Au concours « l’Epine »…
Encore un titre énigmatique me direz-vous…
Pas tant que ça, vous verrez.
En ce mercredi matin où la météo est favorable, je pointe mon vélo en direction de l’Ouest, vu que le vent vient de là : au retour il me sera donc favorable et je l’aurai au portant... ou bien je l'aurai dans le dos; c'est vous qui verrez!
J’arrive à Hambers, et je bifurque à droite, direction le Bois du Tay.
Puis à droite encore, vers la Croix du Hêtre.
J’y suis accueilli par des paons aux couleurs vives qui lancent leur fameux cri : « Léon, Léon… »
Deux chiens se collent à mes basques et vont m’accompagner dans le dédale des sentiers, jusqu’à ce qu’ils me quittent en vue de Montpion.
J’entame alors la descente vers Hambers… Je longe le plan d’eau, et je remonte vers le Montaigu. Dans cette portion de chemin, je m’attendais à trouver des cerises sauvages, les fameuse guignes… mais « la guigne » va se trouver ailleurs, vous verrez !
Toujours est-il que cette année, les fruits à noyaux se font rares. J'en chipe pourtant quelques-uns près de la Chesnaie. Mais ma petite taille ne me permet pas d’effectuer un festin… « Ils sont trop hauts, et bons pour des goujats, » aurait dit le Renard de La Fontaine !
Je poursuis ma balade dans les chemins creux, secs, secs, secs… même aux endroits où je rencontre d’habitude d’énormes flaques…
Et tout à coup, un bruit qui se répète à chaque tour de roue. Un branchage vient de se prendre dans les rayons
de la roue avant. Je m’arrête afin de m’en débarrasser… mais… surprise !
Au bout de ce petit morceau de bois… une épine, qui s’est enfoncée dans le pneu. Grosse épine, dont le diamètre m’impressionne déjà.
Prudemment, je désolidarise épine et branchette, car si je retire cette « pointe », cela va faire « pfffftttt » d’un seul coup, et je serai immédiatement à plat. Je laisse donc l'épine en place...
Je continue toutefois mon chemin en surveillant l’état de gonflage du pneu.
Et c’est à ce moment que s’offrent à moi de jolies guignes bien noires. Je peste, car l’heure n’est plus aux dégustations futiles. C’est qu’il convient de rentrer au plus vite.
Carrefour des Pommiers, et j’entame alors la descente vers Bais.
Cependant, je ne peux me détacher de cette question qui me taraude : « Combien de temps resterai-je en selle avant de devoir mettre pied à terre? »
Mais je constate avec satisfaction que l’air semble s’échapper très lentement…
La Haute Beucherie.
Je passe devant son occupante anglaise qui doit bien se demander pourquoi aujourd’hui je file comme un sauvage…
Le délicieux petit chemin et son ruisseau, eux aussi, ne m’ont jamais vu filer à pareille allure. D’habitude, lorsque je suis arrivé là, je prends très largement mon temps pour savourer les derniers instants de mon périple. Qui plus est en descente…
Débouchant de la Beslière, je «boude» le magnifique panorama qui s’étale sur ma gauche.
Et je rejoins la route du Montaigu pour bifurquer à droite… mais mon pneu est maintenant trop dégonflé, ce qui génère une très mauvaise tenue de route.
Je suis donc contraint de stopper face au calvaire (le bien nommé !), et je sors la mini pompe destinée à remettre un peu d’air dans la chambre.
Puis j’enfourche à nouveau mon destrier afin de poursuivre la descente vers Bais, dont j'aperçois enfin la pancarte !
Rue Henri Quentin, son charmant lavoir fleuri…
L’église.
Le marché…
C’est là que je rencontre mon épouse, à qui je montre ma roue avant.
Elle éclate de rire ! (Inutile de s'étaler sur cette pointe d'humour, je suis déjà assez crevé !)
Mais je l’abandonne bien vite afin d’effectuer les derniers 400mètres… que je dois me résoudre à faire de façon pédestre. Et presque à bout de souffle !
J’arrive à la maison… sur la jante.
Jamais je n’aurai réalisé une réparation aussi rapide ! (Serait-ce suffisant pour figurer dans le livre
des records ?)
Je n’aurai même pas à démonter entièrement chambre + pneu afin d’effectuer la réparation.
Pas même besoin non plus de jouer à faire des glouglous dans l’eau avec la chambre pour trouver où se trouve le trou !
Et en retirant l’épine, une énoooorrrrme surprise m’attend.
La bougresse mesure pas loin de 3 cm !!!
Sans doute issue d’un acacia… Vous savez ces fameux arbustes dont je vous ai vanté dernièrement les douces senteurs de miel qu’exhalent leurs fleurs blanches !
Me poignarder le pneu.. Ah ! Ces acacias ont une façon bien bizarre pour me remercier de leur «avoir jeté des fleurs»…
Mais la taille de cette « pointe » ne me permettrait-elle pas d’entrer au livre des records, voire participer au concours…l’épine !
Bref..
J’ai réparé très rapidement…
En pensant à l’un de mes derniers cadeaux de Noël !
N’est-ce pas, Florence-la-malicieuse, toi qui en guise de blague, suite à mes crevaisons répétitives du
printemps dernier, m’avais offert une maxi bombe destinée aux pneus de voiture.
Bombe dont j’aurais peut-être dû me munir cette fois-ci!!!
Mais je me demande quand même si ce n’est pas ce cadeau qui m’a porté la guigne...
-------------------------------------------------------------------------------------------
PS à l'intention des grands et petits inventeurs:
Vous qui participez au concours Lépine... Sauriez-vous mettre au point un pneu quasi increvable, mais pas en caoutchouc plein quand même!
Je sais toutefois qu'il existe des pneus renforcés kevlar, mais dont le prix m'est déraisonnable.
Pour ma part (quand je n'oublie pas de le faire), j'utilise des chambres munies d'un liquide destiné à colmater la fuite et ainsi retarder la perte d'air. Ma roue arrière en était équipée, mais cette fois j'avais omis d'en faire autant pour ma roue avant…