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Platon et l'intelligence artificielle

24 Octobre 2026 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

 

A propos de l'IA...

 

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Platon et l'intelligence artificielle

L’IA « pharmakon » : concilier innovation et sobriété
La notion de pharmakon, que Bernard Stiegler reprend de Platon et de Jacques Derrida, est au cœur des réflexions sur notre rapport à la technique. Le terme grec pharmakon signifie à la fois poison et remède, soulignant la double potentialité de toute invention : bénéfique si elle est pensée avec discernement, néfaste quand elle est adoptée de manière irréfléchie.


Cette ambivalence se retrouve pleinement dans le champ de l’intelligence artificielle (IA), dont la progression rapide soulève des défis écologiques et éthiques. Comment éviter que l’IA ne sape notre environnement à force de consommer d’immenses ressources ? 

Le pharmakon stieglerien appliqué à l’IA
Poison : la fuite en avant
Pour Bernard Stiegler, la technique peut devenir un poison lorsqu’elle est développée sans souci de régulation ou de finalité collective. Dans le domaine de l’IA, cela se traduit par :

Une consommation massive d’énergie (entraînement de modèles géants, fonctionnement permanent des data centers).

Un épuisement de ressources matérielles (métaux rares pour les serveurs, production effrénée de nouveaux terminaux).

L’absence de réflexion sur la pertinence sociale ou écologique de certaines applications.

Remède : l’innovation responsable
À l’inverse, Stiegler estime que la technique peut devenir un remède lorsqu’elle est pensée dans une perspective critique et qu’elle s’inscrit dans un projet collectif d’émancipation. L’IA frugale s’inscrit dans cette logique :

Donner du sens : Développer des solutions IA répondant à des besoins réels (sécurité alimentaire, santé, préservation de la biodiversité…).

Rester lucides sur les usages : Éviter la fuite en avant technologique et encourager des approches adaptées au terrain (edge computing, entre autres).

Encourager l’intelligence collective : Mobiliser les acteurs publics, privés et la société civile pour fixer des normes ou des standards de sobriété (ex. étiquetage énergétique, sélection des projets IA selon leur impact global).

L’IA frugale : un remède face à la surconsommation ?
L’IA frugale consiste à optimiser l’empreinte environnementale des technologies d’IA, sans sacrifier leurs atouts fonctionnels. 

Elle se décline en plusieurs axes :

Sobriété énergétique : Développer des algorithmes moins gourmands en calcul (réduction du nombre de paramètres, entraînement local, etc.), tirer parti de l’edge computing, et privilégier des infrastructures efficientes.

Parcimonie de la donnée : Opter pour des approches d’apprentissage par transfert (transfer learning), de few-shot learning ou de méthodes de compression (pruning, quantization) afin d’éviter la collecte et le stockage de gigantesques volumes de données.

Éco-conception : Réfléchir à toutes les étapes de la chaîne de valeur (de la programmation au déploiement) pour limiter l’impact global, en intégrant des pratiques d’écoconception logicielle et matérielle.

De cette manière, l’IA frugale se veut remède, dans le sens d’un usage raisonné de la technologie, visant à réduire la consommation énergétique et à préserver les ressources naturelles.

Platon et l'intelligence artificielle
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"L’humain est un être technique : L'homme n'utilise pas seulement des outils ; il est humain par ses outils (depuis le silex jusqu'au langage et au numérique)."

Platon et l'intelligence artificielle
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