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Photo / VTT / Billets d'humeur /  Géocaching / Modélisme / Années 50
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Les yeux exorbités...

20 Octobre 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Ben voilà: les conditions d'hier avaient été clémentes et m'avaient permis de faire  voler jusqu'à plus soif mon grand motoplaneur Dragonfly...
Pour aujourd'hui, Météo-France prévoyait que le temps allait changer.
Et de fait: depuis le matin, on se trouvait avec une épaisse grisaille plombant le ciel... mais il était prévu que cela devrait se lever en cours de journée... avec vent forcissant et virant au Sud-Ouest.... précédant la traditionnelle arrivée de la pluie  en pareil cas.
Mais l'info "vent de Sud-ouest" était tout de même intéressante. Suffisait de guetter la fenêtre.
C'est pas à un vieux singe...

Je me mets donc en devoir de guetter le ciel, mais  les nuages bas tardent à foutre le camp...

Lorsque  vers 15 heures, le soleil finit par transpercer le voile de brume, et voilà que tout se dégage presque instantanément.
Vite, je "jette" de quoi faire voler dans le coffre de la voiture, et  je pars vers ma pente nommée La Roche. Après avoir  garé la voiture, j'emprunte le petit chemin creux  qui me conduira vers mes futurs exploits.
Cependant,  j'entends le vent qui hurle dans les branchages...  Hum... N'ai-je pas été un peu présomptueux?
Mais j'ai pris des modèles adaptés à la baston!!!
C'est pas à un vieux singe...
Après 800 mètres de marche, je débouche dans la prairie, et il faut reconnaître que ça ventile un max.
Le petit HD 01 étant tout monté, j'allume la radio et je le lance.
Je ne tarde pas à comprendre: les quelques 300 grammes de mon moustique  se font chahuter un maximum. D'une aile sur l'autre, et presque en vol tranche,  et que je te prenne 20 mètres d'un coup... pour les reperdre tout aussi brutalement quelques secondes plus tard.
Bof, vaut mieux poser.
L'atterro est  sportif... mais sans anicroches. Durée du vol: 2 minutes 18 secondes...

Je passe à l'autre modèle, un Vény plus "costaud" appelé à se défendre dans le vent.
C'est pas à un vieux singe...

J'assemble, vérification des gouvernes, et je lance.
Malgré la masse plus importante, ce Vény se fait pareillement bousculer,  tel un fétu de paille.
Et  le pilotage ne m'est pas agréable du tout.
Pourquoi alors s'entêter?
D'autant  que le vent souffle de plus en plus fort, qu'il s'engouffre derrière mes lunettes, que cela me sort des larmes qui tourbillonnent derrière les carreaux, et que j'y vois de moins en moins clair.
J'ai beau me positionner la tête de travers afin de provoquer un courant d'air qui assècherait mes pleurs, rien à faire. Et pour "arranger" le tout, j'ai le soleil juste dans l'axe de vol: il est   de plus en plus bas sur l'horizon, et il s'amuse à me faire coucou pour bien m'enquiquiner...
Et c'est ainsi que j'ai l'impression d'avoir les yeux qui me sortent de la tête...

Ce qui me fait  faire la grimace...

C'est pourtant pas à un vieux singe...
Mais intérieurement  je me marre quand même, en pensant au dessin qui figure sur la dérive de mon planeur.
Jamais il n'avait collé à la situation avec autant d'acuité!!!

De guerre lasse, j'ai entrepris de poser.
C'est là que les aérofreins "crocodiles" très efficaces m'ont rendu un grand service.
Durée du vol: 6 minutes 20 secondes.
Si vous faites le calcul, j'ai piloté moins de dix minutes.
Et ça, c'est plutôt surprenant en ce qui me concerne...
Exorbitant, non?
Car en général, quand je sors, j'en prends pour une heure environ...
Mais, là, franchement, j'ai trouvé que la situation était in-te-na-ble!!!
"On fera mieux la prochaine fois..."

Dixit le vieux singe!!!!

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J'ai rencontré le Petit Prince

11 Octobre 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

En cette période où le Monde ne sait plus très bien où il va…

Où les économistes s’arrachent les cheveux…

Où notre planète Terre  ne tourne plus très rond…

Il est des petits plaisirs bien loin des préoccupations bassement matérielles.

 

Que je vous raconte :

Je me trouve dans un  grand magasin, symbole de notre société de consommation ;    ma femme est à la recherche d’un objet décoratif… Moi, essayant  de tuer le temps,  je déambule dans les allées…et tel le « grand » gamin que je suis resté,  j’arrive fatalement au rayon des jouets.

Il faut dire que nous sommes mi-octobre. Des vendeuses s’affairent à déballer des cartons, disposer les boîtes de jouets sur les étagères, poser les étiquettes.

L’effervescence qui précède Noël.

Dans cette caverne d’Ali Baba, des gens vont « craquer » des sommes rondelettes(1) afin d'acquérir un affreux  King-Kong en peluche,  ou le dernier gadget à la mode... 
Et je suis  quelque peu effrayé par la laideur des monstres et autres robots  qui peuplent abondamment  cet astéroïde desjoujoux. 
Le nez en l'air vers les boites situées tout en haut, je me plais cependant à penser malicieusement que le carton d'emballage   servira peut-être plus longtemps de jouet que le contenu lui-même. 


Quand, sur cette planète où le plastique est roi,  j’entends,  sortie de nulle part, une petite voix qui m’apostrophe
 :
  
« Dis, Monsieur, tu sais où sont les billes ? »

Je baisse le nez, et là, je découvre à mes côtés,  un charmant bambin, haut comme trois crêpes, qui s’adresse à moi avec la candeur  du Petit-Prince.

