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Photo / VTT / Billets d'humeur / Modélisme  / Années 50

Pégase, pièce théâtrale en 4 actes

27 Février 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Acte 1 :
----- Original Message -----
Envoyé: Mardi 26 février 2008,   08:49
Sujet: VéDéPé
Salut à vous
En ce moment, il pleut… certes ! Mais je viens de faire un tour sur différents sites de la météo.
Et on y annonce du Nord-Ouest pour cet après-midi.
Je serai disponible à partir de 15 heures… et j’envisage donc d’aller à Montrudbal pratiquer le Vol De Pente (VéDéPé) en compagnie de mes planeurs.
A vous de voir !
Bernard
 
Acte 2
Envoyé : mardi 26 février 2008, 18:30
Sujet: RE : VéDéPé
Salut
Les ceusses qui sont pas venus, ben y z ‘ont eu tort !!!
Hein marc ?
Parle-nous un peu de cette sortie à Montrudbal !
Bernard 
 
Acte 4 (ben oui, chronologiquement,  c'est comme ça dans ma pièce!)
            From:Bernard Munoz
Envoyé : mercredi 27 février 2008, 09:59
Subject: RE : VéDéPé
Bonjour à tous
Je vous transfère un texte rédigé par Marc suite à notre sortie d’hier.
En effet, en ce mardi matin fort pluvieux et rafaleux, et après avoir consulté différents sites météo, j’envoie un mail à quelques membres du CAB que je pense être disponibles ce jour pour leur dire que… (vous l’avez découvert dans les mails ci-dessus)
Mais dans son « rapport de courses », notre ami Marc a dû se tromper  de Munoz: en effet, autant mon père aimait les jeux et le tiercé, autant moi je ne joue jamais ! Pas un seul tacotac, pas un seul morpion, pas un seul ticket de loterie, pas un seul tiercé !
Faire un parallèle avec les chevaux ou leurs semblables tout au long du récit, amayenne-p-gase.jpgutant pour parler des planeurs que des véhicules ? Quoi de plus normal, puisque notre département "la Mayenne" a choisi comme emblème Pégase, le cheval ailé .
Vous noterez tout de même que Marc compare son camping car à un destrier (pourtant pas vraiment un pur-sang au niveau agilité dans le chemin tortueux de Montrudbal …) et qu’il avait donc quelque raison de s’inquiéter de la façon dont il allait repartir de l’endroit : de la boue partout ! Même moi avec ma Laguna, j’ai eu quelque peine à me garer sans faire patiner les roues.
Mais question « jeu », il est vrai que je ne rechigne pas à m’amuser avec… les ascendances… et les pronostics de la météo. Dans ce domaine, Marc a sans doute raison !
Chacun son truc, n’est-ce pas !!!
Et quand je « gagne », je suis comme tout le monde : heu----reux !!!
Et si je fais gagner quelqu’un d’autre ?
Je vous laisse deviner !
Bonne lecture.
 
PS : j’ai souligné un certain nombre  de mots utilisés par Marc : ils ont un rapport  avec le monde hippique… Pas mal ! L’ancien instit que je suis aurait mis au bonne note à cette « rédaction » !!!
 
Bernard,  jockey de service !
 
 
Acte 3 et tomber du rideau!
           De : Marc Mottay
Envoyé : mardi 26 février 2008,  22:23
À : Bernard Munoz… et quelques autres membres du CAB…
Objet : Re: VéDéPé
 
En effet,
Si on m’avait dit ce matin que j’allais me retrouver cet après-midi à Montrudbal …
 Mais Bernard en fin météorologue local, tel le turfiste avisé qui épluche les pronostics à la veille d’une grande course, a encore vu juste : du vent de Nord-Ouest modéré à partir de 15h.
Je suis arrivé au pied de l’obstacle sur mon destrier  (le camping car de Marc, NDLR), un peu nerveux, car celui-ci se trouvait sur un terrain un  peu lourd et j’avais un peu de mal à le « driver ». J’ai donc dû le laisser à quelques mètres de la monture de mon ami  ( la Laguna de Bernard) , en différant dans le temps toute autre manœuvre.
Ce n'est donc pas sans une certaine appréhension que je me suis dirigé, chargé tel un mulet, vers le sommet de la colline en pensant « ça commence bien ! Il manquerait plus que je sois bourrin sur les commandes !».
Après quelques pas, je levais le nez au ciel pour apercevoir les cabrioles d’un petit planeur, fougueux comme un pur-sang . Peu de temps ensuite, je reconnus celui qui en tenait les rênes.
Après une petite séance de réglages, mon Easy Glider était fin prêt pour prendre les airs et Bernard me fila les rênes. Pour ceux qui connaissent le savoir faire de notre chef pilote en matière de débourrage de jeunes modèles et qui ont vécu plus d’une fois comme moi ce moment là, la question se pose « L'animal va-t-il trouver en moi un nouveau maître, ou va-t-il m’emmener aux pâquerettes ? »
Et bien tenez-vous bien, tel Pégase qui prend son envol au soleil couchant, il a pris les airs sans aucune ruade.
Je n’ai pas contrôlé le temps de vol, mais ce fut de réelles minutes de bonheur car j’ai retrouvé en toute confiance le plaisir du vol de pente et cela….. sans casse !
logo-lamayenne.gifJe ne joue jamais aux courses mais cet après-midi, j’ai gagné le tiercé dans l’ordre : le savoir-faire de Bernard, le vent de Nord-Ouest et le vol docile de mon Easy Glider.
Marc
 
