humour et modelisme
Attelle-toi !!!
Aujourd’hui, je suis allé faire du vol de pente à la Roche...Pour se rendre au site, il faut emprunter pendant 800 mètres un petit chemin creux typique de notre région de bocage.
Le vent siffle dans les feuilles et de nombreuses odeurs automnales flattent les narines. Ma femme s’arrête un instant pour cueillir des châtaignes. Au détour du chemin, comme réunies pour un congrès, des amanites tue-mouches égaient le sol brun avec leur chapeau rouge tacheté de cloques blanches. Plus loin, des prunelles, quelques lactaires, puis deux cèpes, des russules… puis une odeur caractéristique : il y a un phallus-puant dans les parages. Quelques dizaines de mètres encore: le champignon est là, effectivement tapi dans la haie, qui empeste l’atmosphère.
J’'étais avec le Prodij, planeur que j'avais remis en état suite à sa collision en vol cet été au Ménez-Hom avec un Flamingo... Là où mon copain JPP, pourtant "Maître-es-tissu de verre et résine" m’avait dit :
« Ben mon vieux, dans l’état où il est, moi, je ne m’attellerais même pas à envisager une remise en état ! »
Mais faut pas me dire des trucs comme ça… Retour de vacances, j’avais donc retapé mon Prodij, et je comptais bien l’essayer maintenant qu’il était entièrement rénové.
Premier lancé... Beurk, les trims sont dans les coins, le centrage sans doute un chouïa arrière et les débattements de la profondeur astronomiques! (j'ai refait des stabs neufs, avec de nouveaux guignols…) Tentative d'atterro, le bidule part en glissade... il fuse sur l’herbe mouillée, part en travers, cheval de bois, coup de fouet sur le fuseau... et crac! Recassé là où il l'avait déjà été!!! Merdreerrererrrre!!!
Il ressemble pour l'heure à ces hélicos embarqués dont on replie la poutre de queue vers l’avant afin qu’ils prennent moins de place dans les soutes du porte-avion.
« Attelle-toi à le réparer, maintenant ! »
Mais j’ai omis d’emporter de la colle rapide.
J'avise alors une branchette, puis une seconde, et muni de mon rouleau d'adhésif... ben je lui colle une attelle. Puis une deuxième !

Je tâte… Ouais, ça me semble suffisamment rigide. Je règle centrage et débattements, et je jette. C’est alors que mon pied droit glisse sur une touffe d'herbe grasse… et me voilà genou gauche en terre, dans la parfaite position du joueur de curling qui vient de mettre son bloc en glissade… et qui l’accompagne un temps sur la glace !!! Sauf que je n’avais pas de partenaire devant avec le petit balai pour faire glisser plus loin ! Je finis par m'affaler dans le pré (voir sur la photo genou gauche du pantalon). Pendant ce temps, le planeur est en l'air...docile, il s’élève gentiment. Malgré tout, quelques jurons fusent à nouveau. Juste le temps de me rétablir et de reprendre les commandes.
Deux lancers, deux foirés!!!
Mais une fois en l'air ce Prodij a retrouvé tout son charme.
Ma femme me rejoint quelques minutes plus tard… elle n’a pas vu mes attelles !
Et me dit que mon planeur va vraiment bien. Je lui annonce cependant qu’elle aura une surprise lorsqu’elle le verra de près !!!
Il a volé 40 minutes et il m'a à nouveau ravi. Il est juste un poil plus titilleux au niveau du décrochage, puisque un poil plus lourd.
J'ai récupéré la bestiole... C’est alors qu’Annie éclate de rire en voyant comment j’ai réduit la fracture !!!!
Fort gais tous les deux, nous revenons à la voiture.

Nous y avons trouvé les gens du lieu, qui nous ont invités à ramasser des noix. « Vous pouvez y aller, notre provision est faite pour nous, notre famille… On a ce qu’il nous faut, et bien au-delà !!! »
Nous avons donc engrangé un gros sac de noix fraîches.
Et comme il se faisait l'heure de l'apéro, nous avons siroté une 'tite douceur préparée par la maîtresse de maison.
Voili voilou.
