Près du Canal de Nantes à Brest
Si vous avez déjà consulté mon blog, vous ne serez pas surpris d'apprendre que j’adore pédaler le long des voies navigables.
Chacun semble y prendre son temps… et surtout…on y fait parfois des rencontres rares !
En ce début juillet 2011, je disposais d’un grosse dizaine de jours, et je ne souhaitais pas faire trop de km en voiture.
Après consultation de quelques sites Internet, j’ai jeté mon dévolu sur une portion du Canal de Nantes à Brest… direction Malestroit dans le Morbihan.
Cette petite ville offre au regard du promeneur de vieilles maisons à colombages qui valent le détour..
Et pour un modeste pédaleur dans mon genre, de nombreux circuits sont aménagés : j’ai particulièrement apprécié la voie verte « récupérée » d’une ancienne ligne de chemin de fer.
Parcours très roulant, qui permet même à des pratiquants du skate ou du « ski à roulettes » de s’adonner à leur activité
favorite.
J’ajoute que le balisage y est remarquable, et que l’on trouve de place en place des abris, avec tables pour pique-niquer ainsi que de très confortables sanitaires.
Au cours de mon bref séjour, j’ai eu le plaisir d’effectuer de curieuses rencontres…plus ou moins insolites… surtout sur le halage.
Partout, j’ai croisé des vélos, avec ou sans remorques... Des familles entières...
Des promeneurs solitaires … Des cavaliers... et aussi deux ânes qui attendaient sagement leur(s) propriétaires(s)!
Vers Montertelot, j’ai été charmé par une charrette que tirait un cheval nain : il promenait deux fillettes rieuses…
Près de St Congard, aux portes d’une écluse abondamment fleurie comme toutes les autres, je tombe un jour sur deux Anglais ; ils se déplacent à l’aide d’un très joli petit bateau en bois vernis; si petit, qu’il n’y a pas la place pour y dormir... Mais l’écluse est sans éclusier...
«Only the dog !!!!»
Seul le chien les accueille. Ils prennent cependant leur mal en patience. L'un des navigateurs ne tient-il pas un gros bouquin à la main???...
Il a tout son temps… « Wait and see» … me dit-il!
Ah, le flegme britannique.
Un matin où il bruine à Malestroit... un couple abrité sous la toile d’un petit bateau tue le temps en se livrant à une partie de scrabble.
Il me semble alors que chacun utilise « son » bateau en fonction de ses envies et/ou de ses moyens.
Le plus bel exemple m’a été offert lorsque j’ai croisé un convoi de trois embarcations totalement différentes. (cliché
ci-dessous).
En tête du cortège se trouvait une classique péniche de location. Juste derrière, un petit catamaran tout rouge de construction personnelle promenait un couple plus très jeune. Et tentant de doubler les deux premiers sans trop faire de vagues, un puissant bateau de mer muni d'un gros moteur hors-bord. Obligé de ralentir, car les vagues inhabituelles qu'il générait auraient peut-être envhai le petit catamaran!
Trois façons bien différentes de naviguer… Mais parmi ces navigateurs, lesquels éprouvaient le plus de plaisir ????
A chacun sa réponse.
Naviguer, c’est bien joli, mais le soir, à l’étape, que peut-on faire ?
C’est ainsi qu’à la fin d’une journée ensoleillée, près du camping j’entends binious et bombardes : des vacanciers ont accolé leurs deux pénichettes de location... et certains soufflent dans leurs instruments... alors que les autres dansent sur le quai.
Faut bien se dégourdir les jambes quand on a passé plusieurs heures sur un bateau... N'est-ce pas?…
En revanche, la marche ou le vélo, ça creuse ! Il est donc nécessaire de se restaurer convenablement.
C’est ainsi qu’un midi, près de la mairie de Malestroit, je découvre quelques vélos adossés le long d'un mur en L, et des jeunes filles tentant de se mettre à l'abri... un camping gaz à même le trottoir... en train de faire chauffer leur repas! Faut dire que ce jour-là, le vent et la bruine étaient au rendez-vous !
Mais parmi ceux qui marchent ou pédalent, certains choisissent la solution de facilité
La preuve, où un autre midi, des randonneurs sont installés à la table voisine de la nôtre ; ils s’offrent le restaurant : trois pédaleurs (français et anglais), et un marcheur qui ne peut masquer son origine canadienne, « trahi » par son accent. Ils évoquent le canal du Midi, les chemins de Compostelle. Aux pieds du Canadien se trouve un lourd sac à dos, d'où pend sur l'arrière une jolie coquille Saint Jacques, entourée par… deux godasses crocs !
Ah ! marcher, c’est bien, mais c’est sûrement moins difficile de se faire dorer au soleil sur le pont d’un bateau…
J’en veux pour preuve le réjouissant spectacle offert par cette pénichette remplie de « grâces » plus proches des femmes de la Renaissance que des mannequins actuels... et qui « embaumaient » la crème solaire.
Mais le canal réserve encore bien d’autres surprises.
Il suffit de savoir observer, s’arrêter, prendre son temps…
Pour découvrir qu’un des nombreux pêcheurs fréquentant les rives de l'Oust avait mis son vélo sur béquille… utilisant une longue guignette en bois dont la fourche maintenait la barre de cadre. Et pourtant, notre taquineur de poisson semblait équipé d’un matériel de pêche super sophistiqué !
Plus rare est le spectacle offert par le camping de Roc Saint André, où l’on peut louer, pour y passer la nuit, une magnifique caravane de collection. La plus ancienne datant de 1932…
Mais il m’arrive aussi d’être moi-même l’objet du spectacle… C’est ce qu’a dû penser cet Anglais, qui, à Josselin, était mort de rire en me voyant à 4 pattes sur le trottoir afin de cadrer mon appareil photo en retardateur ! Il n’a bien évidemment pas raté l’occasion de me photographier... pour me proposer ensuite de me tirer le portrait en compagnie de mon épouse…
Sous l’imposante silhouette du château des Rohan, la restauration d’une péniche entreprise par deux Ecossais m’a
fortement impressionné. Transformée en hôtel « croisière de luxe », elle était
accostée à Josselin… et faisait l’objet de nombreux commentaires.
Et que dire enfin de ce spectacle insolite d’une nonne à vélo, tenant son chapelet dans la main droite… Et cette autre, marchant d’un pas alerte, chapelet dans le dos…
Cherchaient-elles le chemin du Paradis ?
Toujours est-il qu’en 8 jours, j’ai parcouru environ 300 de km de halage, voies
vertes ou chemins de campagne, que j’ai apprécié les écluses fleuries…
Mais, n’ayant effectué que la portion entre Redon et les portes de Rohan… il me reste encore une imposante partie du canal à « visiter »…
Ce sera pour une prochaine fois !!!
Avec toujours autant de plaisir… du moins, je l’espère !!!!