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Mieulx est de ris que de larmes escrire

24 Août 2007 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

« Mieulx est de ris que de larmes escrire

Pource que rire est le propre de l’homme.

Vivez joyeux »

C’est ainsi  que le bon François Rabelais  termine la préface  du « Livre Premier » qu’il a consacré à  son géant  Gargantua…

 

 

Mieulx est de ris…

Mais revenons à nos moutons… comme dirait Panurge !

Dans une récente rubrique intitulée « Vive le camping », je vous disais toute ma passion pour cette activité, qui permet de faire d’agréables rencontres.

Tout comme celle que je fis  dernièrement.

Que je vous narre :

Profitant d’un calme soir d’été, je sors un ch’tiot  modèle d’avion électrique que je m’amuse à faire voler au bout du camping. Un petit groupe de spectateurs se forme. Et parmi eux, un élégant Hollandais, qui commence à me poser tout un tas de questions.

La conversation allant bon train, elle déborde très vite de l’aspect purement aéromodélisme.

Et mon interlocuteur de me dire dans un français très correct tout l’amour qu’il porte à  notre pays. Ajoutant avec joie  qu’il séjourne  en  France tous les ans depuis 1985…

Plus de 20 ans de fidélité infaillible ! Et comme notre homme est à la retraite, il précise qu’il  a bien l’intention de  profiter le plus longtemps possible des délices  que propose la France…

D’ailleurs, à l’entendre évoquer ses souvenirs « françois », je me dis qu’il a une solide  connaissance   de nos régions, de nos paysages, et aussi de nos produits locaux.

Ne me quitta-t-il pas  sur ces mots : « Bon appétit ! Moi, je vais déguster une bonne choucroute d’Alsace ! »

Nous n’étions pourtant  pas au pays des cigognes, mais bien sur les bords de Loire…

Par la suite, chaque fois que nous nous croiserons, nous échangerons quelques mots…

Lorsqu’un soir, je le vois s’approcher de mon campement. Il a l’air un peu « excité »… « fun »… Il a  visiblement quelque chose à  dire :

«  Bonsoir. Avec ma femme, nous sommes allés à Chambord ! Que de monde ! Mais c’est merveilleux… je n’ai pas assez de mots pour expliquer… »

De mon côté, il se trouve que ce jour-là, je suis allé visiter  le château de Cheverny, celui dont Hergé se serait inspiré pour dessiner Moulinsart, la demeure du capitaine Haddock. Là aussi, une queue impressionnante à l’entrée du château.

Mais revenons à nos moutons…

Chambord avez-vous dit ?

Voilà qui me rappelle quelques vieux souvenirs.

Que je m’empresse de raconter à mon ami hollandais :

« Il y a de cela quelques années, ma femme et moi, nous avons visité Chambord.  Et nous avions été surpris par la rapidité avec laquelle les groupes de japonais effectuaient la visite. Puis clic-clac ! Ils prenaient rapidement une photo souvenir avec le château en arrière-plan échangeaient mutuellement leurs appareils, et remontaient précipitamment dans le bus qui les conduirait vers un  autre haut lieu de notre patrimoine…

Nous en avons bien ri ! »

C’est alors que je vois le visage de mon interlocuteur faire la moue…

Un temps de flottement dans la conversation… Tel un alpiniste mal encordé, il semble avoir « dévissé ».

Puis se ravisant, il me demande : « Vous avez dîné à Chambord ?»

Cette fois, c’est moi qui « dévisse »…

« Non, non, nous n’avons pas dîné à Chambord… pourquoi ?

-         Mais…les Japonais, le riz… »

Ah… bon sang, mais c’est bien sûr !

Traîtresse langue française… qui mêle les sonorités propres à faire trébucher une oreille pas tout à fait aguerrie. Face à des mots  qu’elle juge incongrus,  la pensée tente de s’accrocher à ce qu’elle peut, essayant de reconstituer un puzzle dont elle n’entrevoit pas l’image finale…  ce qui l’amène  à s’égarer parfois  dans une errance fatale.

Mon compagnon avait fait l’amalgame entre les petits hommes jaunes et leur nourriture, à cause du « nous en avons bien ri ! »

Ce soir-là… Incompréhension réciproque… bien évidemment.

Lorsque j’eus moi aussi remis les pieds sur terre, je me mis à expliquer que mon  ri n’avait rien à voir avec le riz tant apprécié des Japonais…

Et  rassemblant mes souvenirs scolaires afin de bien assurer le coup, j’essayai  de traduire « nous avons bien ri »  par « we laughed well »  ou  « wir haben gut gelacht ».

Le visage de mon ami s’éclaira à nouveau.

Nous venions de lever le quiproquo.

 

 

Nous sommes  alors partis tous les deux dans un grand éclat de rire.

