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Photo / VTT / Billets d'humeur / Modélisme  / Années 50

Le peu de la fourchette

20 Juin 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Lorsque je me promène, que ce soit à pied ou à bicyclette, je ne manque pas de m’arrêter devant le moindre détail  insolite.

A croire que je ne cherche que cela.

Et dans ce domaine, je dois dire que l’Ile de Ré offre au curieux que je suis tout ce dont il a besoin !

Pendant mon séjour, j’ai donc eu  largement de quoi me divertir, aidé en cela par les villages  fleuris de nombreuses  roses trémières, dans  un dédale des  rues permettant  de se perdre (in)volontairement...  Ce  qui procure une plaisir toujours renouvelé de rencontrer  des plaques arborant des  noms qui me réjouissent.

C’est ainsi que je suis arrivé un jour au Carrefour  des bonnes femmes… (La Flotte en ré)

Ou bien dans la Rue des rentiers… (St Clément des Baleines)

Ou encore Rue des Culquoilés
Mais apparemment, je ne suis pas le seul  que ces noms intéressent.

J’en veux pour preuve l’article figurant dans  le  numéro 7 du magazine local gratuit, intitulé « Ré à la Hune »…

En page 13, est  glissé un petit article  faisant état de l’association maritaise  Thélième  (Théâtre et Lieux  de moire). Cette dernière   propose l’idée de "travailler" sur  les  mots de la commune, en s’inspirant de   noms empruntés à dix rues de Sainte-Marie.

Je vous en livre donc quelques-uns, parmi les plus « fleuris » :

Rue des Amourettes, rue des Beaucoups,  rue des Belles, rue Chantecorps, rue du Coin Jaloux, rue du Paradis, venelle de la Paillarde…

Et l’article se poursuit : « Si vous en  connaissez l’histoire, venez nous la raconter ;  si quelqu’un l’a déjà écrite, venez la communiquer… Si vous ne la connaissez pas, inventez-la… et venez nous la lire le 27 juin à la médiathèque de Sainte Marie. »

 

Je ne serai pas sur l’Ile ce vendredi 27…

J’aurais bien voulu m’y trouver.

Cela m’aurait sans doute permis de décrypter l’énigme se trouvant derrière ce nom trouvé non pas à Sainte-Marie mais à Le Bois-Plage:  « Chemin du peu de la fourchette. »

 

Lorsque je suis tombé sur ce panneau… j’ai commencé à gamberger et à tenter une traduction en langage continental.
Dans ce chemin, i
l y aurait donc peu à mettre au bout de la fourchette...
Serait-ce que dans ce coin, on y mange chichement ?
J’ai cherché pour voir s’il n’y aurait pas  au moins  un restaurant ou autre lieu de bombance…

Et je n’ai rien trouvé.
Je suis resté sur ma faim!!!


C’est  quelques jours plus tard que j’ai découvert  la Maison du Fier située dans  la réserve de LiIlleau des Niges. Un ouvrage proposait un petit lexique du vocabulaire local.

J’ai alors appris que le mot « peu » (à prononcer « pu »), désignait une élévation isolée ou une dune. Il serait issu du latin « podium »… Le point culminant de l’île se trouve donc au « peu des Aumonts » : 19 mètres d’altitude…

De nombreux lieux-dits  tirent ainsi leur nom de ce « peu »,  écrit parfois avec un « X »,  et certains îliens portent également le nom de Dupeu, Dupeux, Dupuy…

Mais alors pourquoi ce « Chemin du peu de la fourchette » ?

C’est une dame née justement Dupeux  qui m’a proposé sa  solution :
« De la fourchette ? Ce mot a la même origine que le mot  carrefour, fourchet…  Chemin du peu de la fourchette ? Cela veut tout simplement dire chemin de la butte du carrefour… »

 

J’avoue avoir été un peu déçu par cette explication très… terre à terre,  fournie par une habitante native de l’île.

 

Mais le lendemain, je me trouvais du côté de Loix, où je découvris : « Rue de la Fantaisie ».

