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Photo / VTT / Billets d'humeur / Modélisme  / Années 50

A la baguette !

31 Mars 2006 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

 J’ai longtemps   pratiqué le vol libre, et il était déjà nécessaire de trier avec soin tous les matériaux à utiliser. Y compris les baguettes…
Le poids, c’est l’ennemi !
Ainsi pourraient donc s’exprimer les puristes de notre discipline.
Et même s’ils n’utilisent que très rarement le balsa, ce ne sont pas les « foamistes » du vol indoor qui viendront me démentir.
Tout gramme grappillé permet d’améliorer le rapport poids/puissance. Et on est bien loin de l’attitude affichée par certains qui disaient : « Ben on mettra un moteur plus fort ! » C’est oublier aussi que la charge alaire va en prendre un coup, et que les performances du modèle risquent de se dégrader.
Pour les pinailleurs, les traqueurs de surcharge pondérale, il est donc nécessaire d’utiliser des matériaux   dont le rapport masse/résistance est le plus avantageux. 
 
Et mon copain Gégé, en parfait chef d’orchestre de la construction balsa, est de ceux qui apportent un grand soin au choix des « ingrédients » composant ses modèles.
 
C’est ainsi qu’un jour, il entre dans l’échoppe de son « dealer » préféré, afin de s’approvisionner en bois.
Il s’approche du présentoir à planches et à baguettes, commence à sortir une 4x4, la soupèse, appuie légèrement dessus avec son ongle afin de vérifier la dureté… ni trop ni trop peu… La remet délicatement à sa place… En sort une seconde, qui lui semble acceptable… En prend une autre, qu’il examine attentivement quant à la dureté, la masse, la linéarité… Hésite un instant… La remet dans le présentoir… La reprend….
 
Puis une autre baguette…
Puis une troisième… qu’il remet dans le présentoir, qu’il reprend, qu’il remet, qu’il se décide enfin à choisir.
 
Et le détaillant, armé d’une bonne dose de patience, observe avec soin ce client qui lui semble quelque peu tatillon.
 
Quand enfin notre modéliste s’arrête sur son choix de baguettes : il a opté pour 4 d’entre elles.
Le marchand enfile calmement un petit élastique à un bout du paquet de baguettes, puis un deuxième à l’autre bout… attend que son client lui demande éventuellement autre chose…
Mais non, Gégé n’a besoin que de quatre baguettes 4x4.
Il demande sa note… paie en effectuant méticuleusement l’appoint, et quitte avec nonchalance la caverne d’Ali Baba.
 
Le commerçant se félicite sans doute d’avoir fini la transaction… d’autant que d’autres clients ont petit à petit commencé à s’accumuler dans son magasin.
Et Gégé de son côté doit se féliciter d’avoir effectué un choix fort judicieux.
 
C’est alors que notre « dealer » stupéfait voit revenir dans son magasin… notre Gégé… qui, sans doute pris de remords, se pose la question de savoir s’il a vraiment effectué le bon choix quant à ses baguettes.
Et qui demande au commerçant si, par hasard, il ne lui serait pas possible d’échanger l’une d’elles qui lui semble « un poil trop dure » !
 
Et là, devant les autres clients médusés, notre détaillant -jusqu’ici fort placide- se met soudain à « péter les plombs ».
 
Il se saisit du ridicule petit fagot de baguettes, et se met furieusement à tout briser menu. (Faut dire que le balsa se prête fort bien à ce jeu !!!) Avec une frénésie paraît-il stupéfiante !!!
 
Et joignant la parole au geste, il tonne : «  Bon ça va bien avec vos baguettes ! Hein ? Vous croyez pas que j’ai passé assez de temps avec vous ? Allez les acheter où vous voulez, vos baguettes, et vérifiez bien qu’elles ne sont pas trop lourdes, pas trop dures, pas trop tordues, pas trop ceci, pas trop cela….
Allez ouste, dehors !!!! »
Et il se met à piétiner rageusement les morceaux épars.
Heu ????
 
C’est Gégé lui-même qui m’a raconté l’histoire. Il n’en est pas encore revenu…
Et d’ajouter  avec calme: «  Ben tu me croiras si tu veux, j’ai même pas eu le réflexe de lui demander qu’il me les rembourse, mes baguettes, parce que je les avais payées… Hein ?   J’ai l’impression que ce bonhomme-là, chez lui, il doit mener tout son mode à la baguette ! »
 
Hé…
N’est pas forcément chef d’orchestre qui veut !!!!
 
