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Photo / VTT / Billets d'humeur / Modélisme  / Années 50

Je hais les mouches !

2 Juin 2007 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

 C’est dit une bonne fois pour toute : « Je hais les mouches ! »
Mais pourquoi tant de haine  envers ces petites bêtes?
Je vous entends murmurer : « Mais quelle mouche l’a donc  piqué ? »
Plantons le décor  de ce jour:
Avisant les gentils cumulus qui bourgeonnent   au-dessus de ma tête, je me dis qu’une sortie avec un motoplaneur électrique afin de traquer la bulle(1) pourrait s’avérer judicieuse.
Me voilà donc arrivé dans un pré dont l’herbe vient d’être fauchée. Elle est encore en rangs comme au sortir de la faucheuse.
J’assemble mon Dragonfly, joli modèle mesurant presque 3.50m d’envergure, vérification des gouvernes, un petit coup de moteur pour voir avant de lancer… et comme tout semble OK, switch on, l’hélice brasse l’air et mon oiseau quitte gentiment ma main afin de gagner un peu d’altitude.
Il ne me faut guère plus de 15 secondes pour sentir l’appareil tutoyer une ascendance(1). Je coupe le moteur, et hop, c’est parti en spirale afin de grimper à l’aide des courants naturels.
Qui a dit que j’étais une « fine mouche » dans la recherche des « pompes(1) » ?
Mais pendant que je « coince la bulle »… je me trouve soudain assailli par une nuée de petites… mouches. De celles qui naturellement bouchonnent sur le museau des vaches !
Ah ça, mais je ne leur avais rien demandé à celles-là.
Avez-vous déjà connu pareille mésaventure ?
Sachant que les deux mains sont positionnées sur l’émetteur, il est fort « agréable » de se mettre à gesticuler afin de jouer les chasse-mouches.
Et un coup avec le bras droit, tout en invectivant ces sales diptères. Et quelques autres moulinets avec le bras gauche, le tout  accompagné de quelques jurons biens sentis.
Mais les bestioles continuent de vouzouner dans un nuage compact.
Dans mon champ de vision tournicotent d’innombrables points noirs… Brouillant ma vue en direction du ciel.  Pratique pour se concentrer sur mon planeur qui se trouve déjà haut, et qui devient de plus en plus difficile à suivre, surtout lorsqu’il se trouve sur un fond de ciel bleu…
Je me déplace d’un dizaine de  mètres… mais  la trêve n’est que de quelques secondes : les bestioles m’ont suivi.
Me voilà à nouveau gesticulant et pestant.
C’est alors que je revois en différé la fameuse scène extraite du film de Jacques Tati « Jour de fête », là où le facteur François est en proie à un essaim, et où il se démène comme un beau diable au milieu des prés.
C’est effectivement ma fête :
* quand une mouche s’avise d’aller explorer une de mes narines ! Je pars à éternuer de façon tonitruante… Mais où est passé mon planeur ? Ouf, je retrouve sa trace sur fond de cumulus.
* lorsqu’une autre mouche cherche à se nicher dans mon oreille ! Vite un coup de paluche avec la main droite pour déloger l’intruse !
* au moment où une emmer…euse se glisse entre mon œil et mon verre de lunettes !
Il me faudrait trois mains. Voire plus ! Ah,  si j’étais Civa, la déesse aux cent bras !
Plaisant,  vous dis-je !!!
Une situation vraiment propre à s’énerver, à …à prendre la mouche !!!
Mais restons aussi calme que possible.
Tout pendant que durera ce vol je serai accompagné de mon nuage aux pustules noires. Plus ou moins dense, plus ou moins gênant.
Les vaches ont au moins un avantage sur les humains : elle peuvent utiliser leur appendice caudal en guise de chasse-mouche, n’est-ce pas ? Et pourtant, il y en a tout un troupeau dans le pré d’à-côté ! M’adressant alors aux furieux diptères : « Mais allez donc voir les vaches qui sont un peu plus loin! » Sans résultat, bien évidemment !
Les chevaux, eux, ils se mettent tête-bêche afin de s’émoucher mutuellement avec leur queue.
Mais moi, je suis tout seul dans mon pré !... avec mes mouches !!!
Et si par hasard des gens m’aperçoivent en passant sur le  chemin de randonnée tout proche… ils vont me prendre pour un doux dingue. Tout aussi « timbré » que le facteur de Tati…
 
Quoi qu’il en soit, au cours de ce vol mouvementé,  j’ai chopé des ascendances joufflues. L’une d’elles m’a même obligé à sortir les aérofreins… et cela n’empêchait pas le planeur de monter  quand même!!! Il a fallu faire transiter le modèle aussi rapidement que possible afin qu’il se trouve dans une zone moins porteuse.
Et au final ?
J’ai arrêté mon vol lorsque j’ai eu atteint une heure au compteur…
Usé que j’étais par mon furieux combat,   non pas avec les « descendances », mais bien plutôt par cette sorte de « Grand Cirque » aérien qui m’opposait aux mouches !!!
Je hais les mouches !!!
C’est tout !
 
 
(1) bulle, pompe, ascendance… jargon utilisé par les vélivoles pour désigner un courant d’air chaud naturel qui s’élève à la manière d’une montgolfière, et dont on profitera pour faire gagner de l’altitude au planeur.
 