Demain est un autre jour.
Il faudra cependant que je m’attelle à réparer correctement ce fuselage pour lequel j'avais sous-estimé la résistance à la rupture. L’aile de son côté, pourtant secouée par les acrobaties que j’ai réalisées en vol, elle a tenu le coup.
Et pour un planeur que tous les "Dieux de la résine" vouaient à la poubelle... je crois qu'il a encore de bonnes heures de vol devant lui.
« Attelle-toi, » qu’ils disaient !!!
Papy Solex II
Papy Solex II
Je vous ai déjà parlé de ce bonhomme étonnant… (voir le premier texte intitulé "Papy Solex.".. of course!)
Qui vient faire du vol de pente avec son vélomoteur.
Figurez-vous que l’autre jour, me voyant arriver mon planeur sous le bras, il se précipite vers moi.
Et tout en pilotant son aile volante, il me dit :
«Ben vous ne verrez aujourd’hui ni mon Fox, ni mon Super Rieti… j’ai eu un problème avec le Solex ! »
Il est vrai que j’avais remarqué le peu de matériel déballé, ce qui contrastait avec les fois précédentes.
Alors, timidement, je balbutie :
« Vous avez chuté avec votre Solex ?
- Mais non, c’est le bateau !
- -Heu comment ça le bateau ?
- Mais si, j’avais comme d’hab installé le Solex sur le pont, avec une bâche par-dessus pour protéger les planeurs qui restent dans les sacoches, mais allez savoir pourquoi, le fichu Solex a fait une ruade, comme un cheval de rodéo ; il s’est cassé la figure, et il a vomi mes modèles à la mer. Ejectés de la selle et des sacoches ! Désarçonnés ! Plouf dans le port de Morgat ! J’ai vite repêché tout ça, rincé à l’eau douce… mais maintenant j’ai comme un doute sur la fiabilité ! »
Il faut dire que j’ai déjà vu des composants électroniques ayant séjourné dans l’eau de mer (cf histoire intitulée « Allo à l’eau ») Et le moins qu’on puisse constater, c’est qu’il semble se produire très rapidement une électrolyse attaquant gravement les pattes des condensateurs par exemple.
Je me confondis en excuses… ce à quoi le bonhomme répondit qu’il vérifierait ce soir à son retour comment les servos et les récepteurs avaient enduré leur petite trempette dans l’eau salée. Drôle de thalassothérapie, n'est-ce pas?
Il vola, consomma quelques boites de conserve… revola, rangea son matériel et repartit comme d’hab vers son port d’attache.
Non sans avoir précisé que, face à la demande de plus en plus pressante de sa femme, il ne tarderait pas à appareiller pour Camaret. Petit port breton fort célèbre pour son curé… ses filles… mais soyons sérieux !
De fait, les jours qui suivirent, on ne revit pas notre Papy Solex sur le Ménez-Hom…
Quelques jours plus tard…
Je me trouve à Camaret. Je viens de sortir du restaurant « le Langoustier » où j’ai pu déguster un grand plateau de produits locaux.
Accompagné de mon épouse, j’arpente le môle qui conduit vers la chapelle Notre Dame de Rocamadour puis au fort Vauban.
Et là, ô surprise, alors que j’ai le dos tourné, ma femme me jette :
« Regarde ! vite, regarde qui passe ! »
Bien sûr, vous avez deviné : c’est Papy Solex !
Harnaché comme il se doit… qui contourne rapidement le quai, et embringue la montée vers la pointe de Pen-Hir.
Juste le temps de réaliser, de sortir l’appareil photo… mais lui et sa monture galopent gaillardement ; ils sont déjà loin, et mon zoom n’est pas suffisamment puissant.
Je me console en me disant que, sur la route qui mène au Ménez-Hom, .je ne tarderai pas à rattraper mon gaillard.
Je prends donc mon temps pour retourner à la voiture.
Puis je mets le cap vers le Ménez.
A chaque virage, je scrute tout au loin afin d’apercevoir Jolly Jumper et son cow-boy…
Mais en vain. J’arrive au Ménez… et mes camarades me disent n’avoir pas vu Papy Solex.