M’aurait-il pris pour  un vendeur ? Ou  peut-être pour  le père Noël ???

Il est vrai que je possède en ce moment une barbe blanche très fournie.

 

Emu  et enchanté  par cette demande fort amène, je réponds sur un ton rieur:

« Ben non, mon bonhomme, je ne sais pas où sont les billes...
Mais regarde là, à quelques mètres devant nous
 : il y a une vendeuse. Demande-lui, elle doit savoir. »

Tout en se précipitant  vers la jeune dame, le gamin me lance :

« Merci M’sieur ! »

Puis s'adressant à l'employée du magasin:

« Dis, Madame, tu sais où sont les billes ?

-         Oui, bien sûr, tu avances un petit peu, et tu tournes juste après les pères Noël escaladeurs. Tu vas trouver les billes à cet endroit.

-         Merci Madame. »

 

Tel du vif-argent, le gamin a disparu au coin du rayonnage, et je ne l’ai pas revu.

Apparition furtive d'un petit renard, que je n'ai pas eu le temps d'apprivoiser(1)...
«
 Dis Monsieur… »

 

A chacun son Petit Prince, n’est-ce pas ?

(1) Le Petit Prince, chapitre XXI intitulé   "Le renard":
"Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître.
Ils achètent des choses toutes faites chez des marchands..."

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Oxymore

6 Octobre 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Qui n'a jamais entendu cette expression, couramment utilisée dans le Midi?
"Il est grand, ce petit!'
Méridionnal bon teint, mon père en était friand...

Tout comme il était friand des pièces de Pagnol, dont il citait des tirades ou des répliques, à la manière de Raimu qu'il essayait d'imiter...
"Mais tout le monde le sait bien que c'est dans la Marine française qu'il y a le plus de cocus... quarante!"


Ainsi donc, tel Monsieur Jourdain qui   faisait de la prose sans le savoir,  mon géniteur  ne savait pas, le bougre, qu'il utilisait une tournure de style que l'on nomme
"un oxymore".

Bigre!!!!

Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne le savais pas non plus, jusqu'à ce matin!
En effet, écoutant avec attention ma chaîne de radio favorite, j'entends prononcer "oxymore"  dans la bouche de deux journalistes différents, à quelques minutes d'intervalle. Tout ça pour évoquer la parole de madame notre ministre  de l'Economie, à propos d'une "croissance négative".

Une croissance, c'est dans le sens positif, non?
J'imagine mal une croissance négative...
Il faut cependant  avouer que mes talents d'économiste sont asymptotiques à... zéro! (Ne serait-ce pas là un pléonasme?  Tout comme le serait sans doute une "croissance positive"!)

Mais quelle élégance dans le style...S'exprimer par oxymore...
Dans le clair-obsur...
Il faut dire que certains "grands"  de la littérature ont apporté leur contribution à la chose:

« Ne l'entendez-vous pas, cette cruelle joie, » (Racine, Berenice)

« La clarté sombre des réverbères » (Charles Baudelaire, Les Paradis artificiels)

« Un affreux soleil noir d'où rayonne la nuit » (Victor Hugo)
                                               Citations extraites de Wikipédia (adresse URL en fin de page)

"Croissance négative..."  Tout ça pour ne pas prononcer le mot "récession" à propos de l'économie!
(Puis-je vous faire une confidence? Il paraîtrait que le mot récession aurait tendance à épouvanter le Monde).

Plagiant alors notre Ministre (j'aime bien m'inspirer des "grands" de ce Monde*), je me plais   à imaginer ce que pourrait être une... décroissance positive.

Madame le Ministre, je tiens à vous remercier de m'avoir enrichi. D'autant plus que  cela ne vous a pas coûté un centime... Plus exactement, je vous remercie d'avoir indirectement enrichi mon vocabulaire par le truchement de journalistes amoureux de la langue française.
J'espère tout simplement que je ne serai pas taxé sur cette plus-value!

En attendant, je crois au moins avoir compris une chose: pour "communiquer" savamment en ce début de XXIème  siècle, il faut maintenant posséder une vocabulaire que sort de l'ordinaire...
Un vocabulaire ordinairement littéraire  et recherché!

Vive l'oxymore!
Qui permet d'enfumer les abeilles que nous sommes.
Et sur ces bonnes paroles... je me casse*!


*toute référence à "Kivousavé" ne serait que pure coïncidence! Ou une fortuite certitude!!!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oxymore

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Partageons l'ascendance

14 Septembre 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Je vous ai fait part tout dernièrement du spectacle que m’avaient offert quelques buses lors d’une séance vol de pente. (voir sur le blog : « Ballet aérien »)
Je suis sorti à nouveau hier, sur un autre site.

J’ai pu, là aussi,  observer des buses, mais dont le comportement était tout autre. Ici, pas de chasse, pas de dog-fight.  Rien que du vol à voile au cours de cette séance.
Et puis j’ai pu observer aussi quelques corvidés qui, lorsqu’ils délaissent leur vol battu un peu lourdaud, se montrent également très fins voiliers.

 Et puis…  une situation que j’avais déjà pu remarquer : à certains moments, pas un seul nuage dans le ciel… ce qui ne facilite pas le repérage des ascendances.  Mais mon planeur en touche une, je le centre… et ça grimpe… sur fond de ciel tout bleu.  C’est alors qu’apparaissent très furtivement de nombreux  « éclairs » blancs, visibles  pendant toute la durée où j’ai pu exploiter ce thermique « bleu ». Des étoiles filantes en plein jour!
Me tromperais-je énormément en pensant qu’il s’agit du ventre blanc des hirondelles ?
Un véritable « nuage » beaucoup plus haut que mon planeur!
Je suppose qu’elles étaient là  au moins pour deux raisons, (voire une troisième: la paresse!)

