tranches de vie
Toi l'Auvergnat...
Mon titre ne vous révélera rien pour l'instant… Il vous suffira juste d'être un peu patient, n'est-ce pas ?
Cela fait donc déjà quelque temps que je séjourne dans le Cantal, sans objectif particulier si ce n'est d'y passer de bons moments.
Et je dois dire que je ne suis pas déçu. Pour plusieurs raisons d'ailleurs.
Au premier rang desquelles je voudrais une fois de plus dire tout le bonheur que j'ai de posséder un vélo à électrons !
En effet, ce fier coursier me permet de quitter la vallée et d'escalader les pentes qui vont me conduire sur les planèzes.
Où il m'est possible de « renifler » toutes les senteurs qui s'offrent à moi.
Cela va de la forêt de feuillus en passant par les pinèdes.
Sans oublier la palette qu'offre le regain des foins en partant de l'herbe fraîchement coupée pour finir avec la blondeur de l'herbe vraiment sèche. Avec toutes les tonalités intermédiaires.
Levant parfois les yeux vers le ciel, j'admire les harmonieuses spirales décrites par les oiseaux de proie.
Ce qui me contraint à stopper ma bécane… béatement.
Quant aux différents paysages…
Si vous ne connaissez pas la région du Puy Mary, c'est un manque qu'il vous faudra combler au plus vite.
D'autant plus qu'on y fait parfois de bien belles rencontres.
Dimanche matin…
Je suis parti en direction de Farges.
Puis Chavagnac.
C'est dans cette portion de circuit que je m'arrête.
D'une part pour me désaltérer, et d'autre part afin de faire le point sur l'itinéraire que je vais prendre pour rentrer au camping.
Je vois alors sortir un homme, qui me dit spontanément bonjour.
Je lui réponds, et il me demande :
« Seriez-vous perdu ?
- Non, non…
- Mais si je peux vous être utile…
- C'est très gentil à vous, mais je vous assure…
- Même pas un peu d'eau fraîche ?
- Ah, c'est pas de refus ! »
Il me fait signe de monter vers sa cour
Je lui tends ma bouteille… qu'il refuse en me disant :
« Mais non, entrez donc... »
Et me voilà introduit dans sa maison qui, comme bon nombre des bâtisses ce cette région, arbore au-dessus de la porte sa date de construction : 1861.
Et là, je me trouve plongé fin du 19ème siècle.
Au sol de grandes dalles disjointes.
Une vaste cheminée dont la fumée a patiné les murs ainsi que le mobilier.
A part le grand écran plat de 140cm… rien n'a dû vraiment changer.
Sa femme me remplit la bouteille.
J'adresse mes plus vifs remerciements.
Et nous entamons la conversation.
La pluie, le beau temps, la rudesse de l'hiver dernier qui les a bloqués chez eux plusieurs jours durant.
Et mon hôte de me demander :
« Vous allez où comme ça ?
- Ben je vais rentrer à Murat.
- Mais vous allez jamais y être rendu pour midi !
- Vous croyez ?
- Je crois que ça va pas être facile, d'autant plus que si vous passez par Fortuniès, ça continue de grimper. »
Et là, arrive la phrase qui va me scotcher.
« Dites-moi, vous voulez pas manger un petit quelque chose ? Ça vous donnerait des forces pour continuer votre chemin... »
Quelque peu hébété par une telle proposition, j'ai décliné poliment l'offre.
Et le monsieur d'ajouter :
« Ben si vous repassez par là, et que vous avez besoin, arrêtez-vous... »
J'ai salué mes interlocuteurs.
J'ai enfourché mon VTT.
Mais depuis un certain temps déjà trottait dans ma cervelle la chanson de Brassens :
« Toi l'Auvergnat qui sans façon... »
En ces temps où certains déplorent un égoïsme galopant, je me suis dit qu'il était extraordinaire de rencontrer des gens prêts à vous offrir l'hospitalité… sans idée de spéculer ou d'en tirer un quelconque profit.
