Quand l'gars Bernard y cause dans le poste
Ce matin, j'étais convié à causer dans le poste.
C'est France Bleu Mayenne qui, par l'intermédiaire de son animateur Gauthier Paturo, venait rencontrer des habitants de Bais.
Pour une émission intitulée "Vie commune"...
Où nous étions accueillis chez Sabrina et Johann HUBERT.
Béatrice et Dominique Rouault ont ouvert le bal dans la séquence de 6h50, pour évoquer leur long périple vers le Cap Nord à vélo.
http://www.francebleu.fr/patrimoine/vie-commune-6h50/vie-commune-6h50-11
Puis on m'a cuisiné en vue de la séquence prévue à 7h10... où le sujet était ma passion pour l'aéromodélisme...
Seconde séquence à 8h10... mon livre intitulé "Chroniques des années 50 en Mayenne..."
http://www.francebleu.fr/patrimoine/vie-commune-8h10/vie-commune-8h10-8
Et puis forcément, il fallait s'en douter, j'ai reçu quelques mails pour commenter tout ça...
Dont celui-ci:
Heullâ, nout' mait' d'écol' y causant dans l'poste!
J'ai écouté ce matin le "personnage incontournable" de Bais. Bravo, bien dit , mais n'était-ce pas un peu frustrant de ne pas pouvoir développer davantage les sujets?
J'ai personnellement regretté que ce soit si rapide!
Daniel
Ce à quoi j'ai répondu:
A tire d'ailes...
En ce matin d'hiver, le soleil pointe joyeusement le bout de son nez.
Il faut dire qu'il revient après un épisode neigeux qui a laissé quelques petites traces dans notre bocage.
Et comme mes jambes commencent à s'engourdir, je n'hésite pas à succomber aux charmes de ses rayons.
Ma virée ne va pas être inédite, loin s'en faut. Mais je préfère rester sur du goudron plutôt que d'arpenter les chemins creux dont la boue a fait son domaine...
Montant la route vers Trans, je cherche à apercevoir le relais du Rochard. Mais
il est pris par la brume qui a littéralement encapuchonné tout son pied ! Ne dépasse que la cime du pylône.
Et là, je me réjouis de constater que dans la vallée voisine, la plaine d'Evron, les bipèdes doivent avoir moins de chance que moi qui bénéficie du soleil.
Avant même d'arriver au carrefour du Tertre, j'ai pu voir que les ailes des éoliennes ne sont pas toutes en mouvement. Seules Trans 1 et Trans 2 battent l'air lentement.
En virant de bord, mon ombre au sol change carrément de sens, et je vais continuer de m'amuser avec elle.
En vue de la Noë Fèvre du Bas, mon oreille est attirée par un bruit de cascade.
Je reste là un court instant, admirant les gouttes d'eau qui éclaboussent les cailloux.
Un peu plus bas, la perspective pourrait me faire croire que la maison de la Gaudinière est équipée d'un éolienne individuelle !
Ou encore que l'éolienne de La Roche a reçu un jeu de pales plus petites à mi-mât !
Quelques tas de neige...
Quelques jeux avec les ombres... Encore !
Mon portable sonne, interrompant subitement la Symphonie Pastorale de Beethoven que distillaient mes écouteurs.
Au bout du fil, un animateur de France Bleu Mayenne me fournit quelques précisions sur l'émission à laquelle je dois participer mercredi matin.
Puis je reprends ma route et j'entre dans Bais par la rue de Normandie.
Je bifurque alors vers le plan d'eau, où subsiste par endroits une fine pellicule de glace.
En contrebas, gonflé par les dernières pluies et la fonte des neiges, l'Aron coule impétueusement.
Et si j'allais voir le château de Montesson ?
C'est en m'y rendant que je suis attiré par un alignement insolite.
Sauf que le zoom x3 de mon petit numérique est vraiment à la peine...
J'appuie quand même sur le déclic!
Au premier plan, une buse posée sur un piquet; soudain, elle s'envole à tire d'ailes, traînant doucement son ombre qui glisse au sol.
Un peu plus loin, une grande aigrette blanche dont la couleur tranche sur le vert cru de la zone humide.
Encore plus loin, raide comme un piquet, un héron que trahit son plastron blanc.