-  1-       
économie d’énergie:  puisque ça « plane » tout seul  sans trop se fatiguer!
-  2-        
réservoir de nourriture providentiel,  puisque les moucherons doivent se trouver « absorbés » par l’ascendance : suffit de les gober !

Et puis un peu plus tard, ma découverte du jour, plus surprenante sous nos latitudes mayennaises.
Alors que mon planeur grimpe gentiment, j’aperçois au-dessus de lui un bel oiseau qui tournoie.
Majestueux.
A la taille, on pourrait penser à  un héron, devenu très commun dans nos contrées…
Mais je suis persuadé que ce n’était pas  un héron; pour les  raisons suivantes:
-         
le plumage  de l’animal comportait des zones blanches très nettement visibles ;
-         
et le cou! Chez le héron en vol,   le cou prend la forme caractéristique d’un « Z » replié vers le corps, si bien que le « fuselage » semble un peu plus trapu.  Ici, le cou était longuement étiré avec le  bec en prolongement. Et les pattes finissaient de profiler  agréablement la longue silhouette.

Mon hypothèse ? Il pourrait s’agir d’une cigogne, d’autant plus que la  presse locale  en a signalé une il y a quelques jours, posée dans le champ d’un agriculteur  mayennais,  à quelques dizaines de km d’ici…

Ma"  cigogne a pris un max d’altitude puis, après avoir consulté son ordinateur de bord,  son GPS et son altimètre,  elle a jugé qu'elle pouvait rejoindre une autre ascendance lui permettant de progresser vers les pays chauds. Elle a donc mis le cap au Sud, vent arrière pour aller plus vite,  et je ne l’ai pas revue.
Dans le domaine du vol à voile, certains  oiseaux sont de véritables champions dont l'Homme s'est inspiré!

Grandes manoeuvres des hirondelles...
Un  cigogne   qui file vers le Sud...
Tout cela  venait soudain de me faire prendre conscience que nous étions en pleine période  migratoire.
Avec des techniques fort différentes.
Les hirondelles se déplacent en voyage collectif, et ravitaillement en vol...
La cigogne quant à elle adoptant plutôt la philosophie du routard, avec obligation de se poser périodiquement pour effectuer des escales techniques afin de se procurer  l'indispensable  nourriture.

Mais plutôt que de tomber dans la morosité au constat de cet été qui se meurt lentement, j'ai  pensé qu'il était préférable de savourer mon plaisir.


Le partage  de l'ascendance   permet  en effet  de bien jolies découvertes,  et procure d'immenses joies.


 

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Ballet aérien

10 Septembre 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Je reviens tout juste de la pente dite « La Roche ».
Le vent annoncé de SSO était bien présent, donc un poil travers gauche,  et à mon avis nettement  plus fort que prévu par la météo.
Dans ces conditions, ce ne fut pas un plaisir que de piloter ! Les arbres sur la gauche au bas du pré généraient de « joyeuses » turbulences qui se répercutaient très haut en altitude !

J’ai abandonné au bout de 25 minutes, le planeur roulant d’une aile sur l’autre, prenant 20 mètres d’un coup vers le haut, ou encore chutant d’une hauteur équivalente,  le nez en l’air...

Curieuses sensations.
Je ne me souviens pas avoir connu de telles conditions sur cette pente…

Mais j’ai eu droit à un spectacle fort intéressant : des petits oiseaux de proie se sont livrés à des « danses » étonnantes, mêlées de cris stridents. (Des piaulements?) Tels des pilotes de chasse, ces voltigeurs  semblaient foncer l’un vers l’autre, puis l’un d’eux esquivait, l’autre revenait à la charge, effectuant des manoeuvres très vives. Ils étaient parfois trois à « danser » ainsi.
A d’autres moments,  ils partaient seuls, et s’immobilisaient au-dessus du pré… puis  repliant brusquement la voilure, ils se laissaient tomber comme un caillou… et repartaient tout aussi spontanément vers les airs.  (*)


Peu après son "touch and go", un rapace a laissé échapper quelque chose… un mulot ???  
J’ai beaucoup regretté de ne pouvoir filmer…


Toujours est-il que si je n’ai pas totalisé beaucoup au niveau du vol… j’ai pris un intense plaisir à voir évoluer ces acrobates !
Sur le chemin du retour, mon sac à planeurs en bandoulière et mon émetteur dans le sac à dos,  j’ai baguenaudé, m’arrêtant de-ci de-là pour glaner quelques noisettes,  picorer de jolies  mûres …


 
Mes doigts se sont teintés en  violet

Et comme par enchantement sont revenues les douces senteurs de la rentrée scolaire;

l'encre,  la craie, le parquet au brou de noix...

 

Les noix? mais oui... 
Au creux de ce même petit chemin, dans quelque temps,  les noix seront au rendez-vous…
Mais auparavant,  ce sera les châtaignes....