Oui… Toi l'Auvergnat.
Quand tu mourras.
Quand le croque-mort t'emportera.
Qu'il te conduise
A travers ciel
Au Père Eternel !
Un peu de bon sens, que diable!
Cette simple réflexion parce que l'autre jour, mon voisin de camping me dit :
« C'est quoi ce truc là-haut ? Je pense que c'est un phare ? »
Et moi, très étonné :
« Un phare ? Au milieu d'un camping en plein Cantal, dans le fin-fond de la vallée ?
- Ben ouais, » que surenchérit mon interlocuteur.
J'ai essayé de lui faire comprendre que ce qu'il prenait pour un phare, ce n'était rien d'autre que le tubage en inox issu de la chaufferie. Ce dernier envoyait des éclats sous les effets du soleil couchant.
Mais dans la mesure où il n'a pas voulu en démordre et qu'il est du Finistère, ce breton qui, tel un marin aperçoit des phares partout se voit affublé du sobriquet l'Amiral !
Autre tétouinerie, toujours sur le même camping.
Cramponné au guidon de son scooter Piaggio, un Belge se fait pousser dans la légère descente qui mène à l'accueil… tout en injectant des coups de démarreur.
Son engin refuse obstinément de pétarader.
Lorsque je reviens une ou deux heures plus tard, je retrouve mon Belge accompagné de deux bonshommes. Tout ce petit monde essaie de déloger la batterie bien encastrée dans un recoin du carénage.
Et le pilote d'affirmer avec conviction :
« C'est un problème électrique, la batterie est à plat... »
Sauf que je relate aux témoins la séance « poussette »…
« Non, non, c'est la batterie.. » insiste l'entêté.
Un autre campeur arrive avec des câbles, qu'il branche sur la batterie d'une voiture.
A près quelques hoquets du Piaggio, son démarreur cale, impuissant.
J'ajoute alors :
« Voyez que c'est pas la batterie, puisque même avec celle de la voiture -pourtant bien chargée- votre scooter ne veut rien savoir...Vous avez noyé le moteur.
- Ah que non ! me rétorque mon Belge... Si j'vous dis qu'c'est la batterie. »
Et les aide-mécanos autour de moi d'ajouter timidement :
« Ben, le monsieur doit avoir raison, parce que en plus, ça pue l'essence un max…
- Non, non...C'est... »
Vous connaissez la suite.
Quelque peu agacé, j'ai abandonné le groupe, et zut ! Je suis parti prendre l'apéro, laissant mon Belge emmouscailler encore un peu davantage les gens qui daignaient lui porter assistance.
Ne me demandez pas ce qu'il est devenu…
Et enfin cette troisième anecdote.
J'arrive sur un camping, je dételle ma caravane, je baisse les béquilles… puis je m'en vais brancher mon fil à la borne électrique.
Je vois alors surgir un grand escogriffe d'Allemand qui, dans un sabir de français guttural tente de m'expliquer :
« Avant qu't'arrives, j'avais du courant ! Maintenant qu't'es là, j'ai plus de courant ! »
Comme chez moi ça fonctionne, je permute les prises, puis les câbles… et ça fonctionne toujours chez moi, pas chez lui
Je tente alors de lui faire comprendre que la coïncidence de mon arrivée n'a sûrement rien à voir avec ses ennuis.
« Non, non ! Avant qu't'arrives, j'avais du courant ! Maintenant qu't'es là, j'ai plus de courant ! »
J'avance alors timidement que, parfois, sans le faire exprès, on peut actionner le disjoncteur de la caravane, très souvent placé dans la penderie.
« Non, non ! Avant qu't'arrives, j'avais du courant ! Maintenant qu't'es là, j'ai plus de courant ! »
Agacé, je m'apprête à descendre vers sa caravane pour aller vérifier moi-même que le fichu disjoncteur…
Il s'interpose… me balance des « Ruhe...Ruhe... » (Du calme !)
C'est alors que je vois sa femme sortir de la caravane, pointant la lampe extérieure qui vient de se rallumer.