Et encore plus loin, un autre « oiseau » doté d'ailes particulières: c'est l'éolienne de La Roche, qui brasse l'air lentement.
Près des douves du château, j'admire l'imposante masse constituée par le corps principal de l'édifice.
Quelques clichés encore, jeux d'ombre sur l'eau... écran de branchages... et je retourne vers Bais.
Sur la pelouse située devant la grande maison blanche située à l'angle de la rue du château et de l'avenue Auguste Janvier, je découvre une chèvre... en train de jouer les tondeuses !
Rue Henri Quentin, son lavoir...
Puis j'arrive à l'église dont les pigeons font le tour du clocher en battant vigoureusement des ailes.
Et enfin je tourne à gauche, rue de Oy-Mittelberg, pour rentrer chez moi avec presque 9 km au compteur.
Déjà les nuages obscurcissent le ciel, projetant leur ombre au sol.
J'ai bien fait de profiter du soleil matinal, car l'après-midi sera nettement moins lumineux.
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Pour visualiser mon parcours:
Jeux d'ombre et VTT
En ce début d'après-midi, le soleil caresse gentiment le sol gelé.
Mais après de longs jours où les nuages nous avaient empêchés de le voir, il rayonne enfin vaillamment dans un ciel sans nuages.
La météo annonce pourtant des chutes de neige pour le lendemain!
Alors, c'est le moment d'en profiter.
J'enfourche mon VTT, et direction Hambers.
Passage devant le château de Montesson dont les douves sont prises par les glaces.
Dans les prés vers la Bouillère, on distingue une multitude de vanneaux...
Difficile de les approcher afin de réaliser un cliché... ils s'envolent en groupe compact.
Je me contenterai donc de mettre l'éolienne "La Roche" dans ma boîte à images.
Mais je me rends compte rapidement que mes muscles "spécial vélo" se plaignent de n'avoir pas été sollicités durant de longues semaines.
Et la grimpée vers le foyer des Bleuets fait très mal aux jambes.
A l'entrée d'Hambers, je bifurque vers le plan d'eau, dont la surface est prise par une fine pellicule de glace.
Puis direction le Montaigu.
La côte à la sortie d'Hambers tire encore sur ma pauvre mécanique.
Virage à gauche... pour atteindre le village de Montaigu dans lequel j'aime à me glisser.
J'y rencontre trois anciennes collègues, équipées bâtons de marche et chaussures spéciales!
On taille une petite bavette.
Je file vers le gadège... (explication dans l'album Picasa, lien à la fin de cet article)
C'est là qu'en repartant, j'aperçois Catherine et Gérard, incités à sortir en raison du soleil, tout comme moi!
Re-taillage de bavette.
Et j'attaque la grimpette vers la chapelle...
Dur, dur...
Arrivé au point culminant de mon périple, je bénéficie d'un spectacle fort sympathique.
Jeux d'ombres, avec ou sans le retardateur de mon appareil photo...
Et c'est là que me rejoignent... Catherine et Gérard! Encore... Eux à pied...
Je vais ensuite pouvoir entamer la descente vers Bais, non sans m'arrêter vers la Gueffière.
Pour constater que le vent est faible au point de laisser les éoliennes immobiles.
Nouvel arrêt aux Ormeaux... où j'admire le givre déposé sur l'herbe par le ruisseau qui gazouille.
Descente vers le Bois-Mabon, et j'entame la dure grimpette vers la la Beltière. Dernier obstacle, mais pas des moindres.
Arrivé au sommet de la bosse, il ne me reste plus qu'à me laisser glisser vers le village... pour rentrer chez moi.
Et couronner mon périple par un magnifique coucher de soleil.
La neige peut bien venir demain, j'ai emmagasiné suffisamment de "clichés" sympathiques!
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Quelques documents sur cette virée:
* Pour visualiser la carte de mon parcours
http://www.visugpx.com/?i=1358444865
* album photos
https://picasaweb.google.com/104003666207931930280/SortieVTTHambersMontaigu17Janv2013?authuser=0&feat=directlink
Eoliennes d'Hambers vues du ciel
Dans la mesure où après quelques chutes de neige le temps semblait s'éclaircir, je suis parti vers Hambers, avec mon fidèle motoplaneur "sous le bras".
J'ai stationné ma voiture entre la machine N°3 et la N°4 qui est inachevée.