 
Ce petit chemin,  qui sent la noisette…

 
(*) A partir de ce site, (http://rjmonneret.free.fr/Rapaces/Buse/PageBuse.html 
il m'a suffi de  cliquer sur "piaulant", afin d'obtenir exactement le cri que j'ai entendu ce jour-là! 
Lien direct:
http://rjmonneret.free.fr/Rapaces/Buse/PhotosBuses/buse_var.mp3
Autre site:
http://www.oiseaux.net/oiseaux/buse.variable.html

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On peut (parfois) avoir de la chance

2 Septembre 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

 

 

La veine, le bol, le pot, le « cul », l’aubaine, la baraka, la  bonne étoile, l’heur…

Autant de termes pour évoquer le bon heur, face au  mal   heur…
La déveine ?
C’est quand nous descendons sur le sable à marée basse un soir où la mer est calme, le Polyclub « sous le bras » afin de le faire évoluer dans la quiétude du soleil couchant… avec  l’espoir de réaliser  quelques photos… et quand, sortant l’appareil photo numérique (APN) de sa sacoche,  mon petit-fils  Maxence me dit :
« Regarde, Papy, l’appareil, il est bizarre… il était pas comme ça hier… »
Ben non… l’écran à cristaux liquides est envahi par des taches noires, et il n’affiche plus d’image. Il est brisé... Totalement hors service!
Pas de bol…
Dans la mesure où cet APN ne dispose pas de viseur optique, j’ai tout de même pris quelques clichés, au jugé, pour voir… et nous sommes remontés lentement  au camping, un peu dépités.
Vérification à partir de l’ordinateur :  mon Kodak prend encore des clichés…

Quelle aubaine…
Faire réparer l’appareil ? C’est presque  le prix d’un neuf !
Pas de pot !
Mais je ne suis pas du style à balancer vite fait vers la déchetterie, n’est-ce pas Vincent ? Toi qui dis en me raillant quelque peu : « Tu es comme ma mère, tu fais durer ! »
J’ai donc décidé de donner une seconde vie à mon APN en l’installant  sur un motoplaneur électrique afin de faire de la photo aérienne. L’écran ne renvoie plus d’image ? Ce n’est pas très gênant, puisque tout là-haut, je ne peux pas coller mon œil derrière l’appareil afin d’opérer le cadrage…
C’est une chance, non ?
Mon petit Kodak a ainsi  vaillamment repris du service, installé sur un Easy Glider en Polypropylène Expansé que propulse un moteur électrique.
Six millions de pixels… c’est quasiment du luxe… m’enfin.
Profitant du beau temps, cela fait deux jours que je mitraille, et la carte mémoire de 1 Go permet de mitrailler énormément. De retour au sol, on   « décharge » les photos vers l’ordinateur, et là commence un long travail de tri, car il y a énormément de déchet.

Hier, le vent était Sud-Ouest : je suis sorti avec deux modèles en direction de la pente nommée « La Roche ». Un coup d’Easy Glider et prise de clichés. Puis un coup de Vény, planeur « antique » puisque sorti de mes ateliers en décembre 1998.   Voyez que je « fais durer… »
Lorsque grisé par les bonnes conditions météorologiques, je lance mon « Vény » dans une série d’acrobaties frénétiques ; et au cours d’un tonneau… je vois le planeur qui « abandonne » un truc noir. Vite, je tâte les commandes… et le modèle répond encore.
C’est une chance, non ?
Parce que, en un éclair, m’est revenue cette anecdote :
C’était au temps où l’on utilisait la piste de Boyère. En fin de journée, mon copain Noël me dit : « Tiens, le remorqueur  Bison a encore du carburant, amuse-toi avec… »
Je fais décoller les 5 kg de l’engin, et j’entame une série de tonneaux, puis des loopings très grands, bien ronds… Quand au cours d’un loop, alors que le modèle arrive en haut de la boucle et qu’il est sur le dos, je vois un bidule se détacher du Bison. Vite, je coupe les gaz… pas de réaction… je tire à la profondeur, pas de réaction… je balance un coup d’aileron, pas de réaction…
Manque de bol !
Le diagnostic est facile à faire : on vient de « larguer » l’accu de réception !!! La liaison  radio ne répond plus.
C’est alors que je crie à Noël : « Mais t'’as pas mis un accu de secours ?
- Heu... ben.. si... bredouille le pauvre Noël qui voit déjà se profiler la catastrophe...  y’en avait un…  mais... mais,  j’en ai eu besoin pour équiper un autre modèle… »
Quel mal-heur…
C’est ainsi qu’après avoir effectué un nombre impressionnant de boucles au cours desquelles le moteur se mettait à hurler dans la descente, le Bison a fini par  emplafonner la planète, avec les dégâts que l’on imagine. Mais en ne heurtant ni maison, ni véhicule,  ni être humain.
C’est une chance, n’est-ce pas ?
Revenons-en à mon planeur Vény. J’ai vite compris qu’il venait simplement de perdre le capot avant. Elément passif qui n’entrave pas la liaison radio.
Alternativement je jette un coup d’oeil sur le planeur, un coup d’œil sur le capot qui virevolte en descendant. Mais le Vény privé de quelques grammes à l’avant est devenu centré arrière, et son pilotage est plus pointu.
Malgré tout, je parviens à le poser impeccable grâce aux aérofreins crocodiles très efficaces. J’entame alors la  descente dans le pré vers la  direction où je présume pouvoir retrouver mon capot-fugueur.
Et au bout de 100 mètres, pile poil devant mon pied gauche, qu’est-ce que je vois ? Le  bidule noir que je cherchais ! Pensez que s’il était tombé deux mètres avant, il aurait été absorbé  par une végétation luxuriante qui ne m’aurait pas permis de le retrouver.
Ou bien j’aurais pu partir un poil plus à gauche, ou un poil plus à droite…
Le bol, le coup de « cul ».
J’ai remis le capot en place. J’ai fouiné dans mon sac, et j’ai trouvé un rouleau d’adhésif. Curieusement, c’est un accessoire que je n’emporte jamais…
Quelle chance !
J’ai donc assuré la fixation du capot avec un brin d’adhésif, et j’ai relancé mon planeur vers les ascendances.
Il m’a procuré une heure de vol…

Comme quoi, on peut  avoir  aussi de la chance !!!

Et éprouver quelque bon-heur….

