billet d'humeur
Donner son temps
Donner son temps...
Voilà bien une expression qui me taquine.
Combien de fois ai-je entendu des gens qui, s'exprimant sur leur engagement dans une association caritative, sportive ou autre, ne manquent pas de dire :
« Je donne mon temps en faveur de... »
En ce qui me concerne, et tant pis si vous prenez cela pour de l'égoïsme, je ne donne pas mon temps, et je ne souhaite pas le donner.
D'abord parce que je ne le maîtrise pas totalement, qu'il me file entre les doigts…
Et qu'il arrivera un jour où mon sablier s'arrêtera définitivement de couler.
Cela voudra dire que je suis parti pour mon ultime voyage, celui dont je n'ai encore jamais vu personne revenir !
« Alors, me demanderez-vous, si tu ne le donnes pas, que fais-tu de ton temps ? »
Disons que je tente de l'occuper aussi fertilement que possible, pour moi, d'abord.
C'est ainsi que je m'adonne à mes multiples passions que sont entre autres la lecture, la marche, le VTT, l'aéromodélisme, l'informatique, la photo…
Sans oublier ma famille, mes amis...
Mais, et vous l'aurez sans doute remarqué, je ne manque pas de partager ce temps au travers de certaines publications, ou de certaines activités.
Ne me dites surtout pas que je me pose en donneur de leçons.
Leçons à propos desquelles mon métier aurait pu me fournir un piédestal... une estrade.
Car même du temps où j'avais devant moi une assemblée de têtes blondes, je n'ai jamais pensé que j'avais des leçons à donner.
J'avais des savoirs à partager. J'avais des valeurs à partager. J'avais mon plaisir d'enseigner à partager.
J'avais certes des domaines de connaissance où j'étais plus performant que mes élèves.
Mais je n'ai jamais oublié qu'ils pouvaient eux aussi m'apporter quelque chose.
Ce fut souvent le cas… et ce ne sont pas mes dernières rencontres qui vont me permettre de penser le contraire !
Le monde de l'éducation ? Je le voyais comme un monde d'échanges…
Tout comme le monde associatif, et même l'univers caritatif.
Je n'ai aucunement l'intention de dénigrer celles et ceux qui s'engagent sur cette voie, mais vous ne m'empêcherez pas de vous demander si, dans votre entourage, vous n'avez jamais connu des gens qui s'investissent pour servir, certes, mais également pour se servir…
Se servir, par exemple, d'une notoriété que va leur conférer leur nouveau rôle.
Jusqu'où vont-ils placer le curseur ?
Entre celui qui « se donne » sans compter, et celui qui, même tacitement, espère un retour sur investissement... il y a toute une palette.
En cette période où la France vient d'être durement touchée dans sa chair par les attentats du 13 novembre 2015, où les gens éprouvent le besoin de se rapprocher, de partager leur peine, peut-être trouverez-vous mes propos déplacés.
Mais je voulais tout simplement vous faire partager ma réflexion…
Peut-être est-ce une façon pour moi d'offrir à mon esprit une sorte d'évasion par rapport aux tourments environnants.
Et signifier avec force que l'être humain a sûrement davantage à gagner en partageant qu'en s'opposant...
Signé: Bernardino, l'utopiste de service
La revanche de mes trémières
Si vous êtes habitué(e) de ce blog, vous savez la passion que je "nourris"(?) pour les roses trémières.
J'ai essayé d'en faire pousser un peu partout... chez moi, et même en dehors... y compris le long de certaines artères de mon village. Faites une petite recherche sur mon blog, et vous comprendrez...)
Sauf que certaines plantes se sont installées dans des endroits à risques.
Je veux bien entendu évoquer celles qui ont émergé le long de la clôture entre ma parcelle et l'herbage voisin.
A plusieurs reprises, les bovidés ont montré qu'ils nourrissaient eux aussi une passion "dévorante" pour les trémières... au point de les bouffer toutes crues!
Pour exemple:
Mais hier, en procédant à quelques travaux d'entretien sur mon talus, je découvre...
A côté d'un queuton "rouché" par les ruminants et complètement desséché, je découvre deux toutes jeunes fleurs qui tentent timidement de faire leur place au soleil.
C'est vrai qu'à deux, on se sent un peu plus fort(es), sans doute!
Et moi, tout guilleret, je me dis que ces pousses encore frêles ont bien du courage de vouloir montrer leur museau... parce que dans l'herbage voisin se trouvent encore de jeunes bovins, qui ne manqueront sans doute pas, le moment venu, de leur faire la fête .
Quoi qu'il en soit, je considère cette nouvelle poussée de vie comme étant la revanche que prennent mes trémières face à un adversaire nettement plus "gourmand" qu'elles.
Et pendant ce temps, frétillante de joie en raison de la clémence des tempratures, une abeille butine sur une fleur de pissenlit.
