Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Photo / VTT / Billets d'humeur / Modélisme  / Années 50

Articles avec #chroniques des annees 50 tag

La rue du Bignon à Villaines la Juhel

10 Janvier 2016 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

Au moment où j'ai terminé la mise en ligne du précédent article intitulé "Vive la photo"... je me suis demandé si...

Si quoi?

Parce que j'évoque à maintes reprises la rue du Bignon, celle qui m'a vu naître un lundi 20 novembre 1944... jour de marché.

La rue du Bignon à Villaines la Juhel

 

J'étais persuadé que j'avais mis à votre disposition l'article que je lui avais consacré dans mon petit ouvrage intitulé "Chroniques des années 50 en Mayenne"... article qui avait été repris plus tard dans un numéro de l'Oribus...

 

http://bernardino.over-blog.net/tag/chroniques%20des%20annees%2050/

 

Et en épluchant ce blog, je me suis rendu compte qu'il n'en était rien! J'avais omis de vous faire partager "mon territoire".

 

Alors je tiens à réparer cet oubli, en vous offrant "ma rue du Bignon".

 

Vous en souhaitant bonne lecture!

Ma maison natale... aux volets fermés sur ce cliché.

Ma maison natale... aux volets fermés sur ce cliché.

Vue sur le séchoir de la rue Fosse-Dodin, en face la maison de mes grands-parents.

Vue sur le séchoir de la rue Fosse-Dodin, en face la maison de mes grands-parents.

La rue du Bignon, avant l'aménagement du mur place des Halles.

La rue du Bignon, avant l'aménagement du mur place des Halles.

La rue du Bignon

 

« J'avais franchi les Monts qui bornent cet Etat,
Et trottais comme un jeune Rat
Qui cherche à se donner carrière… » La Fontaine

 

Villaines la Juhel possède sa « rue du Bignon ».

Lorsqu’on se pose la question de savoir pourquoi elle est ainsi nommée… on obtient quelques réponses du genre : Bignon vient du gaulois "bugnon" (tronc d'arbre) ou de "burria" (source jaillissante).

J’ai beau remonter au plus loin de ma mémoire, jamais je n’ai rencontré de tronc d’arbre ou de source jaillissante… Mais peut-être que, dévalant la rue de la Fosse Dodin…

C’est dans la rue du Bignon qu’habitait ma famille lorsque je suis né. Et tout naturellement, elle a constitué mon premier univers, elle a été la source… de mes premières explorations, de mes premières découvertes.

Les jours de foire ou de marché, j’ai le souvenir des longues files noires de charrettes dételées, imbriquées les unes aux autres par leurs timons reposant au sol.

Mais l’une des toutes premières découvertes est d’origine sonore, lorsque monsieur Coulange, le voisin de mes grands-parents revenait avec sa voiture automobile, qu’il klaxonnait puissamment devant le portail, et qu’il criait, à l’adresse de son épouse : « Louiiiise ! »

La femme arrivait alors en trottinant promptement, ouvrait les deux battants du portail de bois, et notre expert (géomètre ou comptable, je ne sais plus) faisait alors entrer son véhicule qui pétaradait en escaladant le léger raidillon. A propos de cette voiture noire, je me demandais bien ce que pouvait vouloir dire « moteur flottant » !!! Le sais-je maintenant un peu mieux ?!

Lorsque j’eus le droit de quitter seul le logis maternel, j’eus la possibilité de découvrir d’autres particularités. Mon « Etat » se bornant à la seule rue du Bignon.

Descendant en direction d’Averton ou de Courcité, on trouvait sur la droite un immense atelier de ferronnerie au plafond d’une hauteur impressionnante, puis dans le virage, une boutique de matériel agricole, avec une enseigne Mac Cormick. En face, les pompes à essence « Azur » du garage Tireau. Curieuses pompes aux allures d’extra-terrestres avec leurs deux tubes de verre qu’un balancement du levier remplissait en alternance. Un « schplock » suivi d’un « pchhhhhuuu » et la bonbonne déversait alors 5 litres d’essence à chaque fois. En regardant vers Averton on apercevait la chapelle du « Fourneau ». Remontant la rue côté droit, l’atelier d’un charron jouxtait le garage où travaillait mon oncle Gabriel… Plus haut, je restais planté devant les portes vitrées qui abritaient la menuiserie aux douces senteurs de bois dans laquelle travaillait Monsieur Leroux. C’était un petit homme dont l’importante calvitie me surprenait. Il vivait au milieu d’un tas de copeaux frisottants, et lorsqu’il mettait en route son impressionnante scie à ruban ou sa dégauchisseuse, je détalais rapidement. Dans l’angle de la rue formé avec la «Fosse Dodin » la vitrine du tailleur Letourneux était comme un poste d’observation aux multiples vitres. Il déménagea plus tard pour s’installer Grande-Rue.

En face, la maison de mes grands parents. C’est là que, les soirs d’été, mon grand-père prenait plaisir à sortir des chaises sur le trottoir. Et il s’asseyait à califourchon, ses bras prenant appui sur le dossier. Forcément, je l’imitais !

De ce poste d’observation, on pouvait voir un peu plus haut, à droite en remontant, le grand hangar de la famille Peslier, puis une petite épicerie… Plus haut encore, le café de Madame Lenormand, maison à plusieurs étages où l’on allait jouer au billard dans une salle située au second. Salle qui empestait la fumée refroidie. Gentille Madame Lenormand, qui nous laissait jouer plus longtemps que ne le permettait la modique somme que nous lui avions donnée pour accéder au billard.

Encore en remontant, les senteurs appétissantes qu’exhalait la boulangerie tenue par Madame Colin. Quelques marches à gravir permettaient d’accéder au royaume des sucettes « Pierrot Gourmand ».

C’est à cet endroit que la rue décrochait pour donner accès à une ruelle débouchant rue d’Alençon. Rue Robillard donc, on trouvait de nombreuses arrière-boutiques pour lesquelles les vitrines donnaient sur la place des Halles. Celle d’un épicier se trouvait tout en haut, et elle fleurait bon l’huile, le vin, le sel. Mais c’est surtout l’abattoir du boucher qui m’impressionnait. Il n’était pas rare d’entendre crier un animal qu’on égorgeait ; la vue du sang me figeait, et selon le moment du sacrifice, les odeurs y étaient très diverses… Je n’ai jamais pu supporter très longtemps ce spectacle…

Vite je déboulais vers le grand magasin de vêtements dont la vitrine imposante et la mezzanine intérieure me semblaient constituer le symbole du grand chic parisien… les différents tissus glissaient leurs parfums sous la porte et ils parvenaient jusque dans la rue.