 
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Hymne à la joie…

30 Mars 2006 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Le modélisme est une aventure humaine comme tant d’autres.
Permettant   à chacun de s’épanouir au travers d'un loisir plus ou moins dévorant en temps, en argent…
Mais cette activité permet également d’effectuer des rencontres. Et dans mon passé de modéliste, j’ai approché toutes sortes de gens : des voltigeurs éblouissants, des traqueurs de bulle émérites, des techniciens avertis, des maquettistes aux doigts d’or, des cools, des zens, des "toujours-courant"… Et de nombreux débutants, aussi…
Or dernièrement, j’ai eu la joie de rencontrer un “ débutant ” pas ordinaire.   N'avons-nous pas tous été un jour ou l’autre “ débutant ” timide, s’adressant avec déférence à “ celui qui sait ”… ou qui croit savoir !
J’avais donc été contacté afin de donner une banale leçon de modélisme… Je devais recevoir une magistrale leçon de vie !
Mais voyez plutôt   ce qui suit!
 
Ainsi donc il y a quelques jours, un monsieur m'appelle, et me dit en substance:
"Je suis retraité. J'aimerais m'inscrire à votre club de modélisme.
Je possède toutefois une petite expérience car j'ai tâté autrefois du Stampe (grandeur) Ah! le SV4!
Peut-être que cela pourra m’être utile…
On m'a dit aussi qu'il était possible de se faire la main sur ordinateur..."

On convient d'un rendez-vous chez lui -ce sera plus facile pour “ tripoter son PC ”- ; et je me retrouve donc chez le monsieur.
Qui me glisse au cours de la conversation:
"Vous savez que j'ai dit un jour à mon fils mon intention d'acheter un ordinateur? Il m'a répondu : "Qu'est-ce tu vas faire d'un ordinateur à ton âge? Tu sauras même pas t'en servir!"
Et l’oeil pétillant de malice, il enchaîne :
“ Hé ben j'ai acheté un ordinateur! (avec écran plat 21 pouces! NDR)
Maintenant, je bricole un peu avec Internet... Et je viens de passer à l'ADSL! Ah ! C'est vraiment bien!
Et puis j'ai acheté tout dernièrement un simulateur; Ikarus Pro!!! Voilà...
Le problème c'est que je sais pas calibrer la manette-boîtier..."

On a donc fini l'installation du programme, il a tâté du pilotage sur PC...
Je lui ai installé le logiciel gratuit FMS   (téléchargeable sur le Net).
Il a trouvé que le Slowflyer (électrique!) était suffisant pour ses débuts.
Il m'a dit qu'il entamait incessamment la construction d'un Bizuth dans les jours à venir... A ce propos, il m'a confié: "Vous savez, j'aurais les moyens de m'acheter un Ready-To-Machin-chose comme on voit dans les pubs...
Mais quand on fait tout soi-même, ça occupe les mains, ça occupe l'esprit, et ça permet d'être autonome! Si on casse, on est capable de remettre les mains dans le cambouis!"

Il m'a fait savoir qu'il allait s'acheter une radio Multiplex (il avait toute la doc de chez MPX!) parce qu'il trouvait cette marque "au top"!
Il m'a largement fait comprendre que j'avais rendu un homme heureux! Qui risquait de se relever la nuit rien que pour le plaisir de jouer à piloter...

Puis il m'a fait partager sa galerie personnelle: c’est que notre homme peint, à ses "moments perdus", de magnifiques aquarelles.

La visite terminée, il m'a proposé un petit apéro... que nous avons dégusté à gorgées mesurées, lentement, pour bien profiter de l’instant.
Et avant que je ne le quitte, il m'a invité à visiter les deux serres qu'il entretient avec amour; serres dans lesquelles il fait vivre une multitude de curieuses plantes grasses... plus étranges les unes que les autres ; et il en a prélevé une "que vous offrirez de ma part à votre épouse!" Tout ça ne manque pas de “ piquant ”, n’est-ce pas ?

Et je suis rentré chez moi… béat, émerveillé, tout aussi heureux que le bon-homme.