PS: suite à cet article, on m'a conseillé de pendre à mon antenne un ruban adhésif anti-mouche comme on en voyait autrefois dans les cuisines... J'y penserai! Merci. Mais pas facile à trouver...
On m'a également conseillé de ne pas me rouler dans la bouse avant chaque vol... ben, j'y avais pas pensé... Merci également du tuyau.
Mais je voudrais vous livrer l'analyse hautement scientifique de l'éminent  Docteur Delmas, qui écrit:
"Après enquête il semblerait que les diptères en question soient sensibles aux ondes radio. Nous en faisons l'expérience chaque année à Caussade... même après avoir pris une douche! 
Solution, entre autres, suggérée par un ami belge: couper l'émetteur !!!!! 
Et le modèle pendant ce temps, il fait quoi? Boum sans doute?
Autre solution: se munir d'un chapeau à large bord muni d'une moustiquaire style voilette.
Si vous avez vous aussi des suggestions...
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Sciences expérimentales

1 Juin 2007 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

 Mon copain Marc est de ceux que la nouveauté technologique attire. « Il faut vivre avec son temps », dit-il  fréquemment, le visage illuminé par un large sourire qu'enjolive une barbe fournie.

 

 

N'a-t-il pas été 1'un des tout premiers au club à tester un système d'aide au pilotage nommé Flight Controller ? Vous savez, ce genre d'accessoire qui pour une modique somme d’environ 75 Euros s'installe dans votre modèle réduit, et vous remet votre joujou bien à plat dès que vous lâchez les manches quand vous êtes perdu ! Bien utile, ce "gadget". Il faut dire qu'on l'a poussé dans ses derniers retranchements, le Flight Controller ! On y collait l'avion dans n'importe quelle position, et hop, immanquablement ça se remettait en ligne de vol de façon stupéfiante ! Même les plus sceptiques n'en croyaient pas leurs yeux ! Et Marc n'était pas peu fier de posséder un tel fleuron de la technologie nouvelle.

Pensez également que nous avons procédé à des atterrissages entièrement automatiques sur un trainer (Aéro 40). Mise dans l'axe du vent, passage au ralenti (pas complètement baissé), et on pose l'émetteur par terre: l'Aéro 40 a toujours rejoint le sol sans problème. Moi qui suis "un vieux de la vieille", j'avais du mal à admettre qu'un "cerveau" fait de composants électroniques et de fils de cuivre puisse ainsi détrôner l'Homme ! Enfin "Faut vivre avec son temps !" n'est-il pas ?

Convaincu  depuis longtemps que l'informatique est une technologie incontournable, notre ami Marc fait transiter nombre de ses travaux par le clavier de son PC. Internaute averti, il signale tout bon site que chaque modéliste se doit d'aller visiter. Sevré de vol par moments, il n'hésite pas à recourir aux simulateurs RC que l'on a vu fleurir ces derniers temps.

Un as du joystick, notre ami Marc.

Et il n'hésite pas à nous le prouver fréquemment.

C'est ainsi qu'un bel après-midi ensoleillé, il fit décoller son Aéro 40. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le moteur ronronnait sagement. Et Marc prenait son pied!

 Quand tout à coup: "Merde, j'le vois plus !'

C'était Marc ! Il venait de perdre le contact visuel avec son modèle. 

A quelques centaines de mètres de notre piste se trouve une ferme entourée de conifères. L'Aéro 40 passa derrière les arbres... et on attendit qu'il réapparaisse de l'autre côté..."No problem, i have my FIight Controller ! `

Nippe ! Rien ne réapparut !

C'est alors que commença une longue recherche. Tous les copains présents arpentèrent les environs de la fermette, regardant en haut, regardant en bas. Point d'Aéro 40. Le triangle des Bermudes commençait à nous hanter.

 

Nous prîmes des échelles pour aller explorer le toit des maisons ou des hangars. Toujours point d'Aéro 40.

Une petite mare se trouve non loin... exploration... Toujours point d'Aéro 40.

 

C'est alors que, se reculant dans son champ, le fermier nous dit,   pointant du doigt : "Vous êtes mirauds, les gars, r'gardez-donc ! Il est là vot' machin !" Tout perché au sommet d'un conifère !

Commença alors la séquence récupération : échelles, cordes, tournevis pour démonter le bidule. 

 

Descente précautionneuse de l'aile, puis du fuselage, comme pour des alpinistes au bout d'un filin. Ah que nous étions contents !

Et Marc aussi ! Examinant les menus dégâts infligés à son modèle, il lâcha très satisfait: "Cette fichue biellette commandant la roue avant, ça fait longtemps qu'elle m'emm... à se déboîter, à casser. Eh ben là,  elle a tenu le choc ! J'crois bien avoir enfin trouvé LA solution !"

C'est sur ces douces paroles d'un partisan convaincu des mondes virtuels que nous restâmes pantois, et sans voix. Afin de rompre le silence, Marc se contenta d'ajouter:

« Rien ne vaut un bon test pour de vrai, non ? On fait bien des crash tests avec des voitures ou des avions... »

C'est peut-être ça les sciences expérimentales...

Mais j'en conclus tout de même que, à l’époque ou survint cette histoire, notre ami Marc avait dû regarder avec trop d'insistance à la TV  les spots publicitaires avec  la belle Claudia Schiffer: elle y vantait les mérites et les charmes... des coussins gonflables utilisés chez Citroën !

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