Ayant à cet endroit atteint la limite de mon rayon d’action, je pouvais alors entamer la descente.

Mais il me fallait tout d’abord m’arrêter longuement en face, devant la vitrine du grand bazar. Boutique que tenait Maria Watbled. Ce nom à la consonance étrange me faisait imaginer de lointains voyages afin de découvrir son origine. Mais combien d’heures ai-je pu passer le nez collé au carreau ? Et quand j’avais la chance d’entrer dans cette caverne d’Ali Baba, c’était l’émerveillement total. C’est là que j’eus mon premier masque, mon premier fusil à flèches, ma première toupie ronflante, mon premier train électrique avec ses gros rails à trois brins. J’eus aussi un sous-marin, que je perdis à Chérancé lorsqu’il ne ressortit pas des buses passant sous la route en face la ferme Le Pin…

C’est dans ce bazar-là aussi que j’allais souvent acquérir les petites boîtes de « capsules », les fameuses amorces de couleur violine que l’on faisait péter soit avec un revolver idoine, soit simplement avec un caillou. L’odeur rappelait celle d’une allumette craquée… C’était bien avant qu’on puisse avoir des revolvers actionnant un chapelet d’amorces comme dans une mitrailleuse.

C’est dans ce bazar aussi que j’obtins plus tard un petit avion équipé d’un moteur fusée de marque Jetex… et la voiture, toujours munie du même propulseur, qui tournait en rond arrimée par deux câbles d’acier à un lourd pylône central … Elle a fini sa carrière explosée dans le muret bordant notre maison du bourg à Chérancé !

 

Un tout petit peu au-dessous du bazar Watbled se tenait la graineterie Girard  pour laquelle il fallait descendre quelques marches afin d’entrer. Endroit un peu sombre où les senteurs agréables des semences de blé, d’orge ou d’avoine tentaient de masquer celles que dégageaient les sacs « Potasses d’Alsace » près desquels trônait une bascule au dixième… J’avais parfois le droit d’y monter pour me peser. Mais il ne m’était pas permis de soulever les lourds poids en fonte posés près d’elle.

Toujours un peu plus bas il devait y avoir un artisan peintre… Chez Bréhin...

 

Plus bas encore, le café Bâtard, où l’on allait jouer au ping-foot. Curieux bistrot dans lequel je crois me souvenir d’une forte odeur de… laiterie! Ces gens devaient posséder quelques vaches et vendaient leur production au détail.

 

Deux ou trois maisons encore, et je contournais par la droite le portail de bois afin d’entrer dans la courette où m’accueillait la pompe à bras de mes grands-parents. Grand corps de fonte maigre posé sur un socle de granit, échalas muni d’un balancier qu’il fallait actionner afin de faire remonter l’eau du puits. Une drôle de machine capricieuse qui désamorçait parfois : il fallait alors lui retirer son chapeau et verser de l’eau par en haut ; après quelques vigoureux coups donnés au manche, le piston reprenait son travail. C’est pourquoi, dans la perspective d’une défaillance possible, il était prudent de garder en réserve quelques litres d’eau pure…

En hiver, la coquette risquant de geler, il fallait l’emmailloter avec de la paille et des sacs de jute…

 

La rue du Bignon à Villaines la Juhel

Sur la façade de la maison exposée au soleil courait une vigne : mon grand-père la traitait à la bouillie bordelaise à l’aide d’un lourd pulvérisateur qu’il portait sur le dos. Bien après la disparition de cette treille, le mur a gardé sa parure de vert émeraude en dégradé.

 

Je pourrais ainsi longuement parler de la rue du Bignon. Des Noëls, des fêtes de famille, des veillées devant la cheminée…

Tout comme le souriceau de La Fontaine, j’y ai fait mes premières armes, mes premières découvertes, avant de la quitter pour débarquer à Chérancé. Mais pour mieux y revenir aux vacances scolaires.

 

Je délaissais la « petite » ville de ma « petite » enfance aux horizons limités par les murs… pour découvrir les charmes de la vaste campagne, aux horizons limités seulement par les haies.

 

J’allais alors découvrir un autre monde.

 

Tout aussi passionnant.   

Les Américains arrivent de Courcité... au bas de la rue du Bignon. Eté 1944.  La pompe a essence, je m'en souviens car elle a subsisté de longues années après ma naissance...

Les Américains arrivent de Courcité... au bas de la rue du Bignon. Eté 1944. La pompe a essence, je m'en souviens car elle a subsisté de longues années après ma naissance...

Lire la suite

Vive la photo!

9 Janvier 2016 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur, #Bidouilles en tout genre, #Chroniques des années 50

Rares sont les occasions de se replonger dans les albums de photos qu'ont pu laisser nos prédécesseurs.

Parce qu'il faut en avoir l'envie et le temps.

Mais dans ma famille, il semble qu'une tradition photographique soit nettement ancrée. Car mes parents ont eu l'heureuse idée de nous léguer quelques volumineux albums, dans lesquels s'entremêlent de façon non chronologique une foule de  clichés se rapportant à de nombreux  événements familiaux.

Du visionnage que j'ai pu effectuer hier en compagnie de mes soeurs, j'ai extrait quelques documents que j'aimerais vous faire partager.

Le premier...  Il s'agit sans nul doute de mon frère Jacky.

Vive la photo!

Attentionné qu'il est à cadrer sa photo... alors qu'il est lui-même mis en boîte soit par mon père soit par le frère aîné que je suis. La scène se déroule en Espagne... fin des années 50.

L'appareil? Mon frère m'a dit se souvenir qu'il l'avait reçu lors de sa communion.

En comparant celui-ci avec des documents glanés sur le Net, il me semble pouvoir dire qu'il s'agit d'un Kodak Brownie flash...  pas encombrant pour deux sous avec son énorme flash sur le côté!!

 

Kodak Brownie flash

Kodak Brownie flash

Le deuxième? Il s'agit d'une photo de famille, réalisée dans le jardin au 28 rue du Bignon à Villaines la Juhel. Là où je suis né.

On y voit mes grands-parents Duarté et Munoz, ma mère, mon frère Jacky et ma soeur Marie-Jo. Juste devant ma grand-mère Antonia, je  me cache les yeux.