J'ai positionné deux petites caméras maintenues par du Velcro. L'une sur le sommet de "la queue" du modèle, l'autre sur l'aile gauche.
Toutes les deux effectuent des prises de vues vers l'avant... celle de derrière mettant en boîte celle de l'aile. L'arroseur arrosé!
Le modèle est propulsé par un moteur électrique... avec hélice repliable au moment du
plané. Voir ci-dessous.
... ou encore la petite tache noire dans le coin inférieur droit du cliché suivant, près de la date: l'hélice est maintenant repliée.
Une fois que les films sont réalisés, retour à la maison afin de voir si l'enregistrement s'est déroulé correctement.
Visionnage à l'aide de "VLC Media Player", grâce auquel j'extrais de temps à autre une image que je trouve intéressante.
Je passe ensuite les photos sélectionnnées dans la moulinette de "Fileminimizer Picture" afin de réduire le "poids" de ces fichiers un peu lourds.
Puis un petit tour vers Picasa Web où je crée un nouvel album...
Rédaction des légendes...
Et voilà!
Cela m'a pris certes un peu de temps... mais quand on aime...
Maintenant, c'est à vous de jouer.
Vous pouvez même laisser un petit commentaire sur ce blog! C'est toujours intéressant d'avoir un "retour" de la part des visiteurs.
Lien vers l'album:
https://picasaweb.google.com/104003666207931930280/EoliennesHambersVuesDuCiel?authuser=0&feat=directlink
Démolition hangar "Gruau" à Bais
Ce matin, les ouvriers de l'entreprise Couânon ont entrepris la démolition d'un vieux hangar.
Ce dernier était situé à l'embranchement des routes menant vers Trans et Izé.
Autrefois abritant une scierie, il était fort connu de tous les Baidicéens qui, pour certains, l'utilisèrent afin de garer voiture,
remorque ou caravane. (Moi le premier!)
Devenu inesthétique et quelque peu "château branlant", il a été acquis par la municipalité qui a décidé d'installer à sa
place des molochs (conteneurs à déchets) ainsi que des places de parking.
Les phases de sa démolition ici (avec commentaires pour les photos):
https://picasaweb.google.com/104003666207931930280/DemolitionHangarGRUAU?authuser=0&feat=directlink#slideshow/5830687551763381458

Les enfants volés d'Espagne
Moi, petit-fils d'immigrés espagnols...
J'en avais entendu parler.
Mais la vie suivant son cours, j'avais mis de côté, en me disant que j'y reviendrai un jour, pour me documenter davantage.
Et puis cette nuit, me trouvant quelque peu insomniaque, je mets mon casque sur les oreilles, et je « tombe » sur une émission de France Culture... où l'on évoque justement ces "enfants volés d'Espagne".
Enfants dérobés à leurs familles dès la naissance.
Ayant été mis en place au moment du franquisme, le système a pour but de soutirer des bébés nés chez les « Rouges », ces Républicains combattant le régime fasciste de Franco, pour les confier à des familles « conformes » à l'idéologie politique du dictateur et de ses sbires.
Et aussi permettant de "fournir" des bébés à des couples sans enfants...
Honteux système qui n'a pu se développer qu'avec la complicité d'une bonne partie du Clergé, de médecins très zélés au sein d'équipes hospitalières dociles et muettes pour diverses raisons... et de l'Administration...
Système qui a perduré même après la chute du dictateur !
Cette nuit, j'ai écouté de nombreux témoignages « d'enfants » qui cherchaient à retrouver leurs parents biologiques, ou de mères expliquant dans quelles conditions on leur avait volé leur bébé.
Poignant ! Révoltant ! Infamant !
Et d'apprendre que l'Espagne se refuse toujours à regarder la vérité en face !
Que de nombreuses archives sont soit "absentes", soit détruites, soit falsifiées.
Par peur de raviver les plaies de la Guerre Civile ?
Par peur que des notables ou leurs descendants soient traînés devant les tribunaux ?
Véritable scandale...
Assimilable à un crime contre l'Humanité.
Je savais que le système nazi avait mis en place les « lebensborn », afin de générer de « bons, beaux et blonds » enfants conformes au standard arien :
http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/actualite/societe/lebensborn-l-incroyable-histoire-des-enfants-ss_1194475.html
Je savais qu'en Argentine... en Australie... également, hélas!
