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Photo / VTT / Billets d'humeur / Modélisme  / Années 50

Au fil de la conversation

21 Avril 2009 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Quand on n'a rien de particulier à faire, on flâne, on muse, on baguenaude.

C'était le cas l'autre matin, où je déambulais dans les allées d'une grande surface.

Derrière moi, j'entends soudain grommeler.

« Grrr... les câbles...Bon Dieu...Grrrr... oukisont...Grrr »

Je me retourne.

Et mon regard « tombe » sur l'arrière d'une silhouette immense.

Je n'aperçois en effet que le dos d'un type à la stature de sumotori.

Apparemment, c'est lui qui râle.

Il semble chercher un cordon.

Il est accompagné d'une dame, septuagénaire... coquette, à la silhouette très fine, qui contraste étonnamment avec celle du molosse.

Je tends un peu l'oreille...

 

Ils ont l'air tellement dans la mouise que je m'immisce timidement dans leur conversation: 

« Excusez-moi, mais j'ai cru comprendre que vous recherchiez un cordon pour relier l'imprimante à votre PC... »

C'est alors que s'illumine le regard de la petite dame qui n'avait pas encore prononcé un seul mot.

« Oui, c'est exactement ça, monsieur, nous recherchons un fil pour notre imprimante, parce que notre brave toutou a mangé l'autre... »

Le sumotori continue de grommeler.

« Grrr... les câbles...Bon Dieu...Grrrr... oukisont...Grrr

Forcément, pas un seul vendeur...

Grrr... Jamais là quand on en a besoin... »

J'ose toutefois suggérer:

« Ici, vous êtes à l'espace électro-ménager, télévision...

Vous trouverez votre bonheur en sortant; juste sur votre gauche, vous entrerez dans l'espace culturel; et au rayon informatique, tous les câbles nécessaires. »

Le sumotori continue de grommeler.

La petite dame me remercie.

Elle semble vouloir lui expliquer quelque chose.

Mais il lui répond par une série de borborygmes.

Ils sortent tous les deux.

Je n'ai toujours pas vu le côté « face » du molosse.

Dans ma tête commence alors une sorte de délire sous forme de BD.

Scénario:

De retour chez elle, on voit la petite dame sermonner son Toutou, lui dire qu'il est pas pas mignon... et qu'on va lui prélever le prix de ce cordon sur les sous qu'il a dans sa tirelire...

Et en accompagnement musical, « Le Youki » du chanteur Gotainer!!!(*)

 

Je sors du magasin, le sourire aux lèvres.

J'allume mon auto-radio, et juste à ce moment, j'entends une pub au cours de laquelle on met en scène un couple qui tente d'installer les périphériques de son ordinateur.

Le type s'énerve (tiens, lui aussi...), car il ne reste plus que l'imprimante à raccorder.

C'est alors que la dame le calme en lui disant : 

« Mais Chéri, c'est pas grave!

Avec notre nouvelle imprimante de marque xxxxx, il n'y a que le courant électrique à brancher. C'est une imprimante sans fil qui se connecte grâce au wifi! »

Benoitement, j'ai souri... en pensant au couple « sumotori »...

 

J'espère toutefois qu'au rayon informatique ils auront trouvé leur bonheur...  au fil de leur conversation!

 

(*) http://www.youtube.com/watch?v=ZwVy2Xjm3wM

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En avant la musique

10 Avril 2009 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

 "Je vous parle d'un temps

Que les moins de vingt ans

Ne peuvent pas connaître.."

 

Pardonne-moi, Charles(*), d'avoir emprunté quelques-unes de tes paroles. C'est pour la bonne cause !

Car je connais au moins un modéliste qui apprécie; parce qu'en plus de connaître le pilotage, il connaît également la musique. Etonnant, non ?  

Mais il est d'abord modéliste.

"Je vous parle d'un temps... "

Tout ça pour évoquer ses débuts de pilote.

On ne sait d'ailleurs plus lequel des deux, du père ou du fils, fut tenté par l'aéromodélisme. Mais on sait que leur projet débuta par la construction d'un Prima. Une fois construit ce petit avion ne demandait qu'à prendre l'air, bien sûr!