L'auteur du cliché? Il  ne peut s'agir que de mon père, absent sur le document, mais dont l'ombre figure au tout premier plan!

 

 

La tribu espagnole réunie rue du Bignon

La tribu espagnole réunie rue du Bignon

Troisième photo... à caractère quasiment historique!

L'arrivée des Américans à Villaines la Juhel. Cliché réalisé au bas de la rue du Bignon,  carrefour de la route d'Averton et de Courcité.

Les Américains libèrent Villaines la Juhel

Les Américains libèrent Villaines la Juhel

Au premier plan, une pompe à essence du garage Tireau. Marque Azur?  Je crois me souvenir que l'étoile était bleue...

Puis une Jeep et sa remorque qu'entourent quelques  GI's.

Et un char dont les chenilles soulèvent de la poussière.

Date du cliché? Sûrement quelque temps après le débarquement de juin 1944... Quelques petits mois avant ma naissance.

Et puis je voudrais terminer cette rapide évocation de mes souvenirs avec une image qui m'a particulièrement touché.  Presque symbolique en ce qui me concerne!

Sur la droite, mon frère Jacky, tout sourire. Plus jeune que moi  de 5 ans.

Sur la droite, mon frère Jacky, tout sourire. Plus jeune que moi de 5 ans.

Je trône fièrement sur un tricycle nommé cyclorameur. Propulsion sans pédales, uniquement à l'aide des bras...

En arrière-plan, du linge étendu au fil, chez les voisins Dilys. (Orthographe incertaine)

Et sur la gauche du cliché?

Un avion même pas quadri,  mais hexamoteur!  Le luxe!!!

 

"Déjà, diront certains, se manifestait son goût pour les choses volantes!"

 

Avec ces quelques documents, je vous ai entrouvert mon propre album de souvenirs.

Ce qui vous permettra sans doute de comprendre pourquoi les avions, la photo... et le déplacement sur un engin équipé de roues étaient au rang de mes activités favorites!

Lire la suite

Le patois mayennais et ses adeptes

3 Décembre 2015 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Scènes de la vie rurale, #Billet d'humeur, #Chroniques des années 50

Que j'vous raconte...

Comme chaque premier mercredi du mois, hier, c'était la journée "anniversaire" par les membres du "club Les Espoirs".
Mais comme la fête ne commence qu'après les traditionnelles parties de cartes, la danse ou les boules, je ne me suis pointé qu'à 16h30.
 
Et dès mon arrivée:
"Bonjour! Comment se porte votre coccinelle?"
 
Tiens, voilà quelqu'un qui s'en va naviguer sur mon blog!
 
 
Et d'autres personnes d'en rajouter une couche:
"Ah, comme on aimerait pouvoir, comme vous, raconter des histoires toutes simples, mais tellement belles!
- Ben..., j'vous remercie, mais j'ai quand même l'impression que des fois, vous devez vous dire que le gars Bernard, il est un peu zinzin, non?
- Ah surtout pas... même que quand il n'y a rien de nouveau sur le blog depuis quelques jours, on commence à se poser des questions... Parce que ça nous manque, et on se dit: pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé de grave!"
 
Voilà comment j'ai été accueilli par un fan club plus très jeune, mais qui s'exprimait avec une fougue bien juvénile.
 
Les "anniversaireux" de décembre, (dont mon épouse Annie) ont reçu une rose.
Ils ont eu droit à un choeur "Bon anniversaire, nos voeux les plus sincères..."
La doyenne présente (95 printemps) s'est vu remettre une orchidée, nous a offert des croquettes.
 
Les animateurs (et trices) ont sollicité les talents des chanteurs (et teuses), des conteurs (et  teuses)...
 
Et comme d'hab, on s'est tourné vers moi afin que je déclame une histoire en patois mayennais.
J'ai de la ressource: il me suffit de puiser dans le magnifique ouvrage  "Parlers et traditions du Bas-Maine et du Haut-Anjou" édité en son temps par le Cercle Jules-Ferry de Laval.
 
Le patois mayennais et ses adeptes
Mais avant de commencer, il a fallu que je gronde un peu les bavardes du fond de la classe... ce qui fait partie de ma mise en scène, mais qui a le don chaque fois de faire  rire tout le monde, avec des commentaires du style:
"Ah! on voit ben là l'ancien maît' d'école!!!"
 
J'ai interprété "La Aurélie qu'avait fêté Pâques avant les Rameaux..." 
 
Comprenez par là qu'elle avait "consommé" le mariage bien avant la date officielle, et que "le queniau" était né... le soir de la nuit de noces!
Accouchement sous la houlette de la mère Muche,  une praticienne comme on en trouvait souvent dans les campagnes, "sage-femme" bénévole qui avait appris "sur le tas". 
Tout ça d'vant  l'gars Jules, le marié, qui n'en creuyait point ses mirettes, et qui roulait d'zyeux comme un pout!
(un pout: une chouette, un hibou...)
 
Succès garanti pour un babelaud  comme moi dont le patois n'était pas une "langue" parlée à la maison...
 
Et voilà...
 
Comme quoi faire plaisir (et/ou se faire plaisir?) c'est des fois pas très compliqué.
 
Si vous voulez toutefois vous entraîner à lire l'histoire...
Le patois mayennais et ses adeptes
Lire la suite

Anis del mono

13 Juillet 2013 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

Que je vous raconte!

Pris d'une soudaine envie de rangement dans ma cave, j'ai commencé à fouiner,  à trier... Quand je  suis tombé sur deux bouteilles.

Sans doute récupérées peu après le  décès de  ma mère Marietta.
 
Immédiatement de nombreux souvenirs sont remontés à la surface... et quand j'ai ôté le bouchon fort bien conservé de celle ayant encore son étiquette d'origine... je vous dis pas!
 
 
 
Anis del mono
Je n'ai pas eu que les odeurs d'anis à revenir!  Celle des paëllas, ou bien du crabe "Kamchatka" en boîte qui agrémentait la macédoine de légumes/jambon blanc que préparait la grand-mère Antonia.
Et puis tant d'autres, fort agréables!
 