Jolie Nature, qui offre à celles et ceux qui prennent le temps de l'observer, de bien belles images, n'est-ce pas?

Tout ça pour une noix!
Il arrive parfois qu'on soit témoin d'un spectacle insolite.
Figurez-vous que je descends tranquillement la rue de Oy-Mittelberg.
Au-dessus des maisons qui se trouvent sur ma gauche, une nuée de corvidés, qui braillent... virevoltent.
Je continue à descendre, quand au milieu des croassements, je vois tomber quelque chose, qui touche le sol avec un bruit sec.... roule sur le goudron et finit sa course dans le caniveau.
Aussitôt, j'aperçois plusieurs masses noires qui plongent, se laissant même carrément chuter tel un caillou.
Et je comprends alors que l'enjeu de leurs querelles se trouve être... une noix!
Je savais déjà que les corvidés étaient des oiseaux dotés d'une cervelle.
J'avais déjà entendu dire qu'ils étaient en mesure de laisser tomber leur cueillette afin que la coquille se brise sur le sol.
Mais là, je me trouvais face à une situation assez particulière... où plusieurs individus se battaient pour de la nourriture!
Et alors, me demanderez-vous, comment s'est terminée l'histoire?
C'est que si les corvidés ont la réputation d'être des petits malins, j'en connais d'autres qui ne sont pas moins futés.
J'ai donc accéléré le pas.
Ce que voyant, les oiseaux ont bien vite repris la voie des airs... et moi, j'ai ramassé la noix, avec une certaine satisfaction.
Elle était intacte!
Passant alors devant la boulangerie toute proche, je rencontre deux ouvriers qui me disent.
"Nous aussi, on a bien vu le manège, et on a nettement entendu le bruit de la noix touchant le sol. Mais vous avez été plus rapide que ces bestioles!"
Et ma noix? Qu'est-elle devenue?
Ben en revenant à la maison, après avoir conté l'histoire à ma femme, je l'ai cassée (la noix bien sûr!), et je l'ai dégustée.
Elle était délicieuse.
Mais avouez que c'est curieux: elle avait malgré tout un goût étrange... venu d'ailleurs!*
----------------------------------
* PS1: référence à une publicité des années 70 pour une boisson dont le slogan était:
"Gini bitter lemon tonic
Un goût étrange venu d'ailleurs"
PS2: un de mes lecteurs me faisait remarquer que, en faisant référence à la pièce de Jean Giraudoux intitulée "La guerre de Troie n'aura pas lieu", j'aurais pu jouer sur les mots et adopter ce titre:
"La guerre des noix n'aura pas lieu!!!"
Le vététiste babillard
Par tous les saints!
Mais ce matin de premier novembre est très ensoleillé. Frisquet, mais ensoleillé, du moins à Bais.
J'enfourche donc mon VTT et me voilà parti en direction de Loupfougères. Chaudement vêtu, et ganté comme il faut.
Plus je m'approche de ce village, plus je pénètre dans une brume épaisse... ce qui accentue l'impression de fraîcheur.
Je parviens à la gare, et le temps de me désaltérer, sortir l'appareil photo... pffftttt... la brume s'évapore presque instantanément. Laissant même apparaître la lune!
Puis je m'engouffre dans le tunnel végétal que constitue la voie verte.
Au sol, on peut remarquer un patchwork très différent en fonction des arbustes qui bordent le chemin.
Et tout en pédalant gentiment, je parviens à la gare de La Chapelle au Riboul, qui se dégrade chaque jour davantage.
Toujours sous l'emprise du monde végétal, je finis par en déboucher vers Marcillé la Ville, où je retrouve le minéral avec la route goudronnée.
Arrêt dans le bourg de Grazay, juste à côté de l'église.
Je me désaltère, et je remarque soudain la pierre sur laquelle je suis assis.
Pierre que l'on trouve souvent près du porche des églises.
Les plus avertis de mes lecteurs auront déjà trouvé à quoi servait ce promontoire minéral...
Et je reprends la route... pour retrouver, juste à l'entrée du bois de la Guesnerie, les épouvantails qui ornaient le champ de maïs. En vue d'un éventuel recyclage?
Epouvantails à recycler?
La chapelle de Doucé, puis Jublains, où à défaut de rencontrer une pierre similaire à celle de Grazay, il m'est possible d'admirer une stèle gauloise.
Je ne peux cependant pas m'empêcher d'aller saluer mon copain le soldat gallo-romain.
Rituel, n'est-ce pas?
Observez bien les ombres au sol... On y voit la mienne, celle du soldat, et même celle de la canne selfie!
La température monte gentiment. Presque 18°...
Et hop, je pointe ma roue avant en direction de Hambers... où je rôde près de l'église sans dénicher "LA" pierre en question. Ai-je mal cherché?
