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Photo / VTT / Billets d'humeur / Modélisme  / Années 50

Petits plaisirs en Mayenne

23 Mai 2009 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Hier, le soleil avait envahi le bleu du ciel.
Nous avons installé nos deux  vélos à l'arrière de la voiture, et nous sommes partis vers  la rivière Mayenne.
Arrêt au pont de Montgiroux, où se trouvaient déjà quelques autres véhicules.

Débute alors une petit virée à  vélo le long du halage.
Occasion propice pour faire des rencontres sympathiques.  Et enregistrer   des images sonores, olfactives, visuelles,...
Comme celle de cette famille cycliste: papa, maman et les enfants, dont le plus jeune  avait trouvé place dans une remorque artisanale, fort à l'étroit dans sa "caisse"... car la glacière occupait quasiment toute la place.
Ou cette autre famille alanguie au bord de la rivière, avec les cannes à pêche au fil de l'eau... mais pour laquelle le poisson semblait davantage un prétexte qu'une finalité...
Ou ce couple, avec chacun un panier à l'avant du vélo... et un  tout petit chien à l'intérieur.
Ou ce héron, raide comme un piquet au bord d'une frayère, mais qui finit par décoller lourdement lorsqu'il nous sent trop proches.
Ou ces deux randonneurs britanniques, sortant d'une maison éclusière, l'air béat... un sac  transparent au bout de chaque bras. Et à l'intérieur?  De nombreux  produits du terroir labellisés bio...
Ou encore ces camping-caristes de la Manche arrêtés près de l'écluse de La Roche... elle et lui dans une chaise longue, abrités sous un parasol multicolore, chacun un bouquin à la main.
Ou encore ces deux petits  bateaux bleus à moteur électrique; ils  naviguent  bord à bord, puis s'arrêtent sur la rive droite opposée au halage. Tout le monde en descend... et  sur la partie plane d'un herbage commence alors une partie de boules; pas sous les platanes comme dans le Midi; mais  sous la haute protection des grands peupliers dont les feuilles bruissent sous la brise.
Ou ce paisible goëland posé sur un piquet signalant l'approche de l'écluse.
Ou encore la causette avec l'éclusière de Montgiroux, qui tient la halte fluviale, parlant avec amour de ses bacs à fleurs,  de ses jardins de rocaille...
Ou le coucou lointain, qui égrène lentement sa mélopée à deux notes...
Ou la paisible Mayenne,  tapissée des innombrables  chatons que lui confient les arbres alentour.
Ou encore ces septuagénaires s'arrêtant à la maison éclusière de Grenoux. Sirotant un cidre doux, et apparemment ravis de leurs vélos électriques... Quand les jambes ne sont plus assez agiles... et qu'on trouve un moyen de se faire encore plaisir.
Et ces odeurs exacerbées par la chaleur: ici, le crottin de cheval;  un peu plus loin,  c'est la lourde senteur des vaches surprises par cette canicule précoce, et qui tentent de se mettre à l'abri d'une haie. Plus loin,  du côté  de la frayère, l'âcreté de la vase nous prend à la gorge...
Et partout, cette "lenteur" propre aux voies d'eau navigables.
Un bonjour,  ou un signe de main à chaque rencontre...
Le temps qui coule, paisible...

Petits plaisirs...
Loin du bling-bling...

http://www.tourisme-mayenne.com/AddOns/cdt53_afdle/AFDLE.html
http://www.tourisme-mayenne.com/uploadfiles/publications/6461/guide_halage.pdf.V2.aspx

"A pied le long de la Mayenne,  par son chemin de halage"  Raymond POIRRIER, auteur mayennais.
Préface Jean-Loup Trassard, Editions Opéra. Juillet 2001

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DROLE DE MANIF...

19 Mai 2009 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

J'étais "monté" dans la capitale pour assister à un colloque intitulé : "Impact médiatique des activités aériennes liées à la pratique des engins volants radio commandés et retombées financières plus parti­culièrement au niveau des hôtels "


Ouf ! Tout un programme, n'est-ce pas ? Débouchant d'une magnifique avenue, je fus soudain abasourdi : une foule considérable avait envahi le bitume. A perte de vue, un long flot humain bariolé, avec banderoles, dra­peaux, oriflammes.

A un agent de police qui se trouvait là, je demandai combien ils pouvaient être, tant cette masse m'impressionnait. 100 000 ! d'après les comptages officiels...

Je me décidai à aller voir de plus près ce cor­tège, et je me retrouvai entouré d'une grosse majorité de "mâles" - tiens, presque pas de femmes, c'est dommage... - Ce qui me frappa tout d'abord, c'était leur tenue : casquettes en général de couleur vive, lunettes de soleil bien calées sur le nez, et petit chiffon dépassant de la poche gauche. Serait-ce des boulistes ? Car un détail m'intriguait toutefois : leur couvre­-chef arborait des badges en métal représen­tant des avions (on appelle ça des pin's paraît-­il). De même, sur les blousons fleurissaient des macarons "Patrouille de France, Tomcat, MM Pilote, US Air Force...

Je ne comprenais toujours pas. Je lus alors quelques slogans :

- Aéro, t'es foutu, tes élèves sont dans la rue ! - Non aux monopoles, non aux vedettes, non au pouvoir d'achat qui baisse.

- Halte aux abus.

- Détaxation du méthanol.

- Pour une revalorisation substantielle de notre loisir.

-Application totale des accords de la Ferté ­Allais et de Cergy - Pontoise.

- Augmentation du nombre de licenciés.

- Négociations immédiates avec nos représen­tants.

Au fait, ils étaient où, les représentants ?

Me déplaçant difficilement vers la tête du cor­tège, je reconnus différents élus des Fédérations Régionales. En fin de cortège, des manifestants fraternisaient.