PS: un lien vers l'album photos, avec des vues qui
m'intriguent...

http://picasaweb.google.fr/Bernardino53/EasyGliderEtPhotoARienne

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Le canal du Nivernais à vélo

13 Août 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Pourquoi  éprouver du plaisir à longer les rives d'un canal juché sur une bicyclette, ou à pied?

Je répondrais aisément avec ces quelques  mots: pour le simple plaisir de prendre son temps!   Et de façon futile...
Ici, on vit au rythme de l'eau    et  à la vitesse des bateaux,  qui ne dépassent pas 8 km/h.

On taquine les pêcheurs, pour lesquels le temps prend une dimension différente.
On prend son temps pour admirer le paysage, la faune, la flore...
On prend son temps  pour échanger quelques mots avec l'éclusier; qui vous apprend les subtilités de son écluse,  dont la vantelle "amont" est difficile à remonter... la porte aval lourde à mettre en marche...


On bavarde avec les plaisanciers, qui vous demandent un coup de main pour  passer la corde autour du bollard, cette  grosse bitte  d'écluse,  afin de retenir leur embarcation pendant la manoeuvre.

On échange des souvenirs avec les autres pédaleurs ou bateliers, qui évoquent d'autres canaux... et très fréquemment revient  le célèbre site de Fonsérannes près de Béziers...  un escalier d'écluses impressionnant, tout autant que celui de Port-Brûlé.

Je tire ma révérence devant ceux qui ont imaginé le système de l'écluse: faire "remonter" un bateau, en utilisant de l'eau qui "descend" par nature...  Tout comme pour l'oeuf de Colomb, il fallait y penser.

Je reste admiratif face au travail réalisé par les bâtisseurs de canaux, qui avec des moyens "rustiques", ont élaboré ce que j'appelle des chefs d'oeuvres. (Le canal du Midi n'est-il d'ailleurs pas classé au patrimoine Mondial?) Ces "terrassiers"  n'avaient pas de pelles mécaniques, pas de laser pour contrôler les niveaux, et le GPS leur était inconnu.

Et je me plais à constater  qu'un canal s'insère parfaitement dans son environnement: il lui a parfois simplement suffi de détourner ou suivre un cours d'eau, mais jamais il n'a provoqué des plaies béantes telles que le font autoroutes ou voies TGV.
Jamais un canal n'est passé en force: il ignore les longs viaducs ou les profondes tranchées que se permettent les hommes contemporains, poussés qu'ils sont par l'impérieuse nécessité de développer les transports "à grande vitesse".  Si l'on compare à David et Goliath, un canal, c'est David, tout en finesse et en subtilité.

Se promener le long d'un canal? Plaisir nostalgique à un âge où la nature m'oblige à  "courir" moins vite?  

Mais je ne suis sans doute pas le seul à aimer. 
Si j'en juge par la fréquentation apparemment croissante de ce canal... et des autres voies navigables de France.
De très nombreux Britanniques le sillonnent sur leur propre bateau. D'autres louent des pénichettes, et enfin les plus fortunés s'offrent des croisières  de luxe afin de savourer la gastronomie de la Bourgogne.

Des familles entières enfourchent des vélos surchagés, s'arrêtant le soir dans un camping   pour  repartir le lendemain. C'est ainsi que nous avons croisé ou suivi des gens qui avaient "fait"  plusieurs canaux de France.
Sur des vélos "allongés", sur des vélos "normaux", sur des tandems tractant remorque...
Et tous avec le même sourire de satisfaction.

Et puis un canal permet de comprendre la géographie ainsi que l'économie locale. Du camping de  Coulanges sur Saône où j'ai séjourné quelque temps, je pouvais  voir simultanément  trois voies de communication étroitement liées: le canal, la voie  ferrée et la route. Empruntant tous les trois la même vallée.
Sur le premier, les pénichettes des vacanciers avançaient paisiblement.  Le rail véhiculait des passagers avec le  TER très coloré de la région Bourgogne, et des motrices tractaient  de longs convois avec  des billes de bois ou bien des wagons à l'enseigne de "Transcéréales". Les camions quant à eux se chargeaient de transporter les autres produits  de cette Bourgogne dont  je pourrais résumer la richesse par ces mots: vignobles, bois et forêts, céréales, production bovine et... tourisme. Le tout observable depuis les rives du canal selon l'endroit où l'on se trouve.

A propos de tourisme,  vous pourrez trouver ci-dessous  un petit reportage photographique réalisé lors  de notre séjour en juillet/août 2008

http://picasaweb.google.fr/Bernardino53/CanalDuNivernais


Et puis pour conclure, oserais-je écrire  que la fréquentation d'un canal constitue une excellente cure de sagesse? Une sorte de "canalothérapie" tout aussi bénéfique que la thalassothérapie!
Un possesseur de péniche ne me disait-il pas un jour: "Séjourner  aux abords d'un canal, c'est un art de vivre."
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Notre humeur change plus souvent que notre fortune

4 Août 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

« Notre humeur change plus souvent que notre fortune »

Pourquoi emprunter à Jules Renard le titre de cette nouvelle rubrique? Tout d’abord parce que c’est un compatriote puisqu’il est né en Mayenne. Et ensuite parce que notre ami Jules est parti pour la Nièvre à l’âge de deux ans… Département dans lequel je séjournais à ce moment-là, non loin du village de Chitry les Mines, dont il fut d’ailleurs le Maire…

Un beau matin donc, je pose le pied droit par terre au moment du lever, et je prends cela comme un signe de « bonne fortune »: je me dis alors que la journée s’annonce agréable.

En milieu de matinée, ma femme me demande de faire quelques courses: aller récupérer la boîte de médicaments commandée la veille à la pharmacie du village, et prendre du pain à la boulangerie.

L’humeur vagabonde et lutine, je pars donc vers la première de mes destinations.