J'aimais nettement moins les  relents de cigarettes que fumait mon grand-père Duarté, pas plus  que ses cigarillos à l'odeur vraiment âcre...
La pause café. José-Bernardino Duarté (coiffé d'un béret),  Miguel Oltra (beau-père de mon oncle Gaby), puis mon cousin Jean-Louis. Et dans l'angle gauche: mon cousin Pascal

La pause café. José-Bernardino Duarté (coiffé d'un béret), Miguel Oltra (beau-père de mon oncle Gaby), puis mon cousin Jean-Louis. Et dans l'angle gauche: mon cousin Pascal

Quant à la seconde  bouteille, elle est "dédicacée" par ma grand-mère Antonia: Cassis, 1966.  Presque un demi-siècle!
Son contenu étant devenu saumâtre, je l'ai jeté.
Mais pour l'autre, elle contient toujours un quart de liqueur qui semble  "dégustable"!!! (Avec modération, bien sûr!)
 
Il va sans dire que ces deux reliques  n'ont pas été destinées à la déchetterie, c'eût été un crime! Et que je vais les conserver précieusement.
Et puis, un peu "grisé" par cette  dégustation abusive(?) du passé,  je suis retourné voir ce que je possédais comme autres documents. 
C'est alors que j'ai retrouvé ce que je cherchais: un cliché -sans doute fourni par le cousin Pascal, l'archiviste de la famille (merci à lui!)-, où l'on voit en premier plan une de ces fameuses bouteilles, "Anis del Mono!"
Produit encore commercialisé
 
De gauche à droite, Miguel Oltra, son épouse Marie-Louise, ma grand-mère bisaïeule Encarnacion au visage à demi-caché par la bouteille "Anis del Mono"), moi(!), Antonia et mon cousin Michel Duarté.

De gauche à droite, Miguel Oltra, son épouse Marie-Louise, ma grand-mère bisaïeule Encarnacion au visage à demi-caché par la bouteille "Anis del Mono"), moi(!), Antonia et mon cousin Michel Duarté.

Bouteille à la silhouette un peu floue, certes, mais facilement identifiable grâce à ses losanges de verre.
Ce cliché a été réalisé  dans la petite cuisine de  "La Forge", à Pré en Pail, chez  la famille Oltra, lors d'un de ces repas dominicaux où les discussions regroupant un maximum d'Ibères finissaient forcément par glisser du français...  à l'espagnol.
Chassez le naturel....
 
 
Ma bouteille "Anis del mono"...  et son singe.

Ma bouteille "Anis del mono"... et son singe.

Un  dernier détail concernant ces bouteilles.
Souvent achetées au Perthus(66) où elles donnaient lieu à un minutieux contrôle effectué par les douaniers, elles étaient  ramenées par des membres de la famille ayant accompli un "pélerinage".
Et quand elles ne contenaient plus d'anis, elles reprenaient toutefois du service en stockant la "petite goutte" locale, qui venait "arroser" le traditionnel café dégusté en fin de repas...
Café... pousse-café...
Ces bouteilles qui, au même titre que le "Cuarenta y tres", symbolisaient  le côté très  "cordial"*  de l'entente entre la France et l'Espagne!
 
Ah, souvenirs, souvenirs!
Pour ma part, j'ai l'intention de les "consommer"... sans modération!
 
 

* cordial: (nom masculin)  Petit verre d'alcool.

Lire la suite

Le Printemps de Chérancé

24 Mars 2013 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

Chérancé et ses 170 habitants? Vous ne connaissez pas ?

Ah, quel dommage !

Pour ma part, j'ai découvert ce charmant village du Sud-Mayenne en 1951 lorsque, suite à la décision de mon père d'exploiter la carrière Saint Julien située sur la commune voisine de Châtelais, mes parents ont quitté Villaines la Juhel.

Nous avons « débarqué » au Moulin Neuf , dans une maison bordant l'Oudon.

notre-maison-au-Moulin-Neuf-barque-amelioree.JPG

Quelques mois plus tard, nous nous sommes installés dans le bourg, presque en face de la forge où régnait Edouard Pocher.

Maison dans laquelle est d'ailleurs née ma jeune soeur Mireille.Cherance-maison-du-bourg-copie.jpg

 

Nous y avons vécu jusqu'en 1961, année où nous sommes partis pour Château-Gontier.

 

Mais durant ces dix années, j'ai accumulé un tel tas de souvenirs que les circonstances m'ont conduit à en faire un petit livre.

carte visite chroniques

J'ajoute que depuis quelque temps, ma  sœur Mireille piaffait d'impatience : elle voulait que nous nous retrouvions dans ce village.

 

Les ingrédients étant réunis, il n'en fallait pas davantage pour qu'un projet prenne corps.

 Article Ouest France

C'est ainsi que le 23 mars dernier, les 4 enfants Munoz sont descendus à Chérancé pour un pique-nique à la bonne franquette... dans la salle mise gracieusement à la disposition des convives par le maire Jacky Vallée.

Et par ce premier samedi de printemps, nous étions une trentaine de convives pas forcément de notre famille... mais Chérancéens de coeur, à échanger, bavarder, rigoler...

« Te souviens-tu quand ton père nous a tous emmenés à la fête communale de Niafles ? Nous étions installés dans les compartiments de la benne du camion ! 

J'te dis pas l'effet quand on est arrivés là-bas !»

le-camion-1.jpg

 

Ce sont là des échanges de souvenirs pittoresques... mais il y en a eu des plus « sérieux » quand nous nous sommes sagement assis aux pupitres de l'école Joseph Vallée.

DSCN4919--FILEminimizer-.JPG

Il me faut cependant signaler un autre moment très fort lorsque nous avons été conviés à visiter "notre" maison du bourg, celle où est née Mireille.

Facilement identifiable grâce à son muret, cette petite maison  est joliment rénovée par Mark et Eliane, un jeune couple britannique qui, séduit par l'endroit, y a élu domicile.

Grand merci à eux !

 

Toujours à propos de cette maison, je voudrais noter que, étant arrivée bien avant nous, ma soeur Marie-Jo  avait eu le temps d'engager la conversation avec ses occupants britanniques, mais pas en français, pas en anglais non plus!

"Mais alors, me demanderez-vous,  en quelle langue ont-ils bien pu bavarder, hein?"

Ben, tout simplement... en espagnol! Car Mark a séjourné 4 ans en Espagne!

Etonnant, n'est-ce pas?

 

Et puis midi est (trop vite) arrivé !

Chacun a spontanément proposé de mettre son « panier repas » à disposition de tout le monde.

Et je peux vous assurer que nous aurions pu tenir le siège un certain temps !

 

Quelle ambiance !