Las !
Je présume qu’il était parti faire voler ses planeurs sur l’une des nombreuses pentes situées face à la mer… C’est pas ça qui manque dans la presqu’île de Crozon.
Mais de tout mon séjour en Bretagne, je ne le revis plus.
Ainsi, je ne saurai jamais si l’électronique des ses modèles « hydrauliques » supporta correctement le bain de mer dû à la dérobade de son Solex sur le pont du voilier.
I’m a poor lonesome cow-boy !PapySolex
Papy Solex
Plantons le décor:
Je me trouve sur le Menez Hom, célèbre site breton du « Bout du Monde » que tous les adeptes du vol de pente connaissent.
C’est là qu‘en été on peut rencontrer de nombreux planeuristes, échanger des techniques, envisager des projets… faire voler aussi parfois un peu, passionnément, à la folie; et papoter également, beaucoup!
Face à moi se tient un modéliste à barbichette, une sorte de vieux loup de mer « extra-terrestre», à qui je finis par demander : « Pourriez-vous m’accorder une faveur? »
Et le bonhomme me balance du tac au tac: « Accordé! »
Et moi de balbutier:
« Ben, mais… vous ne savez même pas ce que je vais vous demander….
- Oh, rien qu’à votre tête, je me rends compte que cela ne va pas être la mer à boire! »
Voilà donc un premier trait de caractère du personnage.
Mais un peu surpris tout de même par cette « carrure d‘esprit», je me lance dans une explication à propos de ma requête.
Suite à quoi le monsieur ajoute:
« Voyez, je le savais! C’était pas la mer à boire, hein? »
La mer à boire!
Mais que faisait donc cet étonnant Papy loup de mer sur les pentes du Ménez Hom?
Hé! Bien évidemment, il était là tout comme moi pour pratiquer… le vol de pente. Mais en quoi ceci mérite-t-il une rubrique?
Quand je vous aurai dit que notre bonhomme arrive chaque jour sur la pente avec un « Solex », que ses sacoches sont chargées de fuselages et que son sac à dos brinqueballe avec des ailes… voilà qui devient un peu plus extra-ordinaire, n’est-ce pas?
Quand je vous aurai dit que notre bonhomme vient de Morgat ainsi harnaché, et que pour faire ses 26 km notre homme met presque une heure et demie… faut être passionné, n‘est-il pas?
Mais pourquoi diable utiliser un Solex, alors que d’autres investissent le site avec de confortables fourgons pleins de planeurs? N’est-ce pas JPP?
C’est que notre bonhomme est aussi un adepte du voilier, bateau dont le port d’attache est La Rochelle, qu’il est venu en Bretagne avec ledit bateau, qu’il pratique aussi la plongée sous-marine, qu’il tâte un peu de la mécanique…
Il suffit de l’entendre parler du moteur de son embarcation, un gros engin qu’il a reconditionné lui-même…
Et comme il en avait marre de faire de longues marches ne serait-ce que pour avitailler, il a eu l’idée d’acheter, non pas un, mais deux Solex!
Pour 150 Euros… et en cannibalisant les « trottinettes noires», il a réussi à remettre en état de marche un antique vélocipède motorisé… qu’il entrepose sur le pont de son bateau!
Pas banal n’est-ce pas?
Il y a quelques lustres, j’avais déjà rencontré sur le site du Ménez un autre passionné, un certain Pierre Rondel, qui, à l’époque adolescent, faisait du stop pour monter à la pente, son sac à dos bourré de petits planeurs « Epsilon ».
Mais là, je me trouvais face à un adolescent-Papy, extraordinaire!
Qui m’avoua que se promener ainsi à Solex avec ses planeurs constituait une sorte de « trip », le vent se prenant dans ses ailes et causant parfois des écarts imprévisibles.
C’est alors que je lui suggérai prudemment: « Ne serait-ce pas plus judicieux d‘utiliser une… une remorque? Par contre, sur le bateau où la place est comptée…»
« Oh mais cher ami, c’est à l’étude, j’ai d’ailleurs déjà quelques croquis! Elle sera pliante et tout à la fois légère… si possible profilée!!! Opérationnelle pour la saison prochaine! »
Il se dirigea alors vers une des sacoches. Tel un marin adepte de la course en solitaire tapant dans sa cambuse, il en extirpa un boite métallique dont il retira la capsule, et muni d’une petite cuillère, il se mit en devoir de déguster le contenu… Puis ayant ainsi lesté son estomac et repris des forces pour affronter la route, il ligota les fuselages sur l’arrière du Solex, enfila les bretelles de son sac à dos, positionna son casque sur la tête…
Ainsi paré pour la « course au large », il salua alors l’entourage, avec un puissant: « A demain tous, et bons vols! »
Il empoigna le guidon, fit basculer la béquille; et un petit coup de « poussette » plus tard, le vénérable monocylindre lâchait quelques hoquets caractéristiques.
Sur le chemin caillouteux du Ménez Hom, notre homme enfourcha alors sa monture afin de rejoindre son port d’attache. Qu’il atteindrait après avoir lutté contre le vent une bonne heure et demie plus tard.
I’m a poor lonesome cow-boy!
Ce personnage ne méritait-il pas une rubrique, qu’il m’autorisa à rédiger…
Souvenez-vous du tonitruant: « Accordé! »
Car vous le savez maintenant; là se trouvait le but de ma requête.
Et je pense qu’il il aurait été dommage de ne pas vous en faire profiter.
Chienne de vie !
Chienne de vie!
Il est des périodes où la Chance semble prendre quelques vacances…
Un exemple ? Oh, c’est tout de suite trouvé ! Figurez-vous que je me pointe au terrain ce dimanche après-midi… avec des lunettes « anciennes ». De ces binocles avec lesquelles la vision n’est pas très affûtée… Et pour cause, en mettant les « actuelles » sur mon nez dès le sortir du lit, je les sens qui glissent, j’essaie de les repositionner, et je me retrouve avec une branche + un carreau dans la main droite, et une branche + un carreau dans la main gauche…
Voilà une journée qui commence bien !!!
Chienne de vie !
Donc au terrain, avec ces vieux carreaux sur le nez… je mets en route mon petit Gecko… passages rapides, remontées en chandelle ; passage lent, remise des gaz. Le moteur électrique semble ratatouiller, et soudain, vraoum… le voilà qui quitte subitement l’avant du fuselage.
Ah, j’vous dis pas ! Piloter un modèle privé du lest naturel assurant le centrage, c’est pas coton…Heureusement le fidèle Edouard est là, qui a suivi la chute du moteur, que l’on retrouvera assez facilement dans l’herbe. Voilà une journée qui continue fort bien.
Chienne de vie !
Le lundi matin dès potron-minet, je file chez le marchand de lunettes, qui me dit pouvoir récupérer mes carreaux pour les adapter à une autre monture. RDV est pris pour l’après-midi afin de réceptionner ces « nouveaux » lorgnons !
Retour à la maison, et je me mets en devoir de réparer le nez de Gecko. Je réinstalle le moteur, non sans avoir vérifié son fonctionnement. Moteur sur lequel je monte une hélice neuve, qui, sans doute mieux équilibrée, devrait nettement moins vibrer !
Début d’après-midi, retour sur le terrain. J’y suis accueilli par le petit caniche noir de Papy, qui me fait la fête, et saute sur le bas de mon pantalon clair… Non, toutou, va voir plus loin…
Alors que je me dirige vers Stéphane qui fait évoluer son avion, j’entends derrière moi un animal qui approche… s’arrête à ma hauteur, et se met frénétiquement à s’ébrouer !
Mais le malheur, c’est que par ces fortes chaleurs, ce chien est allé précédemment prendre un bain dans… la fosse à lisier ! Il empeste l’atmosphère, et me dépose sur les vêtements tout un tas de pustules odoriférantes et auréolées… Du plus bel effet sur un pantalon de toile claire !!! Une peinture mouchetée, du pointillisme à la Sisley !!! Mais va falloir que j’aille récupérer mes lorgnons avec un pantalon à la propreté douteuse… Plaisant !!!
Chienne de vie !
Je peste donc contre ces chiens que je trouve un peu trop présents sur notre site de vol. Et encore ! Celui de Gégé n’est pas là ! Car ce dernier a la fâcheuse habitude de courser en aboyant violemment chaque modèle de planeur ou tout avion électrique qui décolle, passe ou se pose sur la piste. C’est ainsi que Gecko (déjà lui !) a failli faire du « hot dog » lors d’une rencontre avec le chien de Gégé.
Chienne de vie !
Bof, défoulons-nous en faisant un petit vol avec Gecko ! Je récupère donc le tout intact (c’est mieux que la veille !) Retour à la caisse de terrain… et il s'avère que sur une accélération, le moteur a comme le hoquet, semble chauffer, et parfois s'arrête!!!
Ayant sous la main un autre contrôleur et un autre moteur brushless, je me livre à quelques "échanges", pour en déduire que c'est le moteur qui "merdoie".
On avance donc plusieurs hypothèses, dont celle plausible d’un fil endommagé lors de la chute la veille, ce qui couperait une des phases du moteur, ce que le contrôleur traduirait par une mise en arrêt !!! Un fil coupé, une phase qui déconne??? C’est sûrement ça ! De retour à la maison, je démonte le moteur Axi.
Et ô surprise, les aimants ne sont pas disposés régulièrement autour de la cloche... certains sont agglutinés, laissant deux espaces comme si on pouvait en insérer deux autres!!!! Je téléphone à Stéphane, qui me dit avoir connu les mêmes problèmes avec un moteur de Too Cool... et il me dit de recoller les aimants à la cyano, après les avoir repositionnés correctement à l'aide d'une cale-gabarit. Il suffit de la réaliser à partir d’un intervalle où les aimants semblent n'avoir pas bougé.
Ce que je fais. Remise du moteur en route... pas de broutage. Vite fait avant de dîner, je refais un vol de quelques minutes dans l'herbage situé juste derrière chez moi, et le moteur semble tourner parfaitement « rond ». Aurais-je "guéri" mon brushless?
Aurais-je vaincu le signe indien qui depuis quelque temps me poursuit ? Toujours est-il que Microlax me fait savoir un peu plus tard qu’il a connu les même problèmes avec un Axi, qu’il a recollé les aimants en adoptant une méthode identique à la mienne, et que ce moteur tourne dorénavant sans aucun souci. Ah ! Chienne de vie !!!
Installation de la batterie à l’intérieur du fuselage, branchement, visite pré-vol, mise en route du moteur… Et on décolle. Avion arrivé en bout de piste, le moteur ratatouille soudain, puis s’arrête carrément.
Maladie d'amour
0h ! C'est une bien étrange histoire que je vais vous conter aujourd'hui. Elle est née entre Elle et moi... Ou plus exactement entre Aile et moi. Je m'explique :
J'en rêvais depuis déjà fort longtemps, mais j'avais à chaque fois repoussé l'idée; je m'efforçais de ne pas y prêter attention. Et pourtant Elle m'aguichait...
Mais un jour, Elle est entrée dans ma vie, et nous avons ensemble vécu d'intenses moments.
Elle, c'est Aile. Oui, je sais, vous allez me dire que mes propos nébuleux ne vous aident pas à comprendre. Patience, j'y viens. J'ai donc rencontré un jour une petite aile volante. A force de l'imaginer, j'ai fait comme Gepetto, le papa de Pinocchio : j'ai créé ma marionnette, J'y ai mis tout mon savoir-faire. 55, 18, 37; ce sont ses mensurations : envergure, hauteur, longueur.. Sur la balance, 470 grammes avec son moteur électrique et ses accus.
"Je me suis fait tout p'tit devant une poupée..."
Et bien évidemment, un jour, j'ai voulu qu'elle s'envoie en l'air.
Là, j'ai compris que nos relations risquaient d'être tumultueuses. Ce fut le cas pour le vol inaugural (nuptial?).
Ne sachant pas trop bien où se trouvait son centre d'intérêt (ni son centre de gravité), et ignorant tout des ébats, des débats et surtout des débattements à lui appliquer, j'ai tenté de la faire décoller à l'aide d'un sandow.