J’entre dans la pharmacie… et mon « Bonjour » croise celui de la jeune préparatrice.

« Je viens pour… »

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que je vois émerger une tête dans l’arrière boutique. Avec un large sourire, la patronne de la pharmacie m’adresse un gracieux bonjour et tend la boîte à son employée:

« Nous l’avons bien reçue ce matin… Bonne journée à vous, Monsieur!» Et elle s’en retourne mettre de l’ordre dans ses tiroirs.

Je fais l’appoint en monnaie… La préparatrice me rend quelques billets, et je quitte la pharmacie, après avoir adressé à ses occupantes quelques mots que je pense être empreints de civilité…

Puis, le cœur léger, j’entame la descente de la rue principale pour effectuer ma seconde mission.

A la porte de la boulangerie, je croise une dame, que je salue, qui me répond, et qui tient la porte pour me permettre d’entrer; je la remercie, et me voilà au milieu des pains, des boules et des miches.

« Bonjour Madame… »

Pas de réponse.

Derrière le comptoir se trouve un femme dont je n’aperçois alors que le buste et les cheveux au sommet du crâne. Penchée sur son tiroir-caisse elle fournigote afin de ranger ses piécettes.

Elle est boudinée dans un tablier de plastique transparent… qui lui sied tel un préservatif difforme.

Ayant mis fin à son rangement, elle se redresse soudain et découvre son visage, qui laisse alors échapper cette succincte apostrophe: « Monsieur?»  

Dois-je comprendre que cette avarice de mots signifie tout à la fois: 

« Bonjour Monsieur, que désirez-vous? »  

J’ai toutefois eu le temps de jeter un rapide coup d’oeil sur les étagères… mais je pense ne pas avoir aperçu ce que je suis venu chercher…

C’est pourquoi, je glisse timidement: « Vous n’auriez pas une baguette aux céréales?

- Non, pas aujourd’hui! »

Réponse sans appel!!!

« - Tant pis, dis-je alors, donnez-moi une baguette normale.»  

C’est alors que se ravisant, la commerçante me lance: « Ah, mais si vous voulez, j’ai de la baguette campagnarde… »

Et elle pointe vaillamment avec son index une bannette où se trouvent rangés quelques pains, hors d‘accès pour sa main.

Je propose alors:

« Je me sers?

- Oui! C’est un Euro dix! »

Mais j’ai eu le temps de lire l’étiquette manuscrite où une main malhabile a tracé « 1.05€ »

Surpris, je dépose ma monnaie sur le comptoir; et allez donc savoir pourquoi, je me risque à dire, peut-être sur un ton laissant transparaître ma mauvaise humeur qui va crescendo: « Ben faudra changer votre étiquette…

- Ah bon, pourquoi? me lance le cerbère.

- Vous me réclamez 1.10 et c’est écrit 1.05... »

Je la sens prête à mordre.

Et sur un ton féroce, elle me rétorque:

« Oui, et alors? Je vous ai rendu 5 centimes… je vous ai donc fait payer le prix indiqué. »

Et moi, comme un couillon: 

« D‘accord, mais je vous ai donné 1.20€…»

Elle a grommelé je ne sais quoi, mais considérant que l’échange était terminé, elle a nerveusement repoussé avec son abdomen le petit tiroir-caisse, qui s’est ainsi refermé bruyamment, tel une machine à sous qui vient d’avaler vos derniers jetons.

Infortuné jackpot…

Fort marri, j’ai tourné les talons.

Et je suis sorti de la boutique… sans le moindre mot de politesse, il me semble.

Depuis cet épisode malheureux, j’ai parfois eu l’humeur maussade, et j’ai eu largement le temps de consulter le Petit Robert à propos des « humeurs ». Ne donne-t-il pas dans ses différentes rubriques celle qui figure ci-dessous:

L'HUMEUR,

considérée dans ce qu'elle a de spontané, d'irréfléchi, et opposée à la raison, à la volonté…

Ah, si la boulangère avait répondu à mon « Bonjour madame »

Ah, si elle avait eu de la baguette aux céréales…

Ah, si je n’avais rien dit à propos du prix…

Ah…si l’aimable pharmacienne avait aussi vendu… du pain!

J’aurais peut-être dû justement retourner à la pharmacie, mais pour demander un médicament contre les mauvaises humeurs.

Je reviens cependant vers Jules Renard, qui écrivait:

Notre humeur change plus souvent que notre « fortune».

Je ne sais si ma boulangère aura vu sa « fortune » changer dans le bon sens; toujours est-il que la mienne a été amputée de 10centimes. Bof!

J’ai été contraint de faire contre mauvaise fortune bon cœur…

Mais le plus gênant dans tout ça, c’est que suite à mon passage dans la boulangerie, mon humeur avait effectivement changé, plus vite que ma « fortune » !

Et pas dans le bon sens!!!

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La marie-salope

2 Juillet 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

 

Fouiner dans le vocabulaire est pour moi une activité tout aussi naturelle que celle qui consisterait à aller aux champignons.
J’ai pour les  mots une certaine tendresse qui consiste à les « sentir », les soupeser, les retourner, les déformer, les étirer…
Source de plaisir que certains qualifieront de futile…  Peu importe !
Mais j’ai comme l’impression d’avoir fait au moins un émule. C’est un petit bonhomme qui  se nomme Maxence ; il  m’accompagne fort souvent dans mes promenades à pied ou à vélo.