 

Après le repas, le soleil ayant décidé de continuer à faire  la fête avec nous, le groupe s'est déplacé  à pied afin de visiter le Moulin Neuf, où Jean-Michel Prime nous a servi de guide.

Puis nous nous sommes rendus en voiture à la carrière.

Là, c'est moi qui ai été chargé des commentaires.

Expliquant le fonctionnement de l'exploitation, montrant les restes des bâtiments situés sur la droite en montant la côte.

Plus bas, à gauche, se trouve encore le bac de refroidissement du moteur où nous avions plaisir à faire trempette dans une eau presque chaude !

Bain-dans-bac-refroidissement-moteur-Poyaud.jpg

Et il n'est pas besoin de chercher longtemps pour retrouver le concasseur à sa droite...

Juste en dessous du bac, le gros moteur Poyaud est encore là lui aussi,  gisant sur le côté... Dans son bunker de béton d'où on a sans doute essayé de le déloger.DSCN4929--FILEminimizer-.JPG

 

Tout en bas, le trieur est vautré parmi les poutres de bois qui constituaient les trémies.

DSCN4930--FILEminimizer-.JPG

Quant à la zone d'exploitation elle-même... c'est à peine si on la distingue, car la végétation a reconquis son domaine.

carriere-6-photos.jpg

 

Le « pélerinage » s'est poursuivi à la Mare, ferme qu'habitait Joseph Vallée, le maire de « notre époque » et grand-père de Jacky, l'actuel maire.

Merci à lui et à son épouse Fanfan pour la délicieuse bolée de cidre dégustée à leur table alors que le soleil couchant rasait l'horizon.

 

Mais la journée s'achevait.

Nous sommes alors redescendus à la salle communale, où un petit groupe d'irréductibles a décidé de « finir les restes ». Et il y avait de quoi !

 

Durant cette « troisième mi-temps », les Hamelin's Brothers nous ont encore gratifiés d'anecdotes parfois croustillantes.

 

Et puis il se faisait tard ;

Il fallait bien à un moment ou à un autre mettre fin à cette mémorable journée.

A contre-coeur...

 

Mais j'ai quand même eu le temps d'entendre comme des voix qui disaient que ce  serait peut-être pas si mal d'instaurer un « Printemps de Chérancé ».

 

L'idée va sans doute faire son chemin.

Et je ne serais pas vraiment surpris d'apprendre que du côté de Craon... DSCN4924--FILEminimizer-.JPG

Le premier samedi suivant l'arrivée du printemps 2014... quelques nostalgiques... un buffet campagnard du même style que pour l'édition qui vient de s'achever...

 

Allez donc savoir ?...Qui-revient.JPG

 

Quoi qu'il en soit...

Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont été les acteurs de ces joyeuses retrouvailles ! 

Moi aussi j'veux revenir

 

Et puis deux semaines plus tard...

 

Lire la suite

La bosse des maths

5 Octobre 2012 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

Alors que je me prépare à retourner au Lycée de Château-Gontier... celui où j'ai passé 7 ans de ma vie scolaire... me reviennent d'innombrables souvenirs de ce  temps déjà lointain...
Des figures de profs qui laissent des souvenirs parfois "joyeux", tels celui que je me propose de vous narrer.
 
Prof de maths de son état, madame Cruiziat était la femme du principal.
Elle se prénommait Juliette...1961-62a-annotee-copie-1.JPG
Juliette, qui  avait trouvé en Joseph Charpentier, mon copain de chambrée,  un compagnon afin de "jouer" aux maths après les cours!
Issu d'une famille modeste, il dut abandonner ses études et entra dans la vie active après la troisième.
Mais il survolait le lot des élèves, et nous épatait par son talent.
Il avait réellement "la bosse des maths".
Juliette l'avait vite compris.
C'est pourquoi, durant les études du soir destinées aux internes, il y avait même un nombre de sonneries spécifique indiquant que "Monsieur Zef" était mandé dans les appartement de madame la principale.
 
Ce fameux Zef qui un jour lui tint tête.
C'était lors d'une compo, à propos d'un énoncé de maths .
Et "Monsieur Zef" de l'apostropher devant la classe ébahie.
Poliment, et avec conviction:
"Madame, votre équation est insoluble! S'il y avait un "plus"  à la place d'un "moins" (ou inversement, je ne sais plus) on pourrait aller au bout du problème!"
Comment lui, l'élève de troisième,  son compagnon de jeu,  pouvait-il ainsi mettre en doute la toute-puissance professorale?
Je revois encore Juliette se dresser sur ses ergots:
"Impertinent, isolent! Comment oses-tu?"
 
Et Monsieur Zef de répondre placidement:
"Bon, ben... je vous rends copie  blanche."
Et lui de déposer négligemment sa feuille sur le bureau pour quitter la classe  et filer en   salle de permanence!
 
Nous autres, bien sûr, complètement stupéfaits!
Zef, le fort en maths, l'indéboulonnable premier de la classe,  il allait se taper un zéro en compo! 
Du jamais vu!!!
 
Il s'avère que Monsieur Zef avait pourtant  raison.
 
Et Juliette annula donc cette première session, pour nous proposer la deuxième mi-temps de la compo! (Ce dont elle était coutumière!).
On remit tous les compteurs à zéro, nous eûmes droit à une seconde équation qu'il nous fallut résoudre.
 
Et devinez qui se tapa 20 sur 20?
 
Ben "Monsieur Zef", évidemment.
 
 
 
Lire la suite

A propos de mon livre...

24 Mai 2012 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

Ma jeune soeur ne m'avait-elle pas adressé un courriel qui débutait ainsi:

"A propos de ton livre...

Dis quand l'écriras-tu?

Dis, quand le feras-tu?

Car le temps qui passe ne se rattrape guère...

Le temps qui passe ne se rattrape pas!"

 

Ce qui avait constitué un  facteur déclenchant!

Il n'y avait plus à reculer: il fallait  que je  me mette -enfin- sérieusement au travail.

 

Cela fait donc quelques semaines que mon opuscule est édité.

Que  le nombre de personnes l'ayant acheté me surprend...

  DSCN3662

Et qu'au niveau des surprises...

 

Lisez plutôt:

 

 

Hier  matin, rentrant de ma balade à pied vers le Montaigu, je croise deux personnes... L’une à la sortie de la boulangerie, l’autre un peu plus loin, près du mur où croissent les roses trémières que j’ai semées là clandestinement !

Et qui prospèrent !