Au premier essai, le fil a cassé.
Au second, le piquet est sorti de terre et j'ai failli le ramasser dans la tronche.
Au troisième, elle est enfin partie, dans une sarabande effrénée, pour se planter quelques secondes plus tard dans une bouse bien molle.
Au quatrième, (débattements diminués et centrage avancé), elle est partie bien droit. Mais j'avais attrapé une telle suée qu'au bout d'un moment mes lunettes se sont embuées. Je ne voyais plus rien. Il me fallut prestement enlever mes carreaux afin de retrouver ma compagne qui virevoltait dans un ciel encombré de brouillard. Elle m'avait ébloui. (Ne dit-on pas que l'Amour rend aveugle ?)
Au cinquième, commençant à dompter la donzelle, je fus surpris par une masse nuageuse qui l'absorba totalement. Elle reparut en plein piqué, hurlant du rire strident de son hélice 6x4...
"Bien sûr nous eûmes des orages, vingt ans d'amour et d'amour fol..."
Un jour, privé de mon sandow, je voulus la lancer à la main. Mal m'en prit. Mes doigts humides glissèrent sur le galbe de son bord d'attaque et finirent par rencontrer le cercle fatal de l'hélice, C'est ainsi que nous venions, Aile et moi, de signer un pacte scellé dans le sang. C'était fait: je l'avais dans la peau, notre union était devenue charnelle,
Une autre fois, elle faillit m'être infidèle et "se casser", m'abandonner pour un "tordu". Oui, oui, un de ces piquets guindés et sournois qui rôdent parfois en milieu de prairie. Alors qu'elle semblait ivre de plaisir, chavirée de bonheur après une boucle inverse, elle croisa ce malandrin. Ce fut une rencontre explosive ! (Une de celles qui vous marquent pour la vie). Elle gisait sur le sol, et l'on pouvait discerner un sourire convulsé qui cachait mal sa douleur; ses plaies laissaient apparaître quelques côtes en balsa. " Fracture ouverte... " avait alors diagnostiqué le froid Docteur Cyano.
Allais-je la laisser choir, me détourner de cette infidèle ?
Je la recueillis avec fièvre, pansai ses blessures, et je suivis avec une délicate attention tous les stades de sa guérison.
Depuis, Aile se porte comme un charme, et elle semble assagie.
On dirait même qu'elle a renoncé à faire des "fugues". Pourtant elle sait encore évoluer presto, moderato, adagio ou allegretto...
Et nous filons le parfait Amour.
Empirisme, spiritisme et Spitfire
ur, je m'introduisis chez Félix pour peser à son insu le Seamaster. (Félix ne pèse jamais ses modèles !). J'obtins 3,600 kg. Mon Spit terminé ne pesait que 3,400 kg; ça devait faire ! Pour le vol d'essai, on attendit Félix... qui ne vint pas. On filma l'événement, que mon héros visionna et revisionna le lendemain. Il jubilait !Maudites soient les pinces à linge
Curieux titre n’est-il pas ?
Patientez un peu, vous aurez la « chute » de cette histoire…
L’autre samedi, j’arrive donc sur le terrain de modélisme et j’y trouve deux hélicoptéristes devisant sur leurs modèles. Un troisième larron les écoute avec attention : c’est un tout nouvel adhérent au club… qui s’entraîne sur simulateur, mais n’a pas encore acheté son matériel.
Et je remarque que mes compères n’ont pas sorti le tableau de fréquence. Fâcheuse imprudence…
Toujours soucieux de la sécurité, je leur en fais la remarque et je m’en vais quérir le fameux totem, hérissé d’une rangée de pinces à linge.
Ce que voyant, notre néophyte se montre très perplexe.
« A quoi que ça sert ? » questionne-t-il ?
Alors moi d’expliquer que ce bout de bois est garni de pinces à linge, que celles-ci portent chacune une indication de la fréquence… et que lorsqu’il achètera son matériel, le vendeur lui indiquera celle de son émetteur.
Je m’empresse d’ajouter que, avant d’allumer son émetteur, il est indispensable de vérifier que la pince qu’on veut utiliser est encore au tableau, ce qui donne alors le droit d’émettre.