Mais on a beau être enthousiaste, on n'en demeure pas moins prudent ! On contacta donc un modéliste chevronné, un ténor du pilotage, avec lequel on prit rendez-vous. Lui, il "connaissait la musique."

 

Le jour dit, à l'heure dite, Michel et son fils se retrouvèrent à l'endroit convenu.

On attendit le pilote "moustachu"... qui se fit attendre. Il avait dû bouffer la partition et avait de ce fait oublié le rendez-vous.

Mais le petit Alain piaffait d'impatience : il voulait voir voler son avion. "Dis, P'pa, on l'essaye quand même ?

- Non c'est pas raisonnable, répondit le père ; on ne sait pas piloter, et on va tout casser du premier coup."

  Le temps passant, le petit Alain se fit plus pressant.

"Dis, P'pa, j'voudrais voir voler l'avion…"

Et le "P'pa" qui ne voulait pas déplaire à son fils, décide de tenter un essai. On ne serait pas venu pour rien !

Un coup de baguette sur l'hélice, et le moteur fut mis en route; il égrena ses notes claires pour la plus grande joie de nos deux compères (Etait-ce en clef de sol ?)

On accéléra, et le petit oiseau de balsa entame son premier vol, que l'on pourrait hélas comparer... au chant du cygne. Ce fut en effet une envolée lyrique, qui se termina par une fausse note en un énorme "couac".

Car le petit avion épris de liberté disparut soudain à la vue de nos compères, pour qui ce premier bout d'essai s'achevait sur un joli désastre. On a beau connaître la musique, on n'en est pas pour autant capable de mener un modèle réduit tel un chef d'orchestre, à la baguette...

Il fallut tenter de récupérer l'oiseau, qui ne se trouvait plus à leur portée. Peine perdue.

 

Le lendemain, Michel revint sur le terrain de ses exploits. Bien décidé à mettre la main sur son modèle.

  Après avoir arpenté quelques hectares, il tomba nez à nez avec son joujou posé... en bordure d'un étang. Lac des cygnes?

 C'est alors que "P'pa" commença par injurier son modèle, pour avoir pris la clef des champs sans autorisation. Mais il se ravisa bien vite. "Il ne faut pas brusquer les modèles réduits... ils risquent de s'en souvenir... "

"P'pa" Michel, lui, se souvient fort bien de cette mésaventure, qu'il me raconta avec forces détails un jour de pique-nique avec les modélistes du Menez Hom début juillet 2001.

Le tout ponctué par de grands éclats de rire.

Et il s'empressait d'ajouter: "C'est une histoire vraie, celle-là ! Au bémol près !"

Mais on n'en doute pas mon cher Michel. Comme toutes tes histoires.

Et pour mettre de l'entrain, Michel avait apporté dans le pré qui nous accueillait ce jour-là une petite batterie (en 12 volts, il ne donne pas encore dans les percussions... quoique... ). Tout ça pour alimenter son clavier, son ampli... Et il y allait d'une chanson à boire par-ci, d'un tango par-là, ou bien d'une valse de Vienne. Eh oui ! On a le droit d'avoir des goûts éclectiques !

 

Tiens, ça me rappelle un autre souvenir.

 Imaginez quelques modélistes présents sur la pente. Un petit planeur bleu du nom de Panda virevolte, fait des cabrioles, monte, descend, tourne, semble danser comme une valse chaloupée.

Et qui se trouve aux manches ?

 Notre ami Michel, bien sûr ! Qui chante à pleins poumons une valse de Vienne! Le Beau Danube Bleu, je crois. (En hommage à la couleur de son planeur ?)

 

"Pom'pom, pompompom, pom pom, pompom.

Pom, pom, pompompom, pom pom, pom pom..."

 

Et le Panda décrit dans le ciel de bien jolies courbes.

Quand je vous avais dit que notre ami connaissait la musique.

Et comme maintenant il connaît aussi le pilotage, dont il maîtrise parfaitement les partitions, ses planeurs prennent l'air, et lui il s'occupe de la chanson...