L’une et l’autre de mes rencontres :

« On pourrait pas avoir un bouquin sur vos souvenirs de gamin ? »

Cet après-midi, je m'en vais chez la coiffeuse.

Et sur le trottoir une dame, ancienne parente d'élève, qui m'arrête:

"Ah, Bernard, j'ai commencé votre livre. J'arrive au chapitre le camion. C'est rudement bien. C'est facile à lire. Je me régale!"

 

 A signaler que d'habitude la dame s'adresse à moi en y allant d'un "Monsieur Munoz"... Etonnant, non? Comment expliquer cette soudaine familiarité? Qui ne me gêne pas, bien au contraire!



 

Quelques pas encore, et je passe devant un commerce. Les jeunes patrons sont sur le pas de la porte.

M'apercevant, il m'interpellent!

Je fais un crochet:

"Alors, et votre bouquin? C'est la gloire, hein! Tout le monde à Bais en parle!

On peut en avoir un?

-         Ben quand j'aurai refait mon stock, début de semaine prochaine. Je n’arrive pas à fournir…"



 

Arrive une jeune dame, la trentaine. Qui nous entend causer du fameux livre.

S'adressant aux commerçants:

"Ah! moi, ma belle-mère l'a apporté l'autre soir à la maison.

J'ai juste eu le temps d'en lire un chapitre, parce qu'elle me l'a vite repris des mains, en me disant qu'elle le dévorait.

Si les autres valent le seul chapitre que j'ai lu: les cabinets! 

Ben ça promet!!!

Ah, c'est trop!!!"

 

Fin de journée, afin de renouveler mon ordonnance, j'avais rendez-vous chez le toubib, qui m'avait dit au téléphone:

"Ben faudra m'apporter un bouquin, n'est-ce pas? Avec une dédicace!"

 

Forcément, je me suis exécuté.

A (nom du toubib)…

Guérisseur de mes maux

Ce qui me permet ainsi d’écrire encore mes mots risibles…

Afin que je m’en souvienne comme mes mots "risables"…

(mes mots "risables"…  mémorisables?) 

PS : cette dédicace n’est pas remboursée par la Sécu !

 

Et enfin, dans la soirée.

 

Cet appel téléphonique :

« Je viens de lire votre bouquin. Je me suis régalée. J’y ai retrouvé plein de souvenirs personnels : les métiers, les jeux,  les odeurs, les couleurs, les bruits… Merci à vous.

Mais dois-je-vous dire que vous m’avez donné envie ?

Envie de vous imiter, et de me lancer moi aussi à écrire.

Pour que les générations à venir sachent comment nous vivions… »

 

Et mon interlocutrice de commencer à rédiger oralement son récit…

 

Poursuivant : 

« Si j’ai besoin, pourrais-je m’adresser à vous pour me donner un petit coup de main ? »

  

J’ai hésité à vous faire part de ces quelques témoignages.

Mais je me dis quand même que je vous devais un retour sur ce fameux bouquin  destiné à une diffusion restreinte, et que l’on m’a « poussé » à publier... bien au-delà du cercle familial!

 Il  mériterait maintenant presque à lui seul un roman entier !

  DSCN3721.JPG

 

  

Je me dois aussi de préciser que si j’ai réussi à faire lire des gens qui ne sont pas de « grands » lecteurs, et faire écrire des personnes qui n’auraient pas osé… 

Ben… J’ai obtenu là une  des immenses satisfactions qui font suite à cette modeste publication.

 

Et je ne parle même pas des jolis moments passés chez les gens lorsque je vais effectuer moi-même la livraison de mon opuscule.

 

Conséquences inattendues, mais ô combien réjouissantes !

 

Merci à tous !

      ---------------------------

 

PS: cette autre remarque obtenue quelque temps après..............

"Ton livre est, comment dirais-je... parce que tu utilises parfois un vocabulaire choisi, faut pas que je dise une banalité... ton livre est ... gouleyant!!! c'est ça... gouleyant!

C'est pour ça que je le prends à petites doses, je voudrais pas le finir trop vite!"
Sachant que cet adjectif est plutôt utilisé  à propos d'un vin...
 Qu'importe le flacon...

PS2...
Toujours à propos de ce bouquin qui n'en finit pas de m'étonner, deux réactions:
- hier, je m'en vais livrer un bouquin, et  au cours de la conversation, on  me dit:
"Ah, tu peux pas savoir l'émotion... c'est la première fois que je peux rencontrer l'auteur d'un livre que je vais lire, un auteur encore vivant!"
- ce soir, je m'en vais livrer un autre bouquin. Arrive la fillette de la maison à laquelle la mère explique,: "C'est Bernard, il vient nous apporter un livre, un livre qu'il a écrit."
Et la gamine de me regarder avec un drôle d'air, et de me dire:
"Alors toi, t'es écrivain? Ouah!!!"
Bonnard, non?

PS3: pour faire suite au commentaire qui a été posté  par un lecteur de ce blog. Comment se procurer ce petit livre, pour lequel on me réclame de récidiver!

Ici: (Copier et coller le lien dans le navigateur)
Lire la suite

Chroniques des années 50 en Mayenne

11 Avril 2012 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

 
bernard_arroseur.jpg

Cela faisait déjà un bon moment que l'idée me trottait dans la tête... pas encore dans celle du gamin que j'étais... tenant le jet d'eau!

Mais sait-on jamais?



 Quoi qu'il en soit...


Dans la mesure où j'ai reçu un certain nombre "d'encouragements" à publier mes mémoires, ben... c'est fait!DSCN3662.JPG
 
 Si vous souhaitez vous procurer "Chroniques des années 50", un livre 18x12 de 224 pages avec illustrations, (12 Euros+ port)   yaka cliquer là! 


http://www.thebookedition.com/chroniques-des-annees-50-en-mayenne-de-bernard-munoz-p-78115.html
 
Bonne lecture

 

Lire la suite

Vous avez dit "Mémoires?"

8 Avril 2012 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

Cela fait déjà un certain temps que je reçois (oralement ou par écrit) des remarques du style:
"Je suis allé faire un tour sur votre blog...."
Se terminant la plupart du temps par cette invite:
"Vous devriez écrire vos mémoires"
.../...
N'êtes-vous pas de celles ou de ceux qui inciteraient à  (re)mettre au boulot le paisible retraité que je suis?

Celui qui frémit lorsqu'il entend prononcer le mot "travail"?