Cette fois, je n’eus pas besoin de traduction !


 
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PS: figurez-vous que quelques jours après publication du texte ci-dessus, je reçois un courriel d'une habitante de l'île avec laquelle j'avais échangé quelques propos badins, et  qui m'écrit:

Bonjour,
Merci de vos -flexions...
J'avais oublié de vous dire: "la fantaisie", ce n'est peut-être pas ce que vous croyez... On appelait "fantaisie", le fil d'un cocon qu'on déroulait avant de le "filer"... (le mot date, je crois du XVe et cette acception fut abandonnée fin XIXe) Vu le climat de l'île, il y avait peut-être des vers à soie... Ou le mince chemin sinueux appelait l'image de cette "fantaisie".
Cordialement,
Danielle

Ce qui a bien entendu titillé mon esprit. J'ai donc ouvert quelques gros livres... grâce auxquels j'ai pu répondre à ma correspondante:
Bonjour à vous
Voilà donc bien ce que je craignais : un faux ami, même dans notre propre langue maternelle !
Comme quoi, il faut toujours se méfier!
Ce qui me fait penser aux  passages à niveaux,  où l’on prévient qu’un train peut en cacher un autre.
Dorénavant, je saurai que sur l’aimable île de , un mot peut en cacher un autre…
Il n’en reste cependant pas moins vrai que ma première perception de ce mot « fantaisie » me semble plus douce, plus propice à la rêverie !

Considérons toutefois que j’ai fini par trouver dans le dictionnaire encyclopédique Quillet  une longue tirade concernant le mot fantaisie. Avec les sens les plus usuellement connus, bien sûr.
Et où l’on peut dénicher presque à la fin :
(TECH)  fil de soie de qualité inférieure, qu’on tire des frisons et des déchets.
(TYPO) Nom générique de tous les caractères, autres que le romain ou  l’italique, dont on se sert pour orner le titre des ouvrages.  Nom générique de tous les objets destinés à l’enjolivement d‘un volume… 

Et  pour conclure (?), signalons que dans le village voisin du mien, les habitants, pas forcément fantaisistes,  viennent de poser une plaque  arborant cette inscription :   Rue des Loisirs.  (Avec un L majuscule, s’il vous plaît !!!)
 Là, je pense quand même que je ne devrais pas commettre un énorme contre-sens !!!


Considérons enfin  mon texte maintenant -organisé;  mais  la mise en forme n’en étant pas enjolivée, considérons-le comme étant vraiment sans fantaisie !!!  
Serait-ce toutefois un argument ir... ....futable ou ir......vocable???

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Faut pas perdre le Nord Tchârlesssse

2 Juin 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Dieu, fallait-il donc qu'il aime le maïs sous toutes  ses formes, notre ami Charles ! Enfin, ne me  dites pas que vous ignorez tout des  habitudes alimentaires de nos amis  britanniques... Vous savez bien que le petit déjeuner, chez eux, c'est sacré. Et que j’te mette des flocons de ceci et des flocons de cela. Ils disent aussi que le popcorn, c'est extra pour la santé. Mais de là à pousser le vice comme notre ami Charles... C'est vraiment exception­nel. Car la gourmandise a ses limites.
Ah, mais j'ai oublié un petit détail : Charles est l'un des membres du club anglais de Hertford. Club avec lequel nous entretenons des échanges ami­caux depuis 1988. Une année nous passons la Manche; l'année suivante, ce sont les Britanniques qui viennent nous rendre visite et traversent le  Channel.
Fin août 1994, le match se déroulait sur notre stade... Panneau d'affichage : 0 à 0. Balle au centre.
II faut dire qu'à chacune de leurs visites, nos amis  déploient une débauche de créativité pour nous présenter des modèles différents, voire exotiques...
Mais, là, non : un modèle banal décolle sous la houlette de notre ami Charles.
Un détail, pour recréer l'ambiance : dès à présent, il va vous falloir prononcer son prénom à l'anglaise. Ecoutez bien, il faut dire "Tchâaarlsse". Après moi, répétez :

"- Tchâaarlsse ! "
OK, c'est parfait.

