Tel est pris...
II est des télépilotes qui suscitent un certain engouement par leur pilotage, leurs constructions, leurs facéties... la liste pourrait être bien longue.
Parfois, sur les pentes, ne connaissant même pas le nom des bonshommes, on les définit en faisant appel à la description de leur planeur, à la "qualité" de leur pilotage, voire à leur aspect physique. C'était sur le Ménez, en 1983, je crois. Nous vîmes arriver un jour un Roitelet acro, suivi de son propriétaire. Mais le dernier nommé fit l'unanimité de par sa froideur et son apparent refus de communiquer avec la bande des habituels fêlés fréquentant le site. Disons plus abruptement qu'il ne nous sembla pas sympathique - très subjectif tout ça ! - Et dans ces cas-là, on ne peut pas dire que le groupe auquel le personnage est confronté soit enclin à la générosité.
Ce Roitelet, pourtant, il ne volait pas mal du tout, ma foi. Quant à son propriétaire, il faisait preuve d'une régularité de métronome : il arrivait tous les jours à la même heure, vérifiait que sa fréquence était libre, volait, posait, puis repartait sans avoir prononcé le moindre mot. Certains de mes collègues avaient même avancé l'hypothèse que notre homme était forcément étranger puisqu'il ne parlait pas : il ignorait le fançais, évident, non? Les plus affreux affirmaient qu'il était assurément muet !
Ah ! Mais j'ai oublié un détail : notre héros possédait un magnifique pupitre en plexiglas, de forme très aérodynamique, avec quelques autocollants par-ci par-là. Ah ! ce pupitre à l'intérieur duquel était douillettement entreposé l'émetteur, le tout suspendu au cou de son heureux propriétaire par une splendide bretelle ! Qu'est-ce qu'il a pu nous faire causer ! Et c'est ainsi que nous avions baptisé son possesseur comme étant "l'Homme au Pupitre"... Mais je me demande si ce n'était pas là une marque évidente de notre jalousie.
Au 15 août tous les ans,
là-haut, c'était la fête folklorique, avec des milliers de
visiteurs, et on ne peut pas prendre sa dose de drogue védépiste. Alors, au camping, en état de manque, on s'ennuie ; le désoeuvrement aidant, les langues fonctionnent admirablement. Je ne sais
plus dans la tête de quel infâme germa soudain une idée "géniale". Et si on en fabriquait un, de pupitre ? Mais pas n'importe lequel... Et il faudrait qu'il ait ceci, qu'on lui mette cela... De
fil en aiguille, nous mîmes notre projet à exécution. Quelqu'un jeta son dévolu sur une caisse ayant contenu des bouteilles de Perrier. Une magnifique ficelle bien dégoûtante servit de bretelle.
Un autre apporta un trèfle à quatre feuilles que l'on colla sur notre pupitre avec cette mention écrite juste au-dessus : ANTI-CRASH. On découpa un trou sur le dessus de la caisse pour y
déposer un verre avec sa paille. Le tout se trouva affublé d'une manche à air montée sur un tube télescopique (le tissu provenait d'un rideau subtilisé dans une caravane, pardon Colette
!).
Enfin, ce pupitre, il avait fière allure ! C'est alors qu'un idiot de service suggéra ce qui suit : "Demain, nous montons à la pente, l'un d'entre nous se colle le bidule au cou et se place pour piloter juste à côté de l'Autre !".
Approuvé à l'unanimité !
Le lendemain donc, notre cohorte arrive au Ménez, fébrile. Chouette, notre "victime" est déjà là. Les appareils photos sont vérifiés une dernière fois, car il conviendra d'immortaliser cet instant, fleuron de l'humour gaulois. Notre pupitre va bientôt faire son apparition... Quand le Roitelet se présente à l'atterrissage, glisse sur le sol, et s'arrête, impeccablement posé.
Notre homme va nonchalamment récupérer son oiseau... et remonte dans sa voiture !!!
Ce fut la dernière fois qu'il vint faire du vol de pente au Ménez, car jamais nous ne le revîmes.
Bien involontairement, sans doute, il ne nous permit pas de mener notre blague à son terme.
Y aurait-il eu un traître, parmi nous, qui l'aurait mis au courant de nos manigances ?