A défaut, j'effectue le tour du plan d'eau où se trouvent de nombreux pêcheurs...
Et je prends la direction de Bais... où j'ai bien l'intention de m'arrêter près de l'église, car je sais que je vais y trouver une pierre, un peu semblable à celle de Grazay.
Alors, me direz-vous, mais c'est quoi cette pierre?
Il s'agit vraisemblablement de ce que l'on nomme une pierre babillarde.
C'est sur cette estrade que se juchait le garde-champêtre à l'issue des cérémonies religieuses.
En annonçant les nouvelles du village... il préfigurait le JT de 20 heures!
Et alors pourquoi serais-je un vététiste babillard?
Sans doute parce que je prends plaisir à causer... et à diffuser "mes" nouvelles.
Mais je vous laisse maintenant ergoter sur le sens de babillard... et vous me direz si mon propos relève davantage du babillage que du bavardage!
A moins que ce ne soit l'inverse!
http://www.notrefamille.com/dictionnaire/definition/babillard
Toujours est-il que j'ai effectué un parcours de 42 km, et que je suis rentré à la maison avec 4 barres sur 5. Ce qui signifie que je n'ai guère tapé dans les réserves de la batterie dont est doté mon VTT électrique!
Témoignage reçu suite à l'édition de cet article:
Je confirme: c'est bien la pierre babillarde. Quand j'étais gosse, j'ai vu le garde champêtre, après un roulement de tambour, annoncer:
"Avis à la population... etc etc.... "Je ne suis pas sûr qu'à Bais ce soit le garde-champêtre, ce devait être un menuisier qu'on appelait gars Petit. Il faudrait interroger les plus anciens.Bon allez, à la prochaine sortie.M.R.
Lutter contre le cancer du sein
A un moment du parcours, nous avons croisé un immense peloton de coureurs... se terminant par la "voiture-balai"...
Mais chacun semblait heureux d'avoir milité pour une bonne cause.
Smartphone en guise de télécommande

Que sera l'Ecole de demain ?
Vaste question, que je me suis moi-même posée plusieurs fois au temps où je gérais une classe.
J'espère que cette interrogation n'est pas rare dans le milieu enseignant.
Mais bien d'autres têtes pensantes ont été confrontées à cette lancinante question. Avec plus ou moins de certitudes... face à des gens parfois bien décidés à perpétuer ce qu'ils ont eux-mêmes connu en tant qu'élèves.
Pour ma part, je me suis dit qu'un bonhomme comme Célestin Freinet avait déjà eu le mérite de casser un certain nombre de rigidités… et que sa pédagogie méritait qu'on y prête attention.
Je m'en suis largement inspiré, en mitonnant ma propre façon de faire avec des essais, des erreurs, des tentatives que je trouvais réussies, et d'autres pour lesquelles il me faudrait revoir ma copie.
Curieuse alchimie que la pédagogie.

Et puis l'informatique est entrée dans les classes.
Ah, il est bien loin le temps où l'Education Nationale nous fournissait des Thomson TO7.
Mes anciens élèves m'en parlent souvent avec émotion.
Mais, épris de nouvelles technologies et très curieux de nature, j'ai très vite compris que cet outil deviendrait incontournable.
Vers la fin de mon parcours professionnel, j'ai encore davantage senti que le modèle d'enseignement où règne le cours magistral avait du plomb dans l'aile.
Car l'enseignant devenait de moins en moins la seule source du savoir.
Les élèves picoraient des connaissances ailleurs qu'à l'école, et je ressentais l'impérieuse nécessité de réformer encore davantage ma pratique pédagogique.
J'ai quitté le navire « Education Nationale » au mois de juin 2000… mais je continue de garder un œil sur la machine éducative. D'ailleurs, ne devrait-on pas plutôt appeler ce ministère « Ministère de l'Enseignement " ?
Peu importe.
Je sens pourtant poindre chez toi, cher lecteur, une interrogation toute simple :
« Pourquoi diable ce bonhomme maintenant à la retraite se taraude-t-il encore la cervelle avec toutes ces questions ?
Et pourquoi nous en fait-il part aujourd'hui ?
Le besoin d'en parler est né suite à la lecture d'une revue intitulée Clés.
L'un des contributeurs déclarait tout de go qu'il fallait casser le modèle de l'école actuelle pour en créer un autre. Les protocoles pédagogiques sont sclérosés, ajoutait-il, et beaucoup d'élèves décrochent...
En dehors des cours magistraux, l'émulation et la collaboration entre pairs stimulent l'apprentissage…
Mettre en œuvre une nouvelle pédagogie, individualisée…
L'école n'est plus le lieu où l'on apprend, mais où l'on interagit avec le prof et entre élèves...
Je me suis alors dit qu'il y avait certainement du vrai dans ces paroles.