Mais je n'imaginais pas que l'horreur d'un système un peu comparable à celui engendré par le nazisme ait pu à ce point entacher l'Espagne.
Cette nuit, l'une des victimes de ce trafic mafieux témoignait qu'elle avait fini par apprendre qu'on l'avait vendue contre une liasse de pésettes, et elle témoignait en disant :
« Tout me choque profondément dans cette histoire, jusqu'à l'écoeurement; mais je ne peux concevoir que des humains aient pu me considérer comme une marchandise qu'on achète, tel un vulgaire frigo ou n'importe quel objet de consommation courante ! »
Modestement, je voudrais m'élever contre ce scandale, tous ces scandales!
Les victimes ont le droit de savoir.
Quant aux coupables...
N'hésitez pas à diffuser cette info.
Pour qu'un jour Justice soit rendue.
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Quelques liens sur le sujet (liste non exhaustive)
http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4560423
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bebes-voles-dictature-et-eglise-128443
http://www.arte.tv/fr/les-enfants-voles-du-franquisme/3444528,CmC=2954550.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_enfants_vol%C3%A9s_du_franquisme
http://blog.mondediplo.net/2012-06-29-En-Espagne-les-enfants-voles-veulent-sortir-du
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2433
(site auquel j'ai emprunté la photo illustrant mon coup de gueule)
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/espagne-les-enfants-voles-du-franquisme_1056714.html
Eoliennes filmées par modèle réduit
Ce premier jour de l'an, j'avais grande envie de profiter des éclaircies.
Le matin, une petite marche du côté des Batailles...
http://www.visugpx.com/index.php?i=1357038689
Et dans l'après-midi?
Ben... ça fait un bon bout de temps que mon émetteur de radiocomande n'a pas eu de mes nouvelles!
Je décide alors de partir vers La Roche avec mon motoplaneur Elector Junior "sous le bras".
Je le sors du coffre de la voiture, puis je l'assemble dans le pré, sous l'oeil vigilant de l'éolienne, dont les pales
sont quasi immobiles.
J'installe une mini caméra sur l'aile gauche... scratch... et un fil nylon au cas où...
Parce que je connais des petits copains qui l'ont perdue en vol! On n'est jamais trop prudent!
Cette première boîte à images filme vers l'avant.

Une seconde caméra est placée en haut de la dérive... Elle filme l'avant du modèle, ainsi que la caméra de l'aile... et parfois le pilote! Mais comme elle est tout à l'arrière, afin de retrouver un centrage correct, il me faut compenser ce déséquilibre en avançant un peu la batterie de propulsion.
Essai des gouvernes, et je lance en direction des éoliennes d'Hambers.

Le vent rafaleux bouscule littéralement mon petit oiseau électrique.

Mais bien vite, je me rends compte qu'une grosse nuée inonde littéralement les collines du mont du Saule... Hardanges reçoit une bonne douche.

Sauf que cette nuée s'approche vers l'endroit où je suis.
Je vais tout de même avoir le temps de réaliser mes prises de vues... et descendre sans trop tarder à la voiture... qui à
son tour recevra une belle averse peu de temps après que je me sois installé au volant.
De retour à la maison, je transfère mes vidéos sur le PC.
D'où il m'est facile d'extraire des images "instantanées"... comme celles qui illustrent cet article.
Pour visionner d'autres images, ouvrir l'album Picasa à l'adresse ci-dessous.
Et si vous voulez bénéficier des commentaires accompagnant chaque cliché, choisir l'option Diaporama:
https://picasaweb.google.com/104003666207931930280/EoliennesVuesDuCiel?authuser=0&feat=directlink
Une courte vidéo est également disponible... attention au "mal de mer"!
Le sourire d'un péquenot...
Le péquenot que je suis voudrait vous faire part d'une situtation qu'il vient de vivre.
J'arrive en voiture sur le parking d'un supermarché à Evron
J'avance à faible allure à la recherche d'une place.
Quand j'en avise une à quelques dizaines de mètres sur ma droite.
C'est alors que, sur ma gauche, je vois un véhicule qui se met à reculer... carrément!
Au volant, une jeune femme, qui n'a absolument pas regardé de mon côté.