« Ah bon, et pourquoi ? »
Ben parce que si deux émetteurs de même fréquence sont allumés, le récepteur ne saura à quels ordres il doit obéir, et le modèle ne restera pas longtemps en l’air avant de rejoindre bruyamment le sol… et que le modéliste ayant allumé alors qu’il n’en avait pas le droit devra assumer les dégâts !
« Ah ben c’est tout simple, mais bigrement astucieux… » me dit-il.
Pendant ce temps, mes compères ont eu le temps de prendre leurs pinces, je m’empare de la mienne que je place comme d’hab sur mon antenne d’émetteur… et l’après-midi de vol commence.
Arrivent d’autres modélistes qui se plient docilement eux aussi au rite de la pince à linge…
En fin de journée, alors que je dispose d’un peu de temps après mes séances d’écolage, je décide de mettre en action une aile volante Northrop N9… bimoteur propulsif au vol vraiment épatant.
Les spectateurs sont d’ailleurs ravis de voir cet engin « sans queue et sans dérive » qui évolue toniquement dans le ronron caractéristique des bimoteurs générant des phénomènes de résonnance. Et les commentaires flatteurs vont bon train…
A un moment, je fais passer mon modèle devant moi, et je me rends compte que l’antenne émetteur se trouve devant mon nez… machinalement, à l’aide de la main gauche, je l’écarte de mon champ de vision, comme j’ai pu le faire maintes et maintes fois.
C’est alors que mon aile volante entame un tonneau que je ne lui avais pas demandé… Je contre aux ailerons… et je n’obtiens pas la réponse souhaitée. Le sol se rapproche, je contre à la profondeur…. pas de réaction non plus….
Je n’ai pas le temps d’essayer d’autres manoeuvres que mon aile a embouti puissamment le sol.
Je reste planté là… tentant de comprendre.
Hébété, je jette un œil sur mon émetteur… dont le cadran est vide d’indications.
Ma première réaction est : « Merde, ma batterie émission vient de me lâcher… »
Je me gratte la tête..
Et c’est alors que j’avise ma pince à linge fixée à la base de l’antenne…
Non ? C’est pas vrai ? Ben ça ne peut pourtant être que ça !!!
Lorsque j’ai fait basculer mon antenne vers la gauche, la pince à linge est venue pousser gentiment l‘interrupteur qui, de « ON » est passé sur « Off »… coupant ainsi l’émission.
Je repousse l’antenne vers la droite, je fais glisser l’interrupteur à la main : l’écran s ‘éveille ! Ce n’était donc pas la faute de la batterie…
Je fais basculer l’antenne vers la gauche… et la pince vient à nouveau gentiment pousser l’inter vers la position « Off ».
Cette fichue pince avait 360° pour se positionner… Ben non, elle en avait décidé autrement.
Je suis allé récupérer les morceaux de mon modèle, détruit complètement…
Et tout en pestant contre ce mauvais sort, je me suis dit que mon souci de promouvoir la sécurité sur le terrain avait été fort mal récompensé.
Mais cela ne m’empêchera pas de reprendre une autre pince à linge afin d’être en règle… je ferai simplement attention de la fixer autrement et j’en confectionnerai sans doute une plus courte….
Afin que ne puisse en aucun cas se reproduire cette « douloureuse » mésaventure!!!
PS: Je suis retourné sur la piste le lendemain. Et dès mon arrivée, le copain Edouard m'a sauté dessus en Pince qui ne risque pas de semer la zizanie en raison de sa petite taille.
Quelle touchante attention... Inutile de dire que les modélistes présents ont "laaaaaaaaaaaarrrrrrrrgement" souri. Merci Edouard!
me disant: "Tiens, j'ai un cadeau pour toi..." Et il m'a tendu une minuscule pince à linge (2.5cm de long) avec ma fréquence inscrite au feutre...
Ah, le fumier!
Un type se pointe un jour en Auvergne avec la ferme intention de faire évoluer ses planeurs radio-commandés.