Fin de la pièce
Les acteurs, pas vraiment à cheval sur les principes,  reviennent pour saluer le public...
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Pégase le cheval ailé:
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9gase_(mythologie)
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Les travaux d'hercules

19 Février 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Un beau jour de printemps, à la saison où fleurissent les meetings, j'étais paisiblement allongé dans l'herbe, attendant mon tour de vol. On a du temps, ces jours-là; on en profite pour admirer les prestations des autres pilotes, on fait des projets d'avenir, on rêvasse. Le pied, quoi! Mais, tendant l'oreille, je crus entendreREVEUR.JPG
 
"Psitt ! Vous, là, le gros !"
Hein, mais qui parle?
Puis, avec un peu plus d'insistance
 "Pssit!!! Oui, vous, qui êtes-vous ?"
 
A ma grande surprise, la voix tonique d'un "fort des halles" prit la parole:
«Moi, c'est Hercules; trois mètres d'envergure, 12 kilos. Qu'est-ce que tu me veux, la donzelle ?
 - Non, ne soyez pas grossier, s'il vous plaît; moi c'est Cirrus, planeur de mon état. Mes mensurations sont on effet plus modestes que les vôtres, surtout du point de vue pondéral. Que faites-vous ici ?
- Moi, j'suis un quadrimoteur, mon vieux. T'en as déjà vu beaucoup sur les terrains de modèles réduits, hein ? J'suis pas n'importe qui! D'abord pour me transporter, il faut une camionnette, où on m'range sur des couvertures, Le confort, mon vieux. Après, faut m'assemblerHercules-C-130-copie-1.jpg. Et là, y'en a pour un moment, avec tout le tas de fils des servos. Et pis, quand tout ça c'est fini, faut faire le plein des quatre réservoirs; ça explique p't-être pourquoi on m'sort que dans les grandes occasions. Mais c'est pas fini : ils sont trois bipèdes autour de moi, rien que pour mettre les moteurs en route. Y en a toujours au moins un qui cale au moment où on croit que j'suis prêt... Ah ça! mon vieux, faut qu'on s'occupe de moi !
 -Ah oui, intervint Cirrus; et il paraît que vous adorez un cocktail nommé carburant m'a-t-on dit?
 