Et qui observe…souvent questionne, et parfois étonne...
Il avait dans les cinq ans. Nous nous trouvions à faire le tour des remparts de Sainte Suzanne,  cité médiévale proche d’Evron.
Lorsque, avisant un haut mur imbibé d’eau, le gamin  se campe sur ses deux pieds, et  déclare fort  judicieusement :
« Ils auraient pu y mettre une gargouille,  à cet endroit ! »
Ma femme  étonnée l’interroge :
« Mais comment connais-tu ce mot ? »
Et le gamin de lui répondre le plus naturellement du monde :
« Ben… c’est facile : un jour on passait devant l’église à Bais, et j’ai vu des drôles de figures  qui débordaient du toit… j’ai demandé à Papy ce que c’était, il m’a dit que ça s ‘appelait  des gargouilles, et il m’a expliqué à quoi  ça servait… Après,  on a  fait tout  le tour de l’église pour les observer,  et c’était rigolo, parce qu’elles étaient toutes différentes… Des jolis monstres ! »

Je m’imaginais que tout cela avait été oublié… que nenni ! Il avait enregistré très correctement.
Mais hier sur le halage de la Mayenne, la situation était différente.
Nous étions partis tous les trois effectuer une balade à vélo.
Promenade facile, car il n’y a pas de côtes. Mais promenade réservant quelques surprises, au cours de laquelle on peut mettre en éveil autant les yeux que les oreilles ou  le nez…
Ici, une maman cane traînant derrière elle sa récente couvée. Là, un goéland fiché sur un plot rouge balisant une écluse. Dans le lointain, un  coucou semblant répondre en écho au clocher du village situé sur l’autre rive… et puis l’odeur tenace et un peu âcre de la vase.

Vous  ne tarderez pas à comprendre pourquoi.
Notre balade démarre donc  à l’écluse très fleurie de Saint Beaudelle,  où nous découvrons une péniche portant sur l’avant  le nom de  « Florence » ; elle est à plein dans le sas, au maximum du gabarit.
Ses deux matelots  discutent avec l’éclusière et un responsable des voies navigables… Nous comprenons alors que cette péniche équipée d’une grue est chargée de curer le lit  de la Mayenne.
Elle finit de  franchir la porte amont et   remonte vers Mayenne : nous n’avons assisté  qu’à la sortie de l’écluse… dommage !
La promenade commence alors réellement, et nous conduit en aval vers des méandres aux rives escarpées. 
A l’écluse de la Roche, nous effectuons une halte un peu prolongée
 car,  à droite de l’ancien moulin,  nous avons la surprise de voir émerger  un homme-grenouille. Il   s’affaire au pied d’un   batardeau à l’intérieur duquel travaillent quelques ouvriers. Arrive alors un petit bateau de plaisance. L’éclusier sort afin d’effectuer la manœuvre. Et nous engageons la conversation. Nous apprenons  ainsi que les travaux sont destinés à installer une micro-centrale électrique….
Le gamin n’en perd pas une miette, et assiste à toute  la manoeuvre.  Nous descendons vers l’écluse  de Boussard, où nous découvrons une autre micro-centrale, avec son poste transformateur. Quelques explications nous sont fournies sur des panneaux documentaires.
C’est là que nous faisons demi-tour.  Nous rattrapons assez rapidement  le petit bateau… qui  navigue à 8 km/h… et nous effectuons ainsi un bon bout de chemin en sa compagnie. Mais Maxence, amusé par cette lenteur,  décide finalement d’accélérer.  Le compteur du vélo affiche maintenant …16km/h. Nous allons deux fois plus vite que le bateau !

Quelques kilomètres encore, et nous voici maintenant  revenus à notre point de départ. L’éclusière tient  une petite boutique  avec du pain bio, de la pâtisserie, des boissons fraîches…
Nous nous installons à une table, et  pendant que nous nous désaltérons… nous voyons  redescendre la péniche « Florence »,  qui lance un coup de corne à l’intention de l’éclusière.

Cette fois, nous aurons  tout loisir d'observer la totalité de la manoeuvre.

A la sortie de l’écluse, « Florence » marque un arrêt. Le godet de sa grue plonge dans la rivière,  remontant des branches ou des alluvions  vite déchargés dans ses soutes.
La scène mobilise quelques autres promeneurs, qui y vont de leurs commentaires…

 

Et pendant tout ce temps… je tends le dos à une question. Pourquoi le gamin ne me demande-t-il pas  comment on appelle ce genre de bateau ?
La manoeuvre est maintenant  terminée…  « Florence » entame sa re-descente vers Laval ;  le petit bateau blanc que nous avions rencontré  et que nous avions « semé » se présente alors devant l’écluse de Saint Beaudelle.
Ma
is je n’ai pas eu la question… celle que j’attendais, et que je redoutais tout à la fois !
J’en suis quand même  presque ravi ! Parce que Maxence sait lire maintenant : il  découvrira au travers de ce texte le nom peu flatteur donné aux chalands destinés à curer les ports ou les rivières.

Notre bateau est une… marie-salope.

J’imagine déjà  la réaction du gamin...
Et le plaisir qui va avec.


http://picasaweb.google.fr/Bernardino53/LaMarieSalope

http://picasaweb.google.fr/Bernardino53/LaVallEDeLaMayenneEnAutomne

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Le peu de la fourchette

20 Juin 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Lorsque je me promène, que ce soit à pied ou à bicyclette, je ne manque pas de m’arrêter devant le moindre détail  insolite.

A croire que je ne cherche que cela.

Et dans ce domaine, je dois dire que l’Ile de Ré offre au curieux que je suis tout ce dont il a besoin !

Pendant mon séjour, j’ai donc eu  largement de quoi me divertir, aidé en cela par les villages  fleuris de nombreuses  roses trémières, dans  un dédale des  rues permettant  de se perdre (in)volontairement...  Ce  qui procure une plaisir toujours renouvelé de rencontrer  des plaques arborant des  noms qui me réjouissent.