Et l'auteur récapitulait ses propos en dessinant ce que devraient être à ses yeux les compétences pour le XXIème siècle :
-
Savoir chercher, sélectionner et trier l'information
-
Développer sa créativité en encourageant l'expérimentation et le questionnement, en dédramatisant l'erreur. (souligné par mes soins)
-
Maîtriser le travail collaboratif et transdisciplinaire.
Petitement, c'est sans doute dans cette voie que je m'étais engagé, avec toute la passion qui fut la mienne au long de ces quelques décennies où j'ai exercé le beau métier d'instit'.
Encore faut-il donc que les enseignants soient eux-mêmes passionnés par leur métier.
Et pour corroborer mon propos, quelques pages plus loin, je trouvais ce témoignage :
« Je n'ai jamais rien retenu de profs qui n'étaient pas passionnés : pour enseigner une quelconque matière, il faut avoir pour elle les yeux qui brillent. »
Lorsque j'étais enseignant, ai-je eu les yeux qui brillaient ?
Je l'espère!
Et les ai-je encore qui brillent ?
C'est à vous de juger.
Mais face à la montée en puissance des outils numériques, il me semble indubitable que l'école du XXIème siècle devra modifier ses pratiques.
J'aime la galette...
...J'aime la galette
Savez-vous comment?
Quand elle est bien faite...
C'est sans doute ce que j'aurais pu chantonner l'autre soir, où, revenant de chez mon fils, j'entends un drôle de bruit... et quelques secondes plus tard j'éprouve l'étrange sensation que la direction se comporte bizarrement.
Je stoppe mon véhicule sur le parking d'une entreprise de travaux agricoles.
Et je me dirige sans sourciller vers la roue avant gauche... que je ne suis pas surpris de trouver complètement à plat!
Quelques jurons afin de bien entamer la galère qui s'annonce.
Parce qu'l fait nuit... et qu'il va donc me falloir effectuer le dépannage à la simple lueur d'une lampe LED.
C'est alors que je vois sortir du magasin quelques beaux gaillards, qui me demandent...
J'ai juste à leur montrer mon pneu.
"Filez-nous la galette qui est dans le coffre..." me lance l'un d'eux!
La "galette", ainsi nomme-t-on parfois la roue de secours d'une dimension moindre que la roue d'origine: elle est là pour dépannage uniquement.
Et pendant que je plonge dans mon coffre à la recherche de la galette, du cric, de la manivelle... je me retrouve soudain éclairé presque comme en plein jour.
L'un des compères s'est prestement installé au volant d'un tracteur stationné près du hangar, et tous phares allumés, il éclaire ses compagons dont l'un tourne la manivelle du cric, l'autre desserre les écrous...
Bref, en deux temps trois mouvements...
Et une fois que la roue est sortie de son emplacement, on découvre un trou de presque un centimètre de diamètre!
Ah, c'est sûr, le pneu a dû se dégonfler en un rien de temps.
Aussi vite qu'ils avaient démonté, mes gaillards installent la galette... et pour les quelques kilomètres qui me restent à parcourir afin de rentrer chez moi, ils me souhaitent bonne route.
"Comment vous remercier...
- Ben vous avez eu de la chance que ce soit vendredi soir: on fête toujours la fin de la semaine, c'est pourquoi on était encore là... Mais si vous voulez nous faire plaisir...
- Offrez-nous l'apéro la semaine prochaine!" lance alors un des compères.
Je prends note de leurs souhaits, et je leur promets donc de revenir avec une bouteille de boisson anisée... Breuvage qui "blanchit" si on y ajoute de l'eau...
Samedi matin... je file chez mon garagiste et je lui montre le pneu.
"Ben, pour que ça fasse un trou pareil, vous avez sûrement chopé une bout de ferraille... et pas un petit!"
Tentative de réparation par l'extérieur avec un mèche... Résultat peu probant.
Il faut démonter le pneu et utiliser un "rustine" interne.
La réparation est effectuée en une petite demi-heure.
Mais, imaginez que cette crevaison se soit produite en pleine campagne... sans lumière ou presque...
Et puis est-ce que mes petits bras auraient été en mesure de desserrer les écrous?
Bref, je m'en tire à bon compte... et j'aime maintenant encore davantage la "galette"... si... si!!!
-------------------------------------------------------
PS: suite à ma mésaventure, j'ai reçu ce simple mail:
Ben dis donc, ils sont sympas dans ta campagne 
Il est en effet très réconfortant de rencontrer des gens pour qui solidarité n'est pas un vain mot.
Merci messieurs!!!







/image%2F0552751%2F20151101%2Fob_ae7707_voie-verte10.jpg)
/image%2F0552751%2F20151101%2Fob_d3a19e_voie-verte11.jpg)