Je suis arrêté, et quand enfin elle tourne son regard en ma direction, je hausse un poil les épaules, et j'accompagne mon geste d'un petit sourire... tout en dodelinant de la tête.
C'est alors que la conductrice baisse précipitemment sa vitre, et à grands coups de menton, semble m'adresser une invective, que je ne perçois pas... sans doute fort heureusement pour moi.
Et elle continue comme ça de m'engueuler pendant un certain temps.
Je me mets alors carrément à sourire... sans doute sarcastiquement.
Ce qui semble avoir pour effet de redoubler sa colère.
D'un revers de main, je lui fais comprendre que cela a assez duré, tout en pensant: "Allez, dégage"...
Ce qu'elle consent enfin par faire!
Et moi, mort de rire dans ma bagnole.
En pensant soudain qu'elle aurait pu descendre de sa charrette pour régler ses comptes de façon encore moins courtoise!
Ah!
Deux détails encore à vous fournir.
La plaque d'immatriculation arborait un magnifique 14... Calvados.
Et la vitre arrière, un grand A rouge...
Ouais!
Vous allez me dire que le vieux con de Mayennais que je suis est "raciste"... sexiste... et je ne sais quoi encore...
Ben, au début de l'incident si j'avais effectivement remarqué qu'il s'agissait d'une conductrice... (mais je ne suis pas contre les femmes, comme disait Sacha Guitry, je préfère même être tout contre!...) je n'avais rien vu des autres signes propres à cette voiture!
Signé: le péquenot de service...
Qui se pose toutefois la question de savoir comment aurait pu tourner cette farce... si ma jeune conductrice avait rencontré un citadin quelque peu énervé... voire un péquenot hargneux!
La canne-pétoire
Suite à la lecture de mes « Chroniques des années 50 en Mayenne », un correspondant vient de m'adresser un petit mail, dans lequel il me fait part de ses souvenirs personnels.
Et d'évoquer « la canne-pétoire (1)»... ce que nous prononcions avec l'accent des gens du cru, tels de vrais Bas-Mainiaux: «eun' cann'-peutouère » !
Mais pourquoi donc revenir sur ce machin insignifiant et inutile ?
Fait à base de sureau, permettant de lancer des boulettes de chanvre humidifié ou plein d'autres projectiles...
Tout d'abord parce que l'art de fabriquer ce jouet (et combien d'autres!) faisait l'objet d'une transmission par les plus «grands» envers les plus "petits".
Et donc de faire remarquer que, dès le plus jeune âge, chacun avait pris conscience qu'il était détenteur d'un certain savoir.
Que ce savoir se devait d'être partagé, y compris à l'école où les "grands" tenaient la main des "petits" sur leur page d'écriture, quand ce n'était pas pour jouer les répétiteurs sur la page de lecture...
Et que tout ce partage de savoirs engendrait un maximum de plaisir, tant pour celui qui donnait que pour celui qui recevait,
D'autre part, le jouet "canne-pétoire" ne coûtait rien ! Absolument rien ! Entièrement gratuit !
Il suffisait d'avoir appris à bien observer la Nature afin de déterminer le type d'essence à utiliser, pour ensuite sélectionner le tronçon de branchette le plus approprié...
Ah, quel bonheur que savoir « lire »... lire... aussi la Nature !
C'est à dire prélever du sens autrement que par l'écriture et l'alphabet...
Vous me direz que « dans ce temps-là », les enfants des
campagnes bénéficiaient d'une rare liberté dont ils usaient, abusaient parfois peut-être... mais dont ils avaient conscience qu'elle était source de joies intenses.
Nos parents ne se formalisaient pas de nous voir partir traîner dans les chemins, au bord des haies, le long des rivières, où tout était prétexte à observer, fouiner, découvrir.
Mais -et j'ai oublié l'essentiel- afin d'être performant, chaque campagnard se devait de posséder un outil, que dis-je ? Non pas « un », mais assurément « LE » truc miracle qui permettrait de mener à bien nos nombreuses entreprises.
Je veux évidemment parler de l'indispensable canif, LE véritable « couteau suisse » qui, bien que sommaire et ne comportant pas une quantité industrielle de lames, s'avérait LE compagnon idéal dont on ne se séparait que rarement.
Et peu importait de savoir s'il était de marque, ou « vulgairement » acheté au bazar du coin...