C’est ainsi que je suis arrivé un jour au Carrefour  des bonnes femmes… (La Flotte en ré)

Ou bien dans la Rue des rentiers… (St Clément des Baleines)

Ou encore Rue des Culquoilés
Mais apparemment, je ne suis pas le seul  que ces noms intéressent.

J’en veux pour preuve l’article figurant dans  le  numéro 7 du magazine local gratuit, intitulé « Ré à la Hune »…

En page 13, est  glissé un petit article  faisant état de l’association maritaise  Thélième  (Théâtre et Lieux  de moire). Cette dernière   propose l’idée de "travailler" sur  les  mots de la commune, en s’inspirant de   noms empruntés à dix rues de Sainte-Marie.

Je vous en livre donc quelques-uns, parmi les plus « fleuris » :

Rue des Amourettes, rue des Beaucoups,  rue des Belles, rue Chantecorps, rue du Coin Jaloux, rue du Paradis, venelle de la Paillarde…

Et l’article se poursuit : « Si vous en  connaissez l’histoire, venez nous la raconter ;  si quelqu’un l’a déjà écrite, venez la communiquer… Si vous ne la connaissez pas, inventez-la… et venez nous la lire le 27 juin à la médiathèque de Sainte Marie. »

 

Je ne serai pas sur l’Ile ce vendredi 27…

J’aurais bien voulu m’y trouver.

Cela m’aurait sans doute permis de décrypter l’énigme se trouvant derrière ce nom trouvé non pas à Sainte-Marie mais à Le Bois-Plage:  « Chemin du peu de la fourchette. »

 

Lorsque je suis tombé sur ce panneau… j’ai commencé à gamberger et à tenter une traduction en langage continental.
Dans ce chemin, i
l y aurait donc peu à mettre au bout de la fourchette...
Serait-ce que dans ce coin, on y mange chichement ?
J’ai cherché pour voir s’il n’y aurait pas  au moins  un restaurant ou autre lieu de bombance…

Et je n’ai rien trouvé.
Je suis resté sur ma faim!!!


C’est  quelques jours plus tard que j’ai découvert  la Maison du Fier située dans  la réserve de LiIlleau des Niges. Un ouvrage proposait un petit lexique du vocabulaire local.

J’ai alors appris que le mot « peu » (à prononcer « pu »), désignait une élévation isolée ou une dune. Il serait issu du latin « podium »… Le point culminant de l’île se trouve donc au « peu des Aumonts » : 19 mètres d’altitude…

De nombreux lieux-dits  tirent ainsi leur nom de ce « peu »,  écrit parfois avec un « X »,  et certains îliens portent également le nom de Dupeu, Dupeux, Dupuy…

Mais alors pourquoi ce « Chemin du peu de la fourchette » ?

C’est une dame née justement Dupeux  qui m’a proposé sa  solution :
« De la fourchette ? Ce mot a la même origine que le mot  carrefour, fourchet…  Chemin du peu de la fourchette ? Cela veut tout simplement dire chemin de la butte du carrefour… »

 

J’avoue avoir été un peu déçu par cette explication très… terre à terre,  fournie par une habitante native de l’île.

 

Mais le lendemain, je me trouvais du côté de Loix, où je découvris : « Rue de la Fantaisie ».

Cette fois, je n’eus pas besoin de traduction !


 
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PS: figurez-vous que quelques jours après publication du texte ci-dessus, je reçois un courriel d'une habitante de l'île avec laquelle j'avais échangé quelques propos badins, et  qui m'écrit:

Bonjour,
Merci de vos -flexions...
J'avais oublié de vous dire: "la fantaisie", ce n'est peut-être pas ce que vous croyez... On appelait "fantaisie", le fil d'un cocon qu'on déroulait avant de le "filer"... (le mot date, je crois du XVe et cette acception fut abandonnée fin XIXe) Vu le climat de l'île, il y avait peut-être des vers à soie... Ou le mince chemin sinueux appelait l'image de cette "fantaisie".
Cordialement,
Danielle

Ce qui a bien entendu titillé mon esprit. J'ai donc ouvert quelques gros livres... grâce auxquels j'ai pu répondre à ma correspondante:
Bonjour à vous
Voilà donc bien ce que je craignais : un faux ami, même dans notre propre langue maternelle !
Comme quoi, il faut toujours se méfier!
Ce qui me fait penser aux  passages à niveaux,  où l’on prévient qu’un train peut en cacher un autre.
Dorénavant, je saurai que sur l’aimable île de , un mot peut en cacher un autre…
Il n’en reste cependant pas moins vrai que ma première perception de ce mot « fantaisie » me semble plus douce, plus propice à la rêverie !

Considérons toutefois que j’ai fini par trouver dans le dictionnaire encyclopédique Quillet  une longue tirade concernant le mot fantaisie. Avec les sens les plus usuellement connus, bien sûr.
Et où l’on peut dénicher presque à la fin :
(TECH)  fil de soie de qualité inférieure, qu’on tire des frisons et des déchets.
(TYPO) Nom générique de tous les caractères, autres que le romain ou  l’italique, dont on se sert pour orner le titre des ouvrages.  Nom générique de tous les objets destinés à l’enjolivement d‘un volume… 

Et  pour conclure (?), signalons que dans le village voisin du mien, les habitants, pas forcément fantaisistes,  viennent de poser une plaque  arborant cette inscription :   Rue des Loisirs.  (Avec un L majuscule, s’il vous plaît !!!)
 Là, je pense quand même que je ne devrais pas commettre un énorme contre-sens !!!


Considérons enfin  mon texte maintenant -organisé;  mais  la mise en forme n’en étant pas enjolivée, considérons-le comme étant vraiment sans fantaisie !!!  
Serait-ce toutefois un argument ir... ....futable ou ir......vocable???

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