- Ouais, j’adore: neuf doses de méthanol; une dose d'huile. Et j'préfère de loin quand ils me r'filent du ricin. Tiens, imagine, quand ils sont en train de régler mes moteurs; y a toujours un bipède qu'est planté avec les pieds de chaque côté de mon fuselage, les mollets calés dans les stabilos. Ben, j'te jure que son futal, il est beau à la fin de la journée; avec toute l'huile que je dégueule, son grimpant pourrait tenir debout tout seul. C'est sa femme qui doit être contente... au moment du lavage.
- Ah, bon, murmura Cirrus, impressionné par une telle force à l'état brut; ajoutant timidement: moi, je ne pollue pas...
- Ouais, mais comment tu fais pour t'envoyer en l'air ? tonna Hercules
- On me met une boucle en nylon entre les dents et on me demande de me laisser faire jusqu'à ce que, monté très haut, il me suffise de laisser partir le fil. Je n'ai plus qu'à épier les moindres mouvements de l'air et n'en plus finir de redescendre.JEPLANE-copie-1.JPG
- Ah, la chochotte! Moi, si les moteurs calent, j'aime autant te dire qu'il faut que ça redescende, vite fait bien fait. J'ai rien de la libellule. Ce s'rait plutôt style fer à repasser
Tiens, t'es sympa, malgré tout. Mais imagine quand même : quatre moulins qui braillent ensemble. J'commence pourtant à avoir l'habitude; mais à chaque fois ça m'remue les tripes, surtout juste avant le décollage, en bout de piste, quand ils me tiennent la dérive.
- Moi, j'ai horreur qu'ils me tripotent le derrière ! fit Cirrus avec une moue de dégoût.
- Ah, c'est pourtant pas bien méchant. T'es vachement coincé, toi, dis donc!
Enfin.. figure-toi qu'un jour, juste après le décollage, j'te leur ai foutu une trouille d'enfer, aux bipèdes. Servo moteur bloqué, mes quatre moulins plein pot. T'aurais vu leurs tronches ! Enfin, j'ai pas été vache, j'ai eu la bonne idée de caler les moteurs extérieurs puis les intérieurs presque en même temps... mais au bout de vingt minutes, quand même !
Depuis, ils m'ont installé un servo par moteur, et ça va bien, changez rien pour moi !
- Mais au fait, l'atterrissage ? questionna prudemment Cirrus. Quant à moi, vous savez, je suis aérien, je plane, je plane, je plane, et je n'en finis pas de me poser.
- Ah ouais, la libellule, c'est pour ça qu'tu t'es planté dans un arbre tout à l'heure ? "aux pieds" de ton pilote... qui devait chausser au moins du 356! (Rire bien gras et tonitruant de Hercules) Moi, quand j'pose, c'est souvent du style badaboum!
- Mais ça ne vous fait pas mal ? s'inquiéta Cirrus.
- Ah, elle en a de drôles, la donzelle! T'as pas vu mes abdominaux, non? J'suis pas un gringalet, moi, qu'est-ce que tu crois?"
 
Cirrus parut cette fois carrément vexé. C'est vrai qu'il ne pesait pas bien lourd face à notre déménageur Hercules. Et puis se faire traiter de donzelle... Cirruswi2.jpg
Mais il est vrai que sa frêle structure de balsa proche de la dentelle tranchait face à la rusticité de son voisin, qui lui balança soudain:
"T'aurais p't-être intérêt à t'ranger, parce qe j'crois bien qu'ça va être mon tour. Si t'as pas peur, reste, mais j'garantis pas les dégâts !"
 
En effet, "ils" étaient de plus en plus nombreux à s'approcher de Hercules... et on allait voir ce qu'on allait voir.
 
Et moi dans tout ça ?
Toujours allongé dans l'herbe, je n'avais plus qu'à me concentrer très fort, Car mon copain Michel, le constructeur de Hercules, était debout près de moi; il me toisait du haut de son imposante stature. J'étais sur le dos: ses pieds en gros plan me paraissaient démesurément grands par rapport à sa tète. Et il me jetait, avec un large sourire, dans lequel on discernait à la fois le plaisir d'admirer son oeuvre en vol et la crainte de voir s'éparpiller en un éclair quelques "menus instants" consacrés à la construction :
 
" Maintenant, tu te débrouilles !"
En effet, joignant le geste à la parole, il me tendait l'émetteur.
 
Tout comme Cirrus, allais-je me laisser impressionner par Hercules ? Mes travaux ne faisaient que commencer.
 
Ah !...
Il y a quand même des jours où il fait bon rêvasser, allongé dans l'herbe. Non ?
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L'autorité

6 Février 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

L’autorité
 (texte rédigé le 18/11/2005)
 
Qui a dit que l’Autorité   n’était pas de ce Monde ?
Surtout pas moi !
Même si parfois j’eus à en subir certains dérapages… Mais voyons plutôt.
 
Il est un personnage qui incarnait pour moi l’Autorité suprême, incontestée et incontestable. Il se nommait José-Bernardino Duarté. C’était mon grand-père maternel.
D’un simple regard, il savait se faire comprendre. Je ne l’ai que très rarement entendu lever la voix.
Mais quand il prenait la parole, tout naturellement, chacun écoutait le Sage, celui que ses collègues carriers de la Mayenne avaient d’ailleurs surnommé… le Philosophe !
Autre incarnation de l’Autorité : mon père.
A qui une fois je voulus faire partager mon ressentiment sur la justice, ou plutôt l’injustice !
Un jour de classe, j’avais été témoin    d’un épisode au cours duquel le Maître m’avait semblé injuste : il avait puni un élève qui, à mes yeux, ne le méritait pas.
En fin de journée, le cœur gros, j’abordais mon père avec ces mots : « Dis, P’pa, l’maît’ d’école il… » 
Je n’eus pas le temps de finir ma phrase que je me pris « un aller et retour » appuyé par cette sentence paternelle : « L’maît’ d’école, il a eu raison ! »
Je venais de me prendre deux « claques » la même journée ! Je me rengorgeai et me mis à maudire cette trop forte connivence qui existait entre mon instit et mes parents.
Un demi-siècle plus tard, cet épisode a de quoi faire sourire…
 