C'était bien l'aspect fonctionnel qui nous intéressait !
Lorsqu'après avoir (enfin!) obtenu le fameux "permis de port du canif", nous attachions triomphalement l'outil au bout d'une chaînette afin de ne pas le perdre si on devait sauter un fossé ou escalader une « émousse(2) ».
Et ce fichu canif devenait l'indispensable compagnon qui permettait de fabriquer tout à la fois d'autres outils ou bien des jouets, tailler des guignettes(3) pour abaisser les branches de noisetiers à la fin de l'été, fabriquer des cannes à pêche, des arcs avec leurs flèches, confectionner des petits moulins que l'on faisait tourner sur un ruisseau...
Et quand on maîtrisait l'art de la canne-peutouère, on évoluait vers le "musical" subier(4)!
L'imagination était au pouvoir.
Et l'expérimentation faisait partie du quotidien.
Je n'ai pas souvenir d'avoir vu un seul de mes compagnons détourner cette arme potentielle qu'est le canif vers d'autres tâches que celles lui étant dévolues.
Je crois bien même qu'il nous accompagnait jusque dans l'école.
Et personne ne s'offusquait de la chose !
J'imagine aujourd'hui un gamin de classe primaire se pointant avec un canif dans une enceinte scolaire !
Ou plutôt non ! Quand on voit déjà comment sont perçus les compas ou autres ciseaux... Je n'ose même pas imaginer !
Quel tollé général ce malheureux canif pourrait déclencher !... Un énorme buz, pas vrai ?
Autres temps, autres mœurs !
J'ai cependant conscience d'avoir pleinement bénéficié d'une école
« buissonnière » parallèle à la « vraie » école. Et combien ces deux formes d'apprentissage étaient complémentaires et infiniment riches.
Au temps des tablettes tactiles et autres jeux électroniques, à quoi bon se montrer nostalgique ?
Personne ne pourra pourtant m'empêcher de penser que le temps des canne-peutouères, ben... c'était quand même le bon temps !
PS1: sur la photo de groupe, le petit bonhomme tout à gauche avec des bretelles... l'auriez-vous reconnu? Rapport avec mon avatar?
PS2: le "petit" baigneur? mon frère Jacky au Moulin Neuf.
Lexique :
- (1) la canne peutouère (avec balle de chanvre) ou la canne gilouère (avec de l'eau) : que l'on peut traduire par sarbacane.
sortes de seringues taillées dans du bois de sureau à l'intérieur duquel se déplace un piston.
- (2) une émousse : tronc d'arbre étêté, de forme trapue. Idéal pour faire un château-fort quasiment imprenable!
- (3) une guignette : morceau de bois se terminant par un « crochet » permettant d'abaisser les branches ; mais une autre forme de guignette pouvait se terminer par un « Y » afin de soulager le fil à linge !
- (4) le subier: sorte de sifflet, parfois à coulisse, ce qui permettait de moduler les sons...
Quand le vent souffle sur les pales...
Samedi 29 décembre, il est 11h30...
Ses joues biens gonflées, Eole semble tonique.
Je consulte alors le site Météociel pour Bais, où je découvre:
Vent pratiquement Sud, vitesse moyenne 35km/h avec rafales à 65.
Je décide de monter en voiture vers La Roche.
Première prise de vue (et de son), directement au pied de la machine, où je n'entends pas le "flop... flop... flop..." habituel à chaque fois que la pale descendante passe devant le mât. Et ce, à quelque endroit que je me positionne par rapport au pied.
Le bruit du vent dans mes oreilles est largement supérieur à ce que peut générer ce grand moulin à vent.
Je recule d'une centaine de mètres... sous le vent.
Re-prise de vue (et de son).
Même perception auditive en ce qui me concerne.
A savoir que le micro est saturé, même si je le positionne dos au vent. Les branchages qui s'agitent sont nettement plus perceptibles que l'éolienne.
Je repars, et je m'arrête au carrefour du chemin qui file vers Jauneau.
Mon logiciel MemoryMap m'indique que je suis à 420 mètres du pied de mât.
Je filme depuis l'intérieur de la voiture, vitre droite ouverte...
Le micro n'est plus saturé, et on entend?
Je vous laisse découvrir...
Et j'y suis retourné le 30 décembre: