retrouvai entouré d'une grosse majorité de "mâles" - tiens, presque pas de femmes, c'est dommage... - Ce qui me frappa tout d'abord, c'était leur tenue : casquettes en général de couleur vive, lunettes de soleil bien calées sur le nez, et petit chiffon dépassant de la poche gauche. Serait-ce des boulistes ? Car un détail m'intriguait toutefois : leur couvre­-chef arborait des badges en métal représen­tant des avions (on appelle ça des pin's paraît-­il). De même, sur les blousons fleurissaient des macarons "Patrouille de France, Tomcat, MM Pilote, US Air Force...

Je ne comprenais toujours pas. Je lus alors quelques slogans :

- Aéro, t'es foutu, tes élèves sont dans la rue ! - Non aux monopoles, non aux vedettes, non au pouvoir d'achat qui baisse.

- Halte aux abus.

- Détaxation du méthanol.

- Pour une revalorisation substantielle de notre loisir.

-Application totale des accords de la Ferté ­Allais et de Cergy - Pontoise.

- Augmentation du nombre de licenciés.

- Négociations immédiates avec nos représen­tants.

Au fait, ils étaient où, les représentants ?

Me déplaçant difficilement vers la tête du cor­tège, je reconnus différents élus des Fédérations Régionales. En fin de cortège, des manifestants fraternisaient.

C'est vers ceux-là que je dirigeai mes pas. "Pourquoi manifestez-vous" ?

- "Nous sommes là pour demander que les apprentis-pilotes de modèles réduits soient AUTONOMES le plus rapidement possible " Enfin je venais de comprendre !

Entre deux slogans repris en choeur, l'un des manifestants me jeta alors:

"Moi, j'en ai marre, j'ai un modèle réduit que j'ai acheté tout construit, je me suis adressé à un club, j'y vais une fois par mois, et depuis six mois que je fais ça, eh ben j'sais pas encore me débrouiller tout seul !"

"Aéro, t'es foutu, tes élèves sont dans la rue !" Beugla-t-il soudain.

"Expliquez-vous, cher monsieur; je remplis souvent le rôle de moniteur dans mon club, et je suis prêt à vous dire que moi aussi je ren­contre des difficultés pour apprendre aux élèves. Je m'efforce effectivement de les rendre autonomes le plus rapidement possible.

Pour y parvenir, un certain nombre de condi­tions me semblent incontournables et restent à remplir.

L'élève-pilote doit être capable de : -s'astreindre à un entraînement régulier dont la durée sera variable selon les individus (plus il est jeune, mieux cela vaut en général) ;

- présenter un modèle aussi sain que possible.
- démarrer et régler seul son moteur ;

- effectuer un décollage sans assistance, même orale.

- ET SURTOUT ATTERRIR SANS CASSE. "

Je lui donnais ainsi ma façon de voir les choses, lui exposant les stages de formation des moniteurs qu'organise le CLAP, ceux pro­posés dans les stations de vacances en direc­tion des élèves, et puis ceux de la FFAM desti­nés aux pilotes de démonstrations ou aux remorqueurs...

Quand il reprit un tonitruant :

"Aéro, t'es foutu, tes élèves sont dans la rue !" II m'avait complètement oublié. Je pensai alors à la chanson d'Edith Piaf : "Emporté par la foule qui m'entraîne, se déchaîne..." Incommunicabilité totale entre deux "parti­sans".

Au fait, j'étais "descendu" dans la capitale pour quoi faire ?

Juste à ce moment, venant à peine de m'extir­per de la manifestation des aéromodélistes, je me retrouvai face à un autre défilé. C'était celui des producteurs de balsa qui récla­maient... je ne sais quoi d'ailleurs, car ils par­laient dans une langue provenant apparem­ment d'Amérique du Sud. Comment avaient-ils fait la traversée ?

Sans doute sur un radeau comme le Kon-tikki, mais ils n'étaient que trois... eux ! Et je crois bien qu'ils demandaient l'appui des Pouvoirs Publics.

Mais qui pourrait les entendre, et les faire accéder à une certaine autonomie ?


Une main s'abattit sur mon épaule : "Arrête de gigoter comme ça, tu m'empêches de dormir !"


C'était ma charmante épouse qui venait de me sortir d'un rêve dantesque ! ·

Par Bernardino - Publié dans : Humour et modélisme
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