Comme par enchantement, le courant était revenu !
Ce qu'elle a pu dire à son furieux ?
Je n'en sais rien.
Mais à coup sûr, elle a ré-enclenché le p'tit bouton noir dans la penderie
Est-ce utile de préciser que, à l'issue de cet incident dont je n'étais aucunement responsable, je n'ai pas eu droit au moindre mot d'excuse ?
Mais si mes trois tétouins avaient fait preuve d'un peu de bon sens… hein ?
Ben, vous n'auriez pas eu droit à ces petites tranches de vie qui pimentent la vie des campeurs!
Et pas rien qu'eux !
Mais que diable, un peu de bon sens n'a jamais fait de mal à personne, n'est-ce pas?
Quel merveilleux métier!
Quel merveilleux métier !
C'est encore et toujours ce que je me dis lorsque j'évoque toutes les anecdotes accumulées au long de ma carrière d'enseignant… même plusieurs années après avoir quitté les bancs de l'école.
Cependant, il risque de ne pas y avoir les mêmes souvenirs joyeux chez tout le monde.
Mais lisez plutôt...
Comme vous le savez déjà si vous êtes habitué(e) de ce blog, je nourris une dévorante passion pour l'aéromodélisme.
De ce fait, je n'oublie jamais d'emporter dans mon grand coffre de toit quelques modèles afin de les faire évoluer sur tous terrains.
L'autre soir, au bout du camping de Murat, je vois approcher deux gamins et leur mère.
Qui me bombardent de questions sur mon modèle, sa caméra embarquée…
Et la maman de me dire :
« N'auriez-vous pas été enseignant par hasard ?
- Si… Pourquoi ?
- Ben à la façon dont vous faites partager votre activité… votre passion… avec des images très parlantes pour les enfants… Avec en permanence, au travers des questions que vous leur posez, le souci de savoir s'ils ont compris ce que vous dites…
- Ah… déformation professionnelle sans doute…
- Peut-être, mais… »
Puis après quelques autres échanges évoquant les méthodes pédagogiques, le fait que j'avais mis en place au sein de l'école un atelier modélisme (j'y reviendrai un peu plus loin...), la jeune femme, apparemment très gênée, me demande :
« Et vous avez fait le même métier toute votre vie ?
- Oui, pourquoi ?
- Ben… je suis professeur des écoles… Et… J'avoue… comment dire ? Je ne me sens pas à ma place dans cette institution qu'est l'Education Nationale. J'envisage de bifurquer vers un autre métier… et abandonner le Mammouth… (cf le ministre Claude Allègre).
Faut aussi vous dire que je suis très admirative devant votre fougue encore juvénile pour évoquer ce métier d'enseignant que vous semblez avoir exercé avec passion... »
Fin ce ce premier acte… que je perçois toutefois avec une profonde tristesse vis à vis de cette jeune femme.
Parce que, même si cela fait déjà 15 ans que j'ai quitté ma classe, ce métier d'enseignant me procure encore bien des satisfactions.
Jugez plutôt :
Nous déambulons dans les rues de Salers.
S'approche un grand gaillard qui nous dit :
« Bonjour Madame et Monsieur Munoz ! »
Et moi immédiatement :
« Salut Vincent... Vincent… Vincent… Ah, zut, j'ai oublié ton nom de famille. »
Le jeune homme me donne alors la première syllabe, et toc… tout est recadré.
Il nous présente sa femme, ses trois enfants, et le voilà parti à évoquer ses souvenirs.
« Ah, le CP avec madame Munoz…
Et le CM avec monsieur Munoz… »
Puis s'adressant à moi :
« J'étais pas un bon élève, hein ? Mais qu'est-ce que j'aimais le mardi après-midi, quand l'école était complètement éclatée en différents ateliers.
Moi, j'avais choisi l'aéromodélisme. Ben… vous me croirez si vous voulez, mais le modélisme, ça a beaucoup aidé les manuels comme moi à surmonter pas mal de difficultés… et même encore maintenant.