Vous connaissez cette magnifique région située au cœur de la France; au moins pour avoir entendu parler de la Banne d'Ordanche où se déroule tous les ans une célèbre rencontre dédiée au Vol De Pente ...
Mais il n'y a pas que la mythique Banne d'Ordanche pour se livrer à la pratique du vol de pente.
Un exemple?
Parlons donc de mon ami Dominique; c'est un solide gaillard qui a prospecté de nombreux endroits autour du village où il réside. Ne se targue-t-il pas d'avoir à sa disposition 93 sites!!! Pas moins...
Moi, je me contenterais de beaucoup moins; quelques bonnes pentes ramenées chez moi suffiraient à satisfaire mes besoins!!!
En homme généreux qu'il est, Dominique lui indique donc quelques-uns de ses terrains de jeux...
Et signale que parmi ceux-ci figure une pente à n'utiliser qu'en sa présence (restriction imposée par le cultivateur, car à certaines périodes il ne faut pas piétiner l'herbe destinée à produire du foin par exemple)
Mais, prenant quelques libertés avec le contrat établi en accord avec le paysan, notre modéliste « invité » s'y rend quand même un jour ; il commence à faire voler en se disant que tout seul, il ne peut guère gêner les autochtones restés dans la vallée!
Et hop! A nous l'ivresse et l'air pur des montagnes à vaches!
Durant le vol, il commence cependant à être titillé par de douces odeurs, comme en trouve parfois dans les fermes. Les exploitations agricoles sont pourtant bien loin, tout en bas dans la vallée verdoyante.
Mais une odeur, quelle qu'elle soit, n'empêche pas la pratique du vol de pente, n'est-ce pas?
En arrière plan, un bruit de moteur semble petit à petit se rapprocher...
Le modéliste se retourne et aperçoit un agriculteur au volant d'un tracteur tirant une lourde remorque derrière laquelle voltigent de joyeux flocons noirâtres: notre homme est en train d'épandre du fumier.
Quoi de plus naturel que de « fumer » son pré afin d'en tirer une herbe beaucoup plus grasse avec laquelle on produira un excellent foin?
Lorsque l'attelage passe suffisamment près de lui, le gentil modéliste apostrophe notre brave paysan en ces termes:
« Hé! C'est bien joli votre truc, mais qu'est-ce que ça pue! »
Ajoutons que notre modéliste semblait avoir oublié qu'il se trouvait sur un terrain privé et que le contrat stipulait la présence de Dominique, absent ce jour-là...
Ajoutons encore que la plus élémentaire des politesses aurait été au moins de commencer par saluer l'exploitant agricole, avant même de lui adresser une quelconque remarque sur ses pratiques coutumières.
N'était-il pas chez lui?
Et que fit l'homme de la terre?
Il se contenta de remettre son tracteur en route et il se rapprocha de la voiture intruse; puis il actionna le mécanisme mettant en route les roues crantées de l'épandeur. En prenant bien soin que ses projections atteignent abondamment la carrosserie du véhicule citadin!
Vous me direz que la scène ne comportait que deux acteurs... Et vous me poserez bien évidemment la question de savoir comment j'ai pu être au courant de cette aventure.
Procédons alors avec méthode: lequel des deux protagonistes a bien pu informer mon indicateur?
Le modéliste? Ben voyons... Imaginons que vous ayez eu votre voiture aspergée de fumier? Je suppose que vous ne seriez pas allé le crier sur les toits.
C'est bien évidemment l'agriculteur qui, lors d'une visite de courtoisie effectuée par Dominique se fit un malin plaisir de lui rapporter l'histoire. Avec forces détails.
J'entends d'ailleurs les rires de mon ami Dominique, le « gérant » de la pente, lorsqu'il eut vent de ce croustillant épisode.
Les mêmes rires toniques qu'il eut lorsqu'il me raconta lui-même cette aventure aux relents bucoliques!
Mais qui osera dire après ça que notre Domi n'est pas en "odeur de sainteté?"
-=-=-=-=-=-=-=- voir site de notre ami Dominique -=-=-=-=-=-http://vdp63.free.fr/
A la croisée des chemins
Stampe estampillé Gégé
