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Vous avez dit : « Evaluer ? »

16 Février 2015 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques d'un instituteur original, #Billet d'humeur

Découvert samedi 14 février dans mon quotidien "préféré", cet article à propos des "notes" à l'école.

Vous avez dit : « Evaluer ? »

Noter?

Fort bien!

Mais noter comment,  pour quoi, pour qui   et pourquoi?

J'ai souvent mené cette réflexion, seul, ou en compagnie de mes collègues.

Sans vraiment trouver une solution "lisible" par tous.

Puis-je penser que  cette  démarche contribuait  à faire de moi l'instituteur "original" qu'évoqua un jour un de mes anciens élèves?

Toujours est-il que, dans un ouvrage qui verra peut-être le jour,  et qui devrait s'intituler "Chroniques d'un instituteur original", j'y ai  consacré un long chapitre.

Que je vous livre "brut de fonderie".

Chapitre qui n'apporte pas de réponses, mais qui se veut juste être un témoignage.

Voir ci-dessous.

 

Vous avez dit "EVALUER"?

Toute action pédagogique ne peut occulter cet épineux problème : évaluer !

Evaluer bien entendu les « productions » des élèves, mais aussi évaluer la prestation de l’enseignant.

Parce que, me direz-vous, c’est bien joli de prôner une pédagogie ludique, récréative et jubilatoire… Mais quelle en est son efficacité ?

Il est bien évident que cette dimension ne doit jamais être perdue de vue.

Commençons donc par la pratique au quotidien.

Vous avez tous connu comme moi les fameuses notes qui venaient "fleurir" la marge.

S’il est relativement facile de noter 4 opérations, ou un problème… cela devient beaucoup plus délicat à propos d’une rédaction par exemple.

J’avoue avoir toujours été perturbé lorsque je mettais un « zéro » en dictée. La « bulle » ne se justifiant à mes yeux que pour un travail non rendu.

C’est pourquoi j’ai essayé divers systèmes de "notation", ou d'évaluation, dont l’un utilisait des graphiques. La moins bonne performance au test se voyant positionner en bas de la courbe, la meilleure tout en haut. Et partant de là, j’appliquais une échelle de zéro à 20.

Mais c’était assez compliqué à mettre en oeuvre.

J’ai aussi tâté du système d’appréciation à base de lettres… sans être davantage convaincu.

Avec ce souci permanent qui me conduisait à penser que tout système de notation doit être lisible par tous ceux à qui il est destiné.

Mais au fait, pour qui « note-t-on ? »

En premier lieu sans doute pour les élèves, qui souhaitent savoir ce que vaut leur travail… et c’est légitime… même si j’avais tout naturellement tendance à préférer l’émulation plutôt que la compétition.

Pour les parents ensuite… avec les mêmes aspirations que leurs chères têtes blondes.

Et pour l’enseignant enfin, qui doit juger de l’efficacité de son enseignement…

Reste à savoir si l’exercice utilisé en tant que test est en adéquation avec la situation !

Que signifie en effet un exercice complètement raté au niveau d’une classe ?

Qu’il était trop difficile ? Que ma propre leçon était elle-même ratée ?

Allez savoir !

Mais j’ai quitté l’école (juin 2000) toujours en recherche d’un système d’évaluation qui puisse être satisfaisant pour tous ses utilisateurs…

En revanche, l’équipe pédagogique  dont je faisais partie disposait d’éléments très fiables, ne suscitant pas de doutes quant à leur interprétation !

Les documents que le principal du Collège nous transmettait suite aux évaluations des élèves de 6ème.

Nous passions de longs moments à compiler, comparer, soupeser les résultats… que le principal commentait lui-même d’ailleurs.

Et il nous disait combien nos élèves ne lui posaient guère de problèmes.

Et enfin, dans ce processus d’évaluation à deux niveaux, chaque enseignant sait bien qu’il va recevoir périodiquement la visite d’un inspecteur.

Moment souvent redouté… générateur de stress, même si on est persuadé que l’on fait son travail avec le maximum de conscience professionnelle.

 

C’est ainsi que j’ai été plusieurs fois inspecté dans ma carrière.

Et que cela s’est toujours bien passé.

J’étais donc moi-même noté par mon supérieur hiérarchique, qui justifiait sa note au travers d’un long rapport, que je devais renvoyer signé pour approbation.

Rappelons qu’au-delà de la satisfaction personnelle d’obtenir « une bonne note », cette dernière est synonyme de changement d’échelon, donc de promotion, avec à la clé une augmentation de salaire !

C’est aussi à la suite d’inspections que l’on m’a proposé de devenir Conseiller Pédagogique… ou bien de prendre la direction d’une école plus importante.

Rien que les circonstances qui m’ont conduit à prendre la direction de l’école de Bais mériteraient un chapitre à elles seules !

Mais j’ai toujours décliné l’offre ; pour au moins trois raisons.

  • La première, c’est que je me plaisais bien à Bais…

  • La seconde, c’est que je me voyais mal me passer de mes complices les élèves. En effet, un Conseiller Pédagogique n’a plus de classe à gérer.

  • Et enfin la troisième : je ne souhaitais pas atteindre ce que je pourrais appeler mon degré d’incompétence.

 

A ce propos, je me souviens fort bien d’un longue discussion avec un inspecteur, qui avait trouvé de « bons » arguments en vue de me faire accéder au poste de conseiller pédagogique… «  avec une rémunération plus intéressante ! » avait-il dit…

Mais il était resté sans voix, lorsque je lui avais asséné :

« Monsieur l’inspecteur, j’ai bien suivi votre argumentaire, mais je préfère être comme vous dites un bon instituteur qu’un piètre conseiller pédagogique ! »

Avais-je sous-évalué mes capacités ?

Peu importe.

Je suis resté instituteur carrément rural... peut-être original...

J’ai exercé un métier passionnant.

 

Et je ne regrette absolument rien !

 

 

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