Puisque nous en sommes à parler « Education »… Mon père fit aussi acte d’autorité lorsqu’il m’inscrivit au Lycée de Château Gontier.
Je me revois assis dans le bureau enfumé du principal. Ce dernier examina mon carnet de notes, et il proposa : « Ce petit, mais il a de bons résultats, je vous conseille donc de l’inscrire en Classique »
Il y avait à cette époque deux filières dès la sixième : les classiques réputés littéraires, et les modernes dont on disait qu’ils étaient davantage matheux.
Ce choix que je jugeai arbitraire me valut de tâter du latin, et de pouvoir me plonger -avec délices ?- dans les innombrables pages de l’épais dictionnaire Gafiot. Moi qui n’ai jamais eu le tempérament d’un coureur de fonds, je me sentis quotidiennement pénalisé par un travail bien supérieur à celui de mes camarades « modernes ».
Mais, assis à côté de mon père dans le bureau du « patron » lors de mon inscription, je n’avais pas encore fini d’être surpris.
Car mon chef de famille asséna ce suprême plaidoyer : « On sort de la Guerre ! C’est d’accord ! Les Boches m’ont bousillé deux fois mon char d’assaut… Mais c’est pas parce qu’on s’est tapé dessus qu’il faut continuer à se haïr. Mon fils fera… allemand première langue ! »
Ah bon ? Moi, qui avais eu la chance de baragouiner l’espagnol en compagnie de mes aïeux, j’aurais largement préféré prospérer dans la langue de Cervantes. Mais il n’y avait pas de prof d’espagnol au Lycée de Chiot !!! On décida pour moi que je m’instruirai avec la langue de Goethe.
 
Dans le domaine de l’autorité non-familiale, il y avait bien évidemment les gendarmes, dont on voyait la paire de bicyclettes passer périodiquement dans le bourg de Chérancé. Et qui s’arrêtaient au café Poché afin de se désaltérer, mais aussi prendre des nouvelles de la population, recueillir quelques infos… Les RG en quelque sorte…
 
Autre autorité un peu plus folklorique en la personne du garde champêtre de Villaines…
Je le revois descendre la rue du Bignon sur son vélo, s’arrêter toujours au même endroit et apostropher les gamins en ces termes :
« Où qu’y sont les meuchants ? »
C’était pour lui une sorte de jeu, relayé par nos parents qui utilisaient le bonhomme à la manière du Croquemitaine.
Le garde-champêtre saisissait son tambour avec lequel il ameutait la population, puis il déployait un papier avec un geste très cérémonieux, et quand il avait jugé que son auditoire était à ses ordres, il procédait à la lecture :
« Avisseeee à la population ! »
Il annonçait les coupures d’eau ou d’électricité, le passage de la benne à ordures, le ramassage des ferrailles … Je crois me rappeler qu’il était aussi chargé des obsèques… avant que chaque famille ne soit informée par un petit   papier nécrologique que tirait l’imprimerie Panaget.
Notre brave garde-champêtre ponctuait toujours la lecture des arrêtés municipaux avec cette phrase devenue rituelle :
« Pour le Mairrrre, l’adjoint… milmarrrrtino »
S’il était spécialiste du roulement de tambour, il l’était également   dans le roulement des « R ».
 
Cette   conclusion me demeura un moment fort énigmatique. Il me fallut un certain temps pour décoder, et je finis par apprendre que le maire de Villaines, c’était Robert Buron*, que ses « affaires » le retenaient à la capitale, et que son premier adjoint était chargé de le suppléer, premier adjoint qui se nommait en réalité Emile Martineau.
 
Son annonce terminée, notre représentant de l’Autorité municipale sanglait le tambour sur son vélo, apostrophait quelques gamins en les sommant de ne pas être « meuchants » jusqu’à son prochain passage, et allait répéter son annonce quelques rues plus loin.
 
Joli temps où la « communication » se faisait de vive voix .
Et où l’Autorité semblait incontestée !
 
 
 
 
*Maire de Villaines la Juhel entre  1953 et 1970
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