 

(*) Aznavour

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Le principe de précaution

8 Avril 2009 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Il y a quelques jours, je croise deux de mes anciens élèves lors du repas dansant organisé  par l’Amicale de l’école dans laquelle j’ai enseigné quelques décennies. Devenus à leur tour parents d'élèves, Guillaume et Mickaël sont  trentenaires; ils me dépassent d'une tête et des épaules. Ils  sont frères, et n’ont donc pas séjourné  dans ma classe  la même année.

Mais  tous les deux de me rapporter avec quel plaisir ils venaient à l’école… le mardi après-midi !

Pourquoi ce jour-là plus spécialement ?

Figurez-vous que chaque  mardi après-midi  notre école élémentaire fonctionnait "autrement":  les classes étaient      « éparpillées », et chaque instit animait un atelier spécifique. Pour ma part, j’étais chargé de l’atelier aéromodélisme (forcément !), et mes deux gaillards aux aptitudes manuelles avaient bien évidemment  choisi cette option.

Et d’évoquer   passionnément   le suave contact avec le balsa, la douce et énivrante odeur de l’enduit cellulosique, leur appréhension vaincue envers la scie sauteuse électrique qu'ils trouvaient très bruyante, les premiers essais de leurs planeurs dans le jardinet jouxtant l’école…

Et de souvenirs en souvenirs, d’affirmer qu’ils trouvaient cet enseignement plus concret à leurs yeux.  Se rappelant malicieusement qu’ils étaient venus me demander de refaire une leçon sur les droites parallèles et les perpendiculaires, le jour où ils avaient compris tout l’intérêt de savoir utiliser une équerre !

(Note de l'auteur: Quel bonheur pour un enseignant lorsque ses élèves deviennent demandeurs! La relation pédagogique devient très joyeuse, voire ludique! )

Et de me rappeler les rencontres avec d’autres sections CLAP. Particulièrement la fois où, à Martigné, Guillaume accompagnait son équipier  Frédéric pour suivre  son  planeur semblant vouloir  prendre la clé des champs. Mais trottinant le nez en l’air vers l'oiseau de balsa,  Frédéric  n’avait pas vu arriver la fosse à purin… dans laquelle il  s’était affalé!!!  Au rappel de cette anecdote, rires bien gras pour évoquer également  le retour vers Bais dans  ma voiture, qui conserva longtemps l’odeur tenace de la ruralité profonde !!!

Si Frédéric avait pu récupérer son planeur intact à l'issue de son vol libre, Guillaume quant à lui avait eu moins de "chance" (sic!) : à base de mèche d'amadou, le système  prévu pour obliger  son planeur à redescendre   n’avait pas fonctionné, et il avait perdu le fruit de son travail, avalé par une ascendance. « Ptêt qu’il vole encore  en ce moment ! » ajouta mon gaillard à la mine réjouie …


Nous avons continué à évoquer les déplacements au concours régional, puis au rassemblement national… Avec les parents d’élèves en accompagnateurs…  qui payaient leur place de car et leur nourriture. Nous partions pour  un long week-end…

Et pêle-mêle d’autres souvenirs… Tel le long travail de masquage des ailes avec de l’adhésif… afin de préparer la décoration, qui était effectuée avec des bombes de peinture que j’achetais en solderie…


Et Mickaël  d’ajouter :

«Mais maintenant, faut même pas y penser ! On utilisait de la colle cellulosique, du syntobois, qu’on n’a jamais sniffé ! On savait même pas qu’on aurait pu ! Quant aux cutters… avec lesquels  on ne s’est jamais coupé…  Ah ouais, maintenant, tout est dangereux, et en application du fameux principe de précaution, on préfère interdire plutôt qu’éduquer ! »


Suite à cette pertinente remarque formulée par un jeune homme d’aujourd’hui, il y a eu comme un long silence…

Rompu par le cliquetis des verres qui s’entrechoquent : « Santé, monsieur Munoz, on vous souhaite une longue retraite  ! Prenez soin de vous »


Merci les gars. Je prendrai  mes … précautions !!!

 

PS: les illustrations sont issues de la savoureuse notice réalisée par mon complice Gérard Pierre-Bès,   à propos du planeur  D-UN.. dont je possède encore précieusement quelques boîtes.

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