C'est vers ceux-là que je dirigeai mes pas. "Pourquoi manifestez-vous" ?

- "Nous sommes là pour demander que les apprentis-pilotes de modèles réduits soient AUTONOMES le plus rapidement possible " Enfin je venais de comprendre !

Entre deux slogans repris en choeur, l'un des manifestants me jeta alors:

"Moi, j'en ai marre, j'ai un modèle réduit que j'ai acheté tout construit, je me suis adressé à un club, j'y vais une fois par mois, et depuis six mois que je fais ça, eh ben j'sais pas encore me débrouiller tout seul !"

"Aéro, t'es foutu, tes élèves sont dans la rue !" Beugla-t-il soudain.

"Expliquez-vous, cher monsieur; je remplis souvent le rôle de moniteur dans mon club, et je suis prêt à vous dire que moi aussi je ren­contre des difficultés pour apprendre aux élèves. Je m'efforce effectivement de les rendre autonomes le plus rapidement possible.

Pour y parvenir, un certain nombre de condi­tions me semblent incontournables et restent à remplir.

L'élève-pilote doit être capable de : -s'astreindre à un entraînement régulier dont la durée sera variable selon les individus (plus il est jeune, mieux cela vaut en général) ;

- présenter un modèle aussi sain que possible.
- démarrer et régler seul son moteur ;

- effectuer un décollage sans assistance, même orale.

- ET SURTOUT ATTERRIR SANS CASSE. "

Je lui donnais ainsi ma façon de voir les choses, lui exposant les stages de formation des moniteurs qu'organise le CLAP, ceux pro­posés dans les stations de vacances en direc­tion des élèves, et puis ceux de la FFAM desti­nés aux pilotes de démonstrations ou aux remorqueurs...

Quand il reprit un tonitruant :

"Aéro, t'es foutu, tes élèves sont dans la rue !" II m'avait complètement oublié. Je pensai alors à la chanson d'Edith Piaf : "Emporté par la foule qui m'entraîne, se déchaîne..." Incommunicabilité totale entre deux "parti­sans".

Au fait, j'étais "descendu" dans la capitale pour quoi faire ?

Juste à ce moment, venant à peine de m'extir­per de la manifestation des aéromodélistes, je me retrouvai face à un autre défilé. C'était celui des producteurs de balsa qui récla­maient... je ne sais quoi d'ailleurs, car ils par­laient dans une langue provenant apparem­ment d'Amérique du Sud. Comment avaient-ils fait la traversée ?

Sans doute sur un radeau comme le Kon-tikki, mais ils n'étaient que trois... eux ! Et je crois bien qu'ils demandaient l'appui des Pouvoirs Publics.

Mais qui pourrait les entendre, et les faire accéder à une certaine autonomie ?


Une main s'abattit sur mon épaule : "Arrête de gigoter comme ça, tu m'empêches de dormir !"


C'était ma charmante épouse qui venait de me sortir d'un rêve dantesque ! ·

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Vous rêvez d'être riche?

2 Mai 2009 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur


Nous vivons une époque formidable.

Qui permet tous les rêves, même les plus « fous ».

La preuve:


« VOUS AVEZ peu d'expérience mais le GRAND REVE d'être un jour RICHE , d'avoir de belles voitures, une grande maison et de profiter du luxe! »

Ce matin, je suis tombé sur une petite annonce ainsi libellée.

Accrocheuse à souhait.

Juste à droite de l'encart, une somptueuse voiture de sports, rouge elle aussi...

Je vous fais grâce de la suite du texte.


Lorsque j'ai vu cette annonce, j'ai eu comme une bouffée de révolte.


Mais pourquoi me direz-vous?


Tout simplement parce que...
Je n' ai jamais rêvé d'être riche.

Je n'ai jamais rêvé d'avoir une grosse bagnole pour épater la galerie.

Je n'ai jamais rêvé  d'avoir une graaaannnnnnddddde maison.

Je n'ai jamais rêvé profiter du luxe.


Et c'est grave Docteur?

J'ai juste eu besoin d'un métier épanouissant... d'une famille... de contacts...
Parce que j'ai maintenant juste besoin d'avoir un peu d'oseille pour subvenir à mes besoins, me loger, me nourrir, me faire des petits plaisirs, en faire à ceux que j'aime...

J'ai juste besoin d'une voiture capable de me véhiculer, de tracter ma caravane aux beaux jours afin de découvrir de nouveaux paysages, visiter de nouvelles contrées, rencontrer d'autres gens...

J'ai juste besoin d'un toit suffisamment vaste pour me permettre de vivre aisément, accueillir ceux qui voudront bien franchir le seuil...

Bien qu'ayant plus de 50 ans, je n'ai toujours pas de Rollex. Une « sans marque » suffit à me fournir l'heure, la date... et la tendance météo! (ça c'est peut-être un luxe... inutile!)


Vous croyez, Docteur, que je suis un mec pas normal?

Parce que moi, je ne rêve pas d'être RICHE!

Non, je rêve bêtement d'un monde plus juste, où les richesses seraient moins mal réparties, où chacun pourrait manger à sa faim, se faire soigner, se loger...

D'un monde où la richesse serait plus humaine que monétaire.


Comment? Pardon? Que dites-vous, Docteur?

Que je suis un "nanti"...
Que je ne suis pas un « winner »?


Ah bon? Et ça se soigne?

Non... Ah...........


Vous dites aussi qu'on a conduit des gens à l'asile pour moins que ça?

Euh...


Tout ça me laisse sans voix.

Et j'ai vraiment l'impression que nous vivons dans un monde de fous!!!

Mais qui sont les « vrais » fous?

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