Mais j'avoue qu'à chaque fois qu'on me sollicite,  j'en suis tout d'abord  ravi  (ben, faut pas bouder son plaisir, et c'est un petit bonheur personnel de constater  qu'on  apprécie mes textes. On a le droit d'être immodeste!)...
Et  immédiatement j'entrevois le parcours du combattant afin d'arriver à ce qu'un éditeur accepte de publier.
Non, là, je ne me sens ni prêt, ni mûr, ni motivé.

Par contre, oserais-je vous avouer que j'ai déjà sous le coude.... un bidule que je nomme pompeusement: "Chronique(s) des années 50..."

C'est qu'en effet, au printemps 2005, j'ai éprouvé de sérieux ennuis avec ma vue... Et j'ai pris peur, craignant de ne pouvoir mettre sur du papier  tout ce qui trottait dans ma tête, particulièrement  mes souvenirs de gamin autour des années 50.

Je me suis donc acheté un ordinateur portable, et j'ai rédigé, rédigé, rédigé...  Partout où je me trouvais, tel un forcené.
Heureusement, on devait découvrir un peu plus tard que pour mes yeux, il s'agissait d'une banale cataracte.

Mais la plupart de mes textes étaient déjà enfournés dans le PC.Certificat-d--tudes-avec-l-gende-copie-1.jpg

C'est aussi en hommage à ma mère que je me suis lancé dans ce travail d'écriture.
Elle qui s'est arrêtée au Certificat d'Etudes avec mention Bien (voir ci-dessus), qui calligraphiait à merveille, qui rédigeait de façon impeccable... et qui avait laissé un peu partout des petits bouts de papier que l'on a retrouvés après son décès.

Avec des anecdotes parfois croustillantes! (voir document manuscit ci-dessous)
Je-vous-salue-mon-capitaine.jpg

Avait-elle eu honte de les montrer?

Sans doute, car  elle était plutôt d'un tempérament "taiseux".

 

Il s'avère pourtant que je me pose toujours la question.

Quelles sont les fonctions vitales d'un être humain? De quoi a-t-il nécessairement besoin pour vivre?

On pense immédiatement à l'air pour respirer, la nourriture, un toit pour s'abriter... et même s'il ne fait pas le bonheur, un peu d'argent afin de boucler les fins de mois.

Mais qu'est-ce qui peut bien pousser un individu à raconter, se mettre en scène, dévoiler une partie de son intimité?

Vous me direz qu'un comédien, un politique, un écrivain, un peintre, un sculpteur... tous ces gens éprouvent le  besoin de créer, et de "partager"... avec sans doute le même sentiment qu'un gamin de maternelle s'adressant à son institutrice:" Regarde, maîtresse, il est joli mon dessin, hein?"

Attendant un assentiment, un mot gentil, une quelconque forme de tendresse...

 


Pour ma part, j'ai eu besoin de rédiger, d'écrire, de créer (y compris des modèles réduits) et j'ai osé "diffuser" mes productions...  Faut-il s'en plaindre?

C'est aussi grâce à mon cousin Pascal que  j'ai entrepris le blog sur lequel vous êtes actuellement!

Poursuivant ainsi via Internet  mon "travail" de rédaction entamé avec  la revue MRA (le Modèle Réduit d'Avion)
Faut-il ajouter que mes "rédactions"  permettent  également  de  maintenir du lien social?...

Bref...

Quelques années plus tard,  Ouest France a sorti un "Hors série",  édition spéciale sur les années 50 justement. Certains de mes documents y figurent. (Avec en couverture la 4CV de mon oncle Gaby)DSCN3556.JPG
Et je me souviens avec malice de la journaliste chargée de cet opuscule, qui me disait déjà:

"Rien qu'avec ce que vous avez sous le coude, il y aurait de quoi faire un bouquin complet!"

Peu de temps après, c'est la revue "L'oribus" qui m'a contacté pour que je refile des textes. C'est ainsi que sont parus "Les jeux", et "la rue du Bignon"... peut-être aussi "Les roulements à billes..."
Avec des retours de lecteurs sympathiques!

Mes textes, j'y reviens de temps à autre, lorsque... voir début de mon propos!


Et à propos des années 50,  je me dis qu'un jour, je finirai bien par me botter le derrière et faire en sorte que tout ça devienne un vrai livre, broché, relié..

Il y a des sites sur le Net afin de concrétiser.  

 

Mais pour l'heure, si vous me le demandez, je peux vous adresser un fichier au format Acrobat Reader (moins lourd   que le format doc généré par Word).

Et si l'envie vous prend de tirer mes textes sur papier, vous pourrez constater que cela représente déjà un "petit roman"!

Osez m'adresser  vos commentaires.

 

Vous souhaitant bonne lecture de ce que d'aucun(e)s nomment "Mes mémoires"!

 

bernardino53  chez hotmail.fr  (remplacez chez par @, sans aucun espace...)

 

 

Lire la suite

La fête au village

15 Mars 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

 A Chérancé, tout  comme dans bien d’autres communes de France  et du sud Mayenne, se tenait chaque année la traditionnelle Assemblée, la fameuse « assembieu »…
Pour nous autres gamins qui avions parfois du mal à nous repérer dans le temps, il y avait un signe avant-coureur. Telles les hirondelles qui annonçaient le printemps, le camion du père Gaucher était guetté avec une impatience que nous avions du mal à contenir.
Et le jour où nous l’entendions arriver, c’était la joie immense de se dire : on va faire la fête.
Il arrivait en milieu de semaine, avant même que les membres du Comité des fêtes ne commencent à pavoiser le bourg avec des guirlandes.
Fameux camion ! Il sortait tout droit de la guerre ! Mais pas de la seconde ! Non, non, la « Grande Guerre », celle de 14-18 !!!
Je ne saurais dire quelle était la marque de ce véhicule brinquebalant, mais il roulait en faisant un bruit épouvantable. Les jantes me semblaient être en bois… sur des bandages en caoutchouc plein !
Un détail m’est resté gravé : les « clignotants » !!!
A une certaine époque, les conducteurs signalaient leurs changements de direction comme les cyclistes, avec leur bras, en le mettant à la portière. Et puis on avait vu fleurir des systèmes avec des « bras mécaniques éclairés et articulés » qui par un mouvement de haut en bas attiraient l’attention du conducteur se trouvant derrière…
Et le père Gaucher avait été séduit par ce système digne du modernisme ambiant, qu’il avait fini par adapter à sa sauce.
Il avait installé sur chaque côté de son camion un simple morceau de bois peint en rouge, et lorsque le père Gaucher souhaitait virer, il lui suffisait d’agiter l’extrémité d’une des ficelles se trouvant juste devant son volant pour faire fonctionner son bras articulé. 
parquet-du-bal.jpgNous admirions l’ingéniosité du bonhomme !
 