Nous avons bien ri

 Suivant ainsi  à la  lettre l’ordonnance  du bon docteur François Rabelais :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Mieulx est de ris que de larmes escrire

Pource que rire est le propre de l’homme.

Vivez joyeux »

 

 Ce que je vous souhaite à tous.   

 

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Heureux qui comme Ulysse

2 Août 2007 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

 

Ce matin, mon poste de radio diffuse une chansonnette toute fraîche. Apparemment sans prétention, mais qui d’après le présentateur semble faire un tabac au hit-parade, particulièrement auprès des jeunes… Son titre ? « Ulysse »…
 
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
 
Mais ces paroles me rappellent quelque chose… Mais bon sang, mais c’est bien sûr. Le « camarade » du Bellay, Joachim du Bellay !
Hé oui, le fameux poète ! Celui qu’on étudie en classe de seconde je crois…
Pour remettre en mémoire, j’emprunte donc à Wikipédia ces quelques lignes :
 
dubellay3.jpg (4179 octets)Joachim du Bellay naît vers 1522 à Liré, en Anjou, au château de la Turmelière. François Ier est alors roi de France ; c'est la Renaissance, des arts et de la culture en particulier.
C’est l’époque où François 1er promulgue L'ordonnance (ou, improprement l'édit) de Villers-Cotterêts, document signé à Villers-Cotterêts entre le 10 et le 15 août 1539. Texte imposant en particulier l’usage de la langue françoise dans les documents officiels.
« Et afin qu'il n'y ayt cause de doubter sur l'intelligence desdictz arretz. Nous voulons et ordonnons qu'ilz soient faictz et escriptz si clerement qu'il n'y ayt ne puisse avoir aulcune ambiguite ou incertitude, ne lieu a en demander interpretacion. »
 
C’est aussi l’époque de Rabelais, de ses géants Gargantua et Pantagruel… les moutons de Panurge… Ah que de souvenirs !
 
Mais voilà  donc la poésie ancestrale  « dépoussiérée » et mise en musique par un artiste contemporain…
Un « détournement à la Brassens »… Lui qui mit également en musique bien d’autres poètes de la langue française.
Piqué par la curiosité, je suis allé faire un tour sur le site officiel de l’artiste, nommé Ridan.
Où j’ai appris qu’il était d’origine maghrébine. Qu’il se prénommait en fait Nadir…
Rappelons à ce propos que le nadir est en astronomie un point imaginaire de la sphère céleste opposé au zénith… Curieux non ? Surtout quand on sait que l’objectif de certains chanteurs à la mode est justement de se produire dans une salle mythique: le Zénith... passer au … Zénith
Je suis aussi allé faire un tour sur les différents blogs où l’on « cause » donc  du phénomène « Ulysse »…
Et je me suis amusé à lire certains commentaires, dont ceux de nombreux collégiens qui disaient pour la plupart : « Ah, ben si on m’avait appris du Bellay de cette façon… J’adore ! »…
 
Et je me suis soudain rappelé l’anecdote suivante.
C’était au temps où mon jeune beau-frère était au lycée.
L’âge où l’on est forcément un peu en butte avec ses parents.
Et mon jeune beau-frère fan de Johnny Hallyday raillait son père qui, lui, écoutait de la musique classique.
« Johnny, ça c’est de la musique, c’est pas comme ton vieux con de Mozart… » sic !
C’était aussi l’époque où le pétrolier Esso avait axé sa campagne de pub sur des musiques… mais attendez la suite.
Un beau matin donc, mon jeune « beauf » se pointe à la maison, avec un « 45 tours », qu’il s’empresse de placer sur la platine… familiale, celle qu’utilise son « vieux » paternel.
Un peu de provoc’ n’est-ce pas ? Et que j’te mette le volume à fond !
Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention du « vieux ». On s’en serait douté !
S’engage alors un dialogue pour le moins surréaliste :
« Dis, P’pa, tu connais ça ?
-         Ben oui !
-         Forcément, t’as pas de mérite, ils le passent tout le temps à la radio pour la pub Esso…
-         - ????
-         C’est vachement bien, hein ? »
C’est alors que le « vieux » éclate de rire, en ajoutant
« Tu sais ce que c’est ce morceau de musique, hein ? Ben c’est du Mozart, oui, oui, c’est ce vieux con de Mozart qui a écrit ça… C’est extrait du premier mouvement de la symphonie numéro 40 !!! »
 
Fier de son coup, le « vieux » tourna alors les talons, fort satisfait ! Il était très heureux…
Heureux…
« Heureux qui comme Ulysse… »
 
 http://www.ridan.com/ 
(voir onglet vidéos pour entendre la chanson et visionner le clip fort rigolo)
 

 

http://www.myspace.com/ridan

 

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