Mais pendant qu'on discute, notre pilote a déjà conduit son modèle réduit bien au-delà du bout de la piste... Le moteur ratatouille, de son pot d'échap­pement émanent quelques hoquets... puis plus rien, silence total : il vient de caler.
Affolement, et manque d'habitude de piloter dans la campagne mayennaise, ou tout simplement réflexe conditionné : Tchâaarlsse vire à gauche. Le plané s'effectue normalement. Enfin, que je vous dise : personnellement, en pareil cas, je vire à droite, vers le Nord, parce que sur la gauche, se trouve un magnifique champ de... un champ de ? Mais voyons ! un champ de ma... un champ de maï... un champ de maïs, bien sûr ! (Heureusement que je vous l'ai souf­flé, parce que je sens que vous n'auriez pas trouvé.) Le modèle s'en va donc joyeusement se poser dans des maïs dont la hauteur me dépasse allègrement. Et comme, en plus, le champ est en dévers, nous n'avons pas pu localiser avec certitude le point d'impact. Même les plus pessimistes pronostiquent pourtant un modèle réduit intact. Sympa, non ? C'est alors que les plus grands (dont je ne fais pas partie) pénètrent à l'intérieur de la végétation. S'engage ensuite un dialogue surréaliste dont les protagonistes ont été entièrement avalés par le maïs. "J'te dis qu'c'est à gauche ! Mais non, c'est tout droit !"

Au bout d'un certain temps, toujours pas de modèle réduit.
Alors différentes tactiques vont être utilisées. Jean-Pierre, un très grand, escalade un poteau téléphonique... Mais il ne voit rien. Christiane pro­pose qu'on prenne un drapeau rouge fluo, qu'il suf­fira de brandir à bout de bras, afin de localiser celui qui le portera. J'en passe, et des meilleures. Le temps passe, lui aussi, et le modèle n'est toujours pas retrouvé.

Quand tout à coup, Michel, qui revient son drapeau à la main, crotté, griffé et découragé, Michel "tombe" par hasard sur l'avion fugueur. "Je l'ai trou­vé !" crie-t-il avec joie.

Le champ de maïs commence alors à régurgiter un à un tous les modélistes qu’il avait avalés auparavant. Physiquement, ils sont dans le même état que Michel. Tous, sauf un ! Et oui, il manque... Tchâaarlsse ! On était parti chercher un avion ; c'est le bonhom­me qu'il va falloir récupérer maintenant.

Ceux que la nature a dotés d'un organe vocal puis­sant se mettent à hurler : "Tchâaarlsse ! reviens !" (En secret, les plus sadiques, intoxiqués par la pub télé, murmurent : Léon, reviens, on a les mêmes à la maison !) Mais le temps passe, et on nous attend au restaurant.

II faut pourtant se rendre à l'évidence : Tchâaarlsse s'est perdu. Je ne sais si vous avez été confronté à un tel problème, mais un champ de maïs devient un vrai piège. On suit les sillons, jusqu'à ce que brusque­ment, ils changent d'orientation. Par temps couvert, en l'absence de soleil, aucun point de repère possible. Et quand en plus une légère brise fait bruire les feuilles, on n'entend même pas les appels des copains, et il est facile de perdre le Nord...

Ce n'est qu'après de longues minutes que Tchâaarlsse sortit à l'autre bout du champ. Mais dans quel état ! Nous lui montrâmes son avion... intact, lui ! Et notre ami tint à se changer  pour aller au restaurant, où nous arrivâmes en retard, bien évi­demment. Notre crainte à tous pendant le trajet, c'est qu'en entrée, on ne nous propose... du maïs. Ce qui ne fut heureusement pas le cas.
Et Tchâaarlsse se vengea, sur un steak ! Quant à la serveuse qui lui demandait ce qu'il voulait comme légume pour accompagner sa viande, il lui répondit, fort aimablement : "Des frites ! Please !"

 Comme quoi il n'avait pas tout à fait perdu le Nord !

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