Et puis il faut que je vous dise : j'ai déménagé plusieurs fois depuis que j'ai quitté l'école… Mais mon « avion » me suis partout. Bien emballé… Je fais attention à ne pas lui casser la moindre nervure… J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. »
Les trois enfants sont là, bouche bée, écoutant leur père avec grand intérêt…
Et moi, je prends encore une fois conscience de ce que ma façon d'enseigner a pu « marquer » certains élèves.
Elèves que je retrouve toujours avec grand plaisir.
Comme ce fut le cas l'autre jour à Aurillac.
Où je savais dénicher Florian.
Qui tient avec sa jeune épouse un restaurant nommé… la Table des Matières.
Restaurant sur les étagères duquel figurent d'anciens manuels que les instit's Munoz leur ont procuré quand l'établissement a ouvert.
Et Florian d'évoquer son passage dans notre école.
Et de dire avec une certaine fierté à ses clients installés en terrasse :
« Voyez, j'ai le grand plaisir aujourd'hui de servir ma maîtresse de CP et mon maître de CM2... »
Voilà…
Souhaitant presque occulter la première anecdote qui me peine, je préfère plutôt me tourner vers les deux dernières.
A elles seules, ne suffiraient-elles pas à justifier pleinement le titre de ma rubrique du jour ?
Quel merveilleux métier que celui d'enseignant!
A propos de "la Table des Matières" où nous avons magnifiquement déjeuné, vous pouvez toujours dire que vous venez de ma part… mais n'oubliez pas de réserver !
In-dis-pen-sable !
http://www.restaurant-latabledesmatieres-aurillac.com/
Que d'E-motion!
Faut que je vous raconte !
Ce matin, j'enfourche mon petit vélo électrifié en direction de… et puis en cours de route, j'avise une pancarte « Route des Gazelles ». Et comme ça me plaît bien… je me dis : « Allons-y ! »
Mais ça monte plutôt raide.
Je parviens à un carrefour où l'on peut lire : « Route forestière interdite à tous véhicules »
Bof… allons-y quand même.
A ma droite, un ruisseau distille son gentil babil en sautillant sur les cailloux.
L'odeur des pins sciés côtoie agréablement celle des feuillus.
Je pédale quasiment toujours à l'ombre, mais qu'est-ce que ça monte !!!
Je vais d'ailleurs perdre la première barre de la batterie après avoir parcouru moins de 6km…
Cela ne m'était jamais arrivé !!!
(Dans l'après-midi, un petit détour vers Endomondo me permettra de comprendre que j'ai avalé 450 mètres de dénivelé en un peu plus de 6 km… soit une pente moyenne d'environ 7%!)
Je parviens enfin au col de la Molède, où je rencontre un couple de Vététistes charmants…
Avec lequel j'échange quelques propos.
La dame suggère de me prendre en photo.
Et je plonge ensuite dans la descente vers Albepierre. Avec des pentes à plus de 10 %.
Ayant rattrapé la route goudronnée, je savoure mon plaisir.
Puis je bifurque à droite afin de regagner la chapelle de Bredons par le sentier de randonnée qui surplombe la vallée de l'Alagnon.
Caillouteux à souhait… sourceux à la moindre occasion…
Gare à la chute !
La fontaine de Bredons est atteinte... et hop, à gauche pour une folle glissade sur la route bitumée qui me conduira au camping.
Où Annie m'accueille avec un grand :
« Alors, c'était comment ?
- Ben je crois que même avec l'assistance électrique, je n'en ai jamais tant bavé.
- Des photos ?
- Ouais, j'vais te montrer..»
Mais, mais... où est l'appareil photo ?
C'est alors que je comprends le scénario : avec les cahots du sentier avant la fontaine, il a dû en profiter pour sortir de sa sacoche.
Vite je saute dans la voiture… Je croise des marcheurs, à qui je demande si par hasard..
Non, ils n'ont rien vu.