Ah, j'ai omis de vous dire que ce "jeune" licencié à notre club trotte allègrement vers ses... 88 printemps!!! Et que ses "batteries" semblent loin d'être à plat!!!!

 Cependant, sur le chemin du retour, tout en m’émerveillant de cet enthousiasme juvénile, je commençais à entrevoir mon horizon   s’assombrir quelque peu : c'est qu'il faudrait un jour donner les premières leçons "live"!!! Sans réinitialisation automatique du modèle suite à une fausse manoeuvre. 
C’est alors que j’allumai mon auto-radio… Je reconnus immédiatement la “ Neuvième symphonie ” de Beethoven. Et les chœurs entonnèrent “ l’Hymne à la joie ”…
 
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Le Chat le Chien et le Canard

30 Mars 2006 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

 
 
 
Le chien, le chat et le canard
 

Un chien s'en fut un jour trouver un beau matou
Que l'on disait expert sur les choses volantes...
"Dites-moi, Sire Chat, veuillez m'expliquer tout
Ce que l'on doit savoir,
Car selon mon attente,
Je voudrais faire voler un modèle de canard, (1)
En balsa, en papier et en contre-plaqué.
J'ai d'ailleurs commencé la partie arrière !"
Et sur ces mots, il tend vers le chat son paquet.
Le matou s'en saisit,
Et dit :
"II n'y a vraiment pas de quoi être si fier !
Ce bout d'aile jamais ne pourra prendre l'air
Tant son poids est violent !
Tout en contre-plaqué...
II faut être balourd,
Pour oser mettre en l'air cet engin : bien trop lourd !
" - Mais s'il est trop pesant,
Je lui mettrai au cul un moteur plus puissant !"
Grogna alors le chien.
Le chat n'ajouta rien,
Se lissa la moustache,
Pendant que le toutou rêvait sur sa bernache (2).
Quand le jour des essais enfin se présenta,
Tout le monde était fier, bien sûr, sauf notre chat.
Le chien ne put jamais répondre à la question
De savoir si l'oiseau était lourd du croupion.
On lança le moteur.
La joie battait les coeurs.
Le canard s'ébranla, mais au bout de la piste,
II n'était pas plus haut qu'un gentil ver de terre.
On refit un essai, on changea une hélice ;
Mais le beau caneton frottait sur son derrière,
Refusant crânement de s'élancer en l'air.
On tenta bien une fois de donner au moteur,
En le dopant un peu, un brin plus de vigueur.
Rien n'y fit...
Quel dépit !
Quand un héron passant, voyant cette infortune,
Dit : "Je vais vous le lancer en direction d'la lune !"
Sitôt dit, sitôt fait,
On reprit les essais.
Et cette fois, enfin, le succès fut complet :
Notre Eider (3) retomba lourdement en effet.
Désossé, disloqué,
Le corps tout déplumé,
Le canard n'était plus qu'un joli tas de ruines,
Et le chien fit alors une bien triste mine.
Dégoûté du canard, - pour un temps, il est vrai ­
Notre chien s'assagit, mais en fut pour ses frais.
II construisit alors un oiseau de début,
En suivant les conseils du bon chat, bien dodu.
Mais dans son coeur pourtant germa le fol espoir
De refaire voler un beau jour son canard.
Moralité :
Si vous voulez pourtant construire "n'importe quoi", (4)
Arrangez-vous au moins pour trier votre bois,
Afin que vos "amis" ne puissent rire sous cape,
Car il ne sert à rien de griller les étapes.
 
 
P.S. : Histoire authentique, et qui n'a pas fini de faire couler de la salive. Au sein du club, le Canard, sous toutes ses formes, est l'objet de plaisanteries, pas tou­jours de très bon goût, mais l'Armée de l'Air l'a bien utilisé sur certains avions comme emblème, dans une position... pour le moins "scabreuse".
 
 
 
 
(1 ) II s'agissait en fait d'un "Polycanard" qui avait tapé dans l'oeil de notre Chien (MRA n° 540), mais ce n'est pas sa conception qui est en cause...
(2) Une bernache est une sorte d’oie sauvage, presque donc synonyme de canard, mais il me fallait une rime en ache...
(3) Bien connu des cruciverbistes, ce canard est également apprécié par les gens frileux...
(4) Le "Polycanard" n'est pas n'importe quoi, mais il était, à l'époque, inadapté, et à son constructeur, et à son apprenti-pilote

 
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