Commençait dès lors la construction des différents stands.
Un peu plus tard arrivait l’entrepreneur de bals, qui déchargeait son parquet sur la placette. Puis avec l’aide de ses compagnons-musiciens, il assemblait tout son puzzle sous l’œil intéressé des marmots du village… Et dès que la salle de bal était montée, nous partions à sa conquête. Il faut dire que cela nous permettait de jouer bien à l’abri, dans cette « immense » salle provisoire   recouverte d’une bâche ; quant au parquet merveilleusement patiné par les couples de danseurs, il se comportait nettement   mieux qu’une mare gelée pour y effectuer de longues glissades. Bien sûr, il fallait jouer dans ce bal sans se faire prendre par l’entrepreneur, qui nous houspillait parfois. Mais dès qu’il était reparti chez lui…
La petite allée longeant l’église était l’objet de nombreux préparatifs.
C’est d’ailleurs à cet endroit, à la porte de l’église, que nous avions l’habitude de nous regrouper les jours de « sacre ». En effet, c’est à la sortie que les « noceux » ou les « baptêmeux » nous lançaient à la volée des pièces de 1 Franc et des dragées, pour lesquelles nous nous battions comme des chiffonniers. Les friandises n’étaient pas enveloppées, elles roulaient dans la poussière, mais nous les dégustions avec délices…
Pour la fête du village, de chaque côté de l’allée, le garde champêtre installait des poteaux dont l’utilisation nous apparaîtrait plus clairement le dimanche suivant.
La fête communale, c’était l’occasion de relever des défis, de montrer sa force ou sa sagacité…
Les plus grands pouvaient le faire lors de la course cycliste « interrégionale ».
Mais pour les gamins que nous étions, il y avait les jeux traditionnels !
Pour la course à l’œuf, chaque participant  insérait   dans la bouche une cuillère à soupe contenant un œuf ; puis après le top départ, il fallait franchir la ligne d’arrivée le premier en n’ayant pas fait d’omelette… et pas question de tenir la cuillère avec les mains au risque d’être disqualifié par le garde champêtre à la vigilance pourtant bienveillante !
La course en sacs   voyait s’affronter des enfants dont les deux jambes se trouvaient enfermées dans un sac de jute… inutile de courir ; il fallait absolument sauter… en évitant de se casser la figure… mais le bon public se régalait lorsque les coureurs s’entrechoquaient et tombaient comme des quilles !
Le mât de Cocagne permettait aux plus agiles de grimper le long d’un poteau afin d’aller arracher un objet enveloppé dans un papier journal …
 
On avait droit aussi aux « pots cassés » : yeux bandés et muni d’une perche, il fallait éclater un pot de terre suspendu   à une ficelle tendue entre deux poteaux. Inutile de dire qu’on « brassait un peu d’air » avant d’atteindre la cible…. Et on avait même parfois droit à une douche, car certains pots contenaient de l’eau, de la farine, de la sciure ; mais tous finissaient par lâcher une récompense.
 
course-aux-grenouilles.jpgLa course aux grenouilles avait ses fervents partisans. Chaque concurrent devait pousser une brouette dans laquelle on mettait juste avant le départ quelques grenouilles qu’il fallait bien évidemment avoir encore comme passagères à l’arrivée. Et pour ce faire, on piquait parfois à même le sol les sauteuses d’un concurrent malheureux !
 
Parmi tous ces divertissements   hauts en couleur figurait : le « baptême des tropiques »… peut-être hérité de la période coloniale encore toute fraîche dans les mémoires ?
Un concurrent prenait place dans la charrette à bras du garde champêtre, un adulte poussait vigoureusement l’attelage en courant. Et tel un chevalier du Moyen-âge se livrant aux joutes, le passager muni d’une lance devait viser un petit trou ménagé dans une planche suspendue en travers de l’allée… mais si on ratait son coup, un ingénieux système se chargeait de vidanger l’eau contenue dans un seau…
Chaque jeu donnait droit à des récompenses : deux ou trois pièces, des friandises…
 
Avec ces quelques sous gagnés aux jeux, nous allions faire marcher le commerce : trouer des cartons au stand de tir tenu par la mère Gaucher, loterie, achat de cacahuètes grillées…
Les nombreux cafés qui entouraient la place faisaient eux aussi un commerce florissant, et certains fêtards avaient parfois un peu trop abusé de la boisson. Ce qui nous donnait la possibilité d’assister à des spectacles souvent comiques d’hommes un peu éméchés… mais il arrivait que les types soient tellement ivres qu’ils cherchaient la bagarre, ou s’effondraient lamentablement sur l’herbe de la petite place… 
Pendant ce temps, le bal battait son plein.   Sur l’estrade un orchestre local, avec accordéon, batterie, saxo, banjo… La salle était surchauffée, et on devait relever les bâches latérales afin de donner un peu d’air aux danseurs dont le visage rouge de plaisir   se penchait goulûment vers l’extérieur. Nous tentions parfois de pénétrer dans le bal, en nous glissant parmi la forêt de jambes des couples qui virevoltaient… mais on se faisait rapidement sortir.
 
Et puis tard dans la nuit, le bal musette mettait fin à ses flonflons.
Le lendemain avant même que la classe ne reprenne, nous rôdions autour du bal ; les plus téméraires se glissaient sous le parquet… à la recherche de quelques pièces qui auraient pu échapper aux danseurs, perdues au travers des lattes pas toujours jointives… Et nous y retournions le soir… Il faut dire que la « cueillette » se révélait parfois fructueuse.
Autre source de revenus : la pêche aux « bocks ». Il suffisait de ramasser dans le bourg les nombreuses cannettes de bières que les soiffards avaient abandonnées ici et là ; chaque cafetier offrait un « petit sou » en fonction du nombre de bouteilles qu’on lui rapportait
 
Et puis l’entrepreneur de bal démontait son « parquet » ; le père Gaucher démontait ses baraques, les rangeait sur son camion.
Puis quand il partait, nous l’escortions joyeusement… Lui donnant rendez-vous à l’année prochaine.
Lire la suite
1 2 > >>