On change alors de stratégie : je remets mon VTT sur le porte-vélo, et Annie m'accompagne jusqu' à l'entrée du sentier…
Et je repars à VTT vers la fontaine… En très légère descente
Je scrute..
Un km… rien
Deux km… toujours rien..
Et tout à coup, ben en vue sur le sol… que vois-je gisant dans l'herbe au milieu du sentier ?
Mon appareil photo !
Je le relève délicatement, et je l'allume : il fonctionne.
Je veux téléphoner ma joie… mais je n'ai pas de réseau...
Je reprends alors le chemin à l'envers, et je ne mégote pas sur l'assistance.
Puis, à la faveur du dernier virage, j'aperçois mon épouse qui a, elle aussi, tenté de me téléphoner.
Du plus loin que je la vois, je brandis la canne selfie à laquelle était accroché mon numérique.
Elle comprend alors que l'opération a été menée avec succès !!!
Tout est bien qui finit bien…
Mais… Après avoir déjà connu de belles émotions à Châtillon en Diois, où j'avais perdu mon numérique, que j'avais miraculeusement récupéré, que va-t-il m'arriver encore maintenant ?
Jamais deux sans trois !
Les joies du camping
La pratique du camping réserve parfois de bien cocasses situations.
Scène 1 :
Dans une douche j'entends un gamin qui beugle :
« J'aime pas la douche ! »
Et son père de lui répondre :
« Mais si tu te laves pas, tu vas être sale…
- J'm'en fiche d'êt' sale… J'aime pas la douche… »
Le tout émis au travers de profonds sanglots…
Et le gosse d'ajouter :
« J'préfère quand c'est maman qui me fait des câlins…
- Ouais, mais si tu te laves pas, maman trouvera que tu sens mauvais… et elle aura pas envie de te faire des câlins !
- M'en fous... j'aime pas la douche ! »
Scène 2 :
J'entre dans le local où l'on fait la vaisselle.
Un homme sifflote joyeusement tout en tournicotant son éponge sur le cul d'une casserole qui semble avoir déjà bien vécu.
Je lance un « bonsoir » convaincu.
Le mec ne répond pas et continue de torcher sa casserole.
Arrive son épouse.
Il s'adresse alors à elle :
« Tiens, tu peux récupérer la cocotte... »
Il se remet à siffloter.
Et moi, dans tout ça ?
Ben j'entame gaillardement le sifflotement de l'Internationale. (C'est la luuuutte finaaaaale... »)
Et subitement, mon voisin de merle cesse son tour de chant !
Scène 3 :
Dans la mesure où le vent est tombé, je sors mon Dream Surfer pour lui faire effectuer son traditionnel vol du soir.
Faut dire que j'ai juste à côté de mon emplacement une zone bitumée, idéale pour réaliser de jolis atterrissages.
S'approche une dame d'âge mûr, vêtue d'un pull rose flashy du plus bel effet(?) ; elle me lance en rigolant :
« Alors, on est retombé en enfance ? »
Encore une qui se croit intéressante!
J'y suis pourtant habitué… Mais ce genre de propos a toujours le don de m'agacer.
Et moi, dans tout ça ?
« Ah, là, ma p'tite dame, vous commettez une première erreur…
- Euh... pourquoi ?
- Ben, faut savoir que l'enfance, je ne l'ai jamais quittée… Et toc !
Et si tant est que -pour ma part- je sois retombé en enfance comme vous le dites, je ne pense pas que ce soit pire que d'être entré prématurément en sénescence, si vous voyez ce que je veux dire ! »
La p'tite dame a piqué son fard, et s'est tirée pour se calfeutrer dans son fourgon camping-car décoré comme un fourgon mortuaire.
Mais si, mais… Tout noir avec des vitres teintées en noir.
Un fourgon sans doute issu de chez Leclerc Pompes Funèbres…
Fin de l'acte 1
La suite ?
Dans un prochain numéro peut-être ?
I will survive...
Juste dans l'axe des pattes de devant, que voyez-vous?
Quelques trognons, n'est-ce pas?
Ben, il y a encore quelques minutes se dressaient là 3 ou 4 fières hampes de trémières.
Vous me direz: "Mais quelle idée de pousser à cet endroit si accidentogène pour une fleur?"
J'en sais fichtrement rien...
Quand je pense à d'aucun(e)s qui ne parviennent pas à en faire pousser sur leur terrain.
Bref, la bestiole a bouffé la feuille, l'argent de la feuille et la trémière qui va avec.
Amen!
Le texte dont vous venez de prendre connaissance figurait dans un mail que j'avais adressé en privé à quelques-uns de mes correspondants habituels... il y a quelques jours.
Mais, non contentes d'avoir décapité mes trémières, les bestioles sont revenues une nouvelle fois à la charge quelques jours plus tard, pour ne rien laisser du tout de la cépée du haut... et ratatiner un tout petit peu plus bas ce qui témoignait encore du carnage précédent.
Quelques jours s'écoulent encore...
Et ce matin, que vois-je?
Tout au bout d'un manchon décharné, une timide fleur rose, unique rescapée du massacre.
Ben faut avoir envie de vivre!!!
Non, c'est même pas avoir envie de vivre, c'est montrer sa volonté de survivre.
D'où mon titre: I will survive!
Mais pour combien de temps encore?
https://www.youtube.com/watch?v=PNDl41HfvxI
Ah.... Si je pouvais faire en sorte de sauver cette fleur...
/https%3A%2F%2Fwww.paroles-musique.com%2Fartiste%2Fphoto%2Fg%2Fgloria_gaynor-2671.jpg)
Traduction Gloria Gaynor I Will Survive lyrics - traductions musique
Traduction de I Will Survive - Gloria Gaynor Visiteurs (Jour/Sem/Mois)3 - 14 - 447 Fiche traduction I Will Survive Gloria Gaynor lyrics Langue : Réseaux : Autres traductions de Gloria Gaynor #1 par
http://www.paroles-musique.com/traduction-Gloria_Gaynor-I_Will_Survive-lyrics,t25115
Epilogue...
Il était une trémière...re..
Et ron et ron petit patapon
Il était une trémière...re...
Qui finit dans l' bedon don don
Qui finit dans l'bedon
Et en tendant l'oreille, on pouvait entendre près du bedon, une petite voix étranglée qui disait:
Badineries florales et butineries...
Je suis allé faire évoluer un de mes planeurs sur la butte de la Roche.
Vent de Sud à Sud-Ouest, chaleur importante, au point que les jeunes bovidés qui viennent d'habitude systématiquement à ma rencontre sont restés planqués à l'ombre d'une haie.
Et au moment de ranger mon modèle dans le coffre...
Un insecte butine sur une fleur de chardon
Je sors mon smartphone que je colle au ras, afin d'obtenir le plus gros plan possible...
Et voilà ce que ça donne:
Et comme il y avait d'autres fleurs sauvages juste à côté, je vous propose une deuxième séquence:
Les épouvantails de Saint Thomas de Courceriers
Saint Thomas de Courceriers? Vous connaissez?
Je vous pardonne de ne pas le connaître, mais à l'approche de l'été, ce village du Nord-Est mayennais voit naître de bien curieux personnages.
Que l'on trouve dans le bourg...
Mais également le long d'un parcours fléché...
Chaque personnage est affublé d'un numéro... et lors de ma visite ce 21 juin, j'ai répertorié presque un soixantaine "d'épouvantails".
Le théme choisi pour cette saison 2015 était la musique.
On a donc pu voir nombre de trompettistes ou de violonistes.
Mais également un chef d'orchestre... une danseuse...une gitane..
Et quantité de guitaristes.
La suite en images ici:
Comptez toutefois sur une distance d'environ 5 km si vous voulez faire le tour de tous les personnages.
Bonne balade!
Dans le même esprit, il y a quelques années à Villeneuve les Maguelone, un parcours pédestre ou cycliste, avec des "épouvantails animés", certains par le vent, d'autres par les visiteurs eux-mêmes... qui, en actionnant une manivelle ou tout autre mécanisme, mettaient en route de la musique, remplissaient une chasse d'eau...
Et comment vous faites pour le faire revenir?
Faut que je vous raconte.
Comme j'ai l'habitude de le faire très souvent, je me suis posté au pied du Montaigu.
Parce que j'y suis tranquille
Parce que les rares personnes qui empruntent cette portion de route sont des connaissances qui m'adressent un signe de main au passage...
Parce que, avec un petit coup de moteur, hop, c'est parti pour des vols qui durent parfois une heure... laps de temps que mes cervicales ont du mal à franchir.
Parce que le vent de Nord génère une portance que mes planeurs apprécient.
Parce que...
Et puis, parce que...
Mais pourquoi est-ce que je suis en train de vous bombarder avec des Parce que? Vous ne m'avez rien demandé en fait!
Bref..
Hier, pendant que mon planeur évolue sous un gros nuage noir, j'avise tout au bout de la route un marcheur arborant un "marcel" rouge, short bleu, bâton noueux à la main... et tongs aux pieds.
Lorsqu'il arrive à ma hauteur, il me salue, je lui réponds, il s'arrête... et commence alors son long questionnaire.
"Vous avez pas de drones?
- Non...
- Ben pourquoi?
- Parce que ça ne m'intéresse pas.
- Et pourquoi ça vous intéresse pas?
- Parce que ça plane pas.
- Mais c'est pourtant la mode..."
Là, j'ai failli lui répondre que la mode, je me la mettais...
Mais j'ai encore quelques bribes de bienséance... jusqu'à un certain point toutefois.
Et lui d'ajouter:
"C'est quoi qui cause?
- La dame qui est dans mon émetteur, elle indique l'altitude du modèle.
- Ah... ben, c'est pas une dame qu'est dedans!
- Je sais, il s'agit d'une voix de synthèse, mais je trouve le renseignement très pratique.
- Ah, et pourquoi?
- Cela permet de confirmer mon impression visuelle pour savoir si le modèle est dans une ascendance ou pas.
- Pas mal... J'y avais pas pensé... Et vous pouvez le faire monter jusqu'à combien?
- Mieux vaut s'arrêter avant de ne plus rien voir..."
Mon interlocuteur marque un temps, et renchérit avec la question qui tue:
"Et comment vous faites pour le faire revenir quand vous le voyez plus?"
Et moi, quelque peu agacé:
"Ben je le siffle, je lui dis Aux pieds!, et mon modèle accourt!"
Là, j'ai eu comme la vague impression -sans doute réelle- qu'il avait compris que je me payais sa tête.
J'ai vite ajouté:
"Plus sérieusement... ça existe, certains drones sont équipés d'un système qui, grâce à un simple basculement d'interrupteur sur l'émetteur, reviennent à la maison. Tout dernièrement, j'ai d'ailleurs acheté un bidule dans ce genre... Mais,
- soit je me suis gourré à l'achat,
- soit j'ai pas su le programmer...
J'ai pourtant pas dit mon dernier mot... parce que je me remettrai prochainement les mains dans le cambouis, parce que le système m'intéresse, ne serait-ce que pour programmer un parcours via des way-points (points de passage)
Et puis parce que les nouvelles technologies constituent un vaste champ d'investigation...
Parce que je voudrais pas mourir idiot...
Parce que..."
Là, mon bipède au marcel rouge a semblé perturbé.
Je n'ai plus eu droit au moindre Pourquoi ou au plus petit Comment... et je n'ai donc pas eu à balancer le fatal Parce que...
Mon questionneur est resté muet quelque temps; puis il m'a souhaité bon vol... et a disparu un peu plus tard à la faveur d'un virage.
L'homme aux tongs et aux multiples questions, je ne le voyais plus...
C'est alors que je me suis demandé pourquoi je me posais cette stupide question (c'était bien mon tour, non, de demander et pourquoi et comment):
"Ben... quand tu ne le vois plus, comment tu fais pour le faire revenir?"
- Parce que...
Bien sûr!
Epouvantails et VTT
En ce dimanche où le soleil semble revenu, j'ai pris mon courage à deux mains, le guidon de mon VTT des deux autres, et je suis parti effectuer une virée.
Les premiers tours de pédales ont été difficiles! Pensez, cela faisait plus de 15 jours que je n'avais ni marché, ni vététisté!
Et comme j'ai eu la "bonne"(?) idée de partir vers La Chapelle au Riboul, je me suis trouvé avec le vent dans le nez dès l'entame de mon parcours!
J'ai donc mis lentement et progressivement la machine humaine en route, en l'accompagnant d'une aide électrique bienvenue.
Après avoir atteint le couvert de l'ancienne voie ferrée, j'ai pu rencontrer une multitude de gens qui marchaient, qui couraient, qui pédalaient...
J'ai même vu déboucher subitement un petit écureuil, qui a trotté une vingtaine de mètres devant moi, avant de bifurquer sans prévenir en direction d'un cerisier sauvage qu'il a escaladé en un éclair.
Nippe pour la photo.
Toujours bredouille quand un geai s'est posé sur ma droite: arrêt, prise de l'appareil numérique... appui sur le bouton marche... et l'oiseau multicolore s'enfuit à tire d'ailes.
Pas davantage de réussite avec une buse, qui se pose sur un poteau téléphonique, redécolle... plane en effectuant un virage, revient se poser sur le même poteau, et au moment où je suis prêt à déclencher le déclic, pftttt, elle s'en va... avec le soleil pile dans l'axe. Ce qui m'éblouit bien évidemment!
Un peu dépité tout de même, j'ai mieux réussi mon coup lorsque, dans un champ, j'ai aperçu deux épouvantails dont les jupailles virevoltaient sous la brise.
Entre Grazay et Jublains, je pénètre dans le bois de la Guesnerie... où un autre "épouvantail" vient juste de se désaltérer!
Chapelle de Doucé, Jublains, virage à gauche direction Hambers, où un jeune cycliste me double dans l'ascension de la Saulaie.
Dans la descente, je croise un couple assez âgé qui escalade la côte sur de magnifiques vélos au cadre tout carbone.
Hambers... et son plan d'eau, où quelques pêcheurs s'adonnent à leur loisir favori.
Je refais le plein de liquide, je bois un bon coup, et je repars en direction du Montaigu.
Juste avant "La Mare", je bifurque à gauche pour emprunter le chemin de terre. A partir de cet instant, je vais pratiquement abandonner le goudron pour utiliser un itinéraire nettement plus bucolique.
Par endroits, le sol est tapissé de pétales blancs comparables à des confettis.
Il faut dire que les haies sont abondamment fleuries et qu'elles embaument l'atmosphère.
Quant aux cerisiers sauvages, ils laissent entrevoir une excellente récolte dans les semaines à venir...
Arrivé au parking du Montaigu, je contemple le paysage tout en me désaltérant, puis je me laisse glisser vers le chemin qui, via le carrefour des Pommiers, me ramènera vers Bais.
Quelques passages boueux m'obligent à mettre pied à terre.
Je parviens à la Colouzière, qui m'offre un vaste panorama vers la gauche.
Arrêt pour une photo... d'un autre épouvantail!
Et je plonge dans le chemin creux.
Sur ma droite, un ruisselet distille un gentil gazouillis qu'accompagne le chant des oiseaux...
N'hésitez pas à monter le volume du son...
Sortant du petit chemin, je découvre à nouveau un vaste panorama qui embrasse le tranquille bocage verdoyant.
Je boucle enfin mon circuit avec un peu plus de 37 km au compteur... et je n'ai "mangé" qu'une seule barre sur les 5 que propose la batterie.
C'est dire si j'ai été peu "gourmand"!
Il est presque midi...
Et l'épouvantail au maillot rouge se montre très satisfait de sa sortie...
A la prochaine!




