Tel fut pris qui croyait prendre.
Complètement givré...
Mais une bise aigre et glaciale venant de l'Est n'incitait pas à la promenade champêtre...
Dans ces conditions, il n'était pas possible de faire voler un modèle réduit de façon raisonnable.
Je suis donc sorti, muni de mon appareil photo. Car il fallait être complètement "givré" pour oser mettre son nez dehors ce matin-là.
J’ai pourtant rencontré de bien curieuses images. Car le givre avait gainé
toutes les branches, avec une étonnante diversité. Et même des végétaux parmi les plus biscornus s'étaient parés pour l'occasion.Autres images étonnantes offertes par ces petits"oiseaux de glace", transis de froid, blottis les uns contre les autres. Ou cet autre petit "oiseau" de glace perché au sommet d’un poteau!
Au détour d’une haie, tiens, comme dans un western: un poteau prisonnier d'un lasso de barbelés...
Et puis ces petites fleurs blanches de printemps au bout des branches???... Ne nous méprenons pas! C'est du givre!
En visionnant certains clichés effectués lors de mon safari, je sens encore le vent qui me transperce... Et les barbelés m’apparaissent encore plus "raides" que lorsqu'ils sont nus!
Curieusement, les tiges et les branches semblent toutes immobiles, et pourtant elles vibraient sous les rafales. Quant au troupeau, il cherchait à se protéger du vent, tentant de trouver un refuge au milieu du bosquet.
Dans ces conditions difficiles, il n’était pas aisé de cadrer correctement. J’étais particulièrement malhabile, à cause de ce vent froid qui générait de grosses larmes tourbillonnant derrière les verres de lunettes....
...à cause de mes doigts raidis par le gel malgré les gants de laine...
...à cause de la buée qui s'accumulait sur les carreaux...
Soumis également à de rudes épreuves, mon appareil photo a fini lui aussi par capituler: accus vides! Eux non plus n'aiment pas les grands froids. J’en avais pourtant d’autres, tapis bien au chaud dans l’une de mes poches… mais je n’ai pas eu le courage de les sortir.

Je suis donc rentré, la carte mémoire bien remplie, et je me suis planté devant le feu de cheminée.
Puis j’ai transféré les clichés sur mon ordinateur. Pour découvrir sur l’écran… ce que mes yeux n’avaient pas vraiment eu le temps d’apprécier.
J’ai eu froid, mais il fallait être là au bon moment, pour profiter pleinement de cette éphémère féerie. Et je ne regrette surtout pas ma sortie.
Ne méritait-elle pas d'être vécue?
Photos à voir ici:
http://picasaweb.google.fr/Bernardino53/GivreSurLesBranches?feat=directlink
Voeux 2009
A toutes celles et à tous ceux qui ont l'intention d'y revenir...
Bonne et heureuse année 2009!

L’ivresse des cimes
L’ivresse des cimes
Toute la semaine, le temps a été exécrable. Brouillard, bruine, froid…
Quand au milieu de cette grisaille, la météo annonce une fenêtre favorable : éclairicies, vent de Nord-Ouest.
Je contacte mon compère Noël, et nous convenons d’une sortie en vol de pente.
Nous voici donc tous les deux dans l’herbage en pente. Le ciel est parsemé de petits cumulus, et malgré la température à peine supérieure à zéro, la sensation de froid est tempérée par les rayons du soleil.
Nous savourons tous les deux la griserie de pouvoir respirer au grand air et de faire « mumuse » avec nos planeurs.
Le nez pointé vers l’azur, nous échangeons des propos anodins…
Dialogue, extraits :
« On est bien, hein, là, tous les deux ?
- Ouais !
- C’est mieux que de rester enfermé à la maison !
- Ouais !
- Et au moins, on ne fait pas de conneries!
- Ouais… »
Le « au moins, on ne fait pas de conneries» c’est Noël qui vient de le dire…
Et moi, naïvement, d’ajouter : « Du moins pour le moment ! »
J’ai à peine prononcé cette phrase que j’entends un bruit auquel je ne m’attends pas, comme un froufrou dans les branchages.
Je demande alors:
"C'est quoi ce bruit?"
Et Noël de répondre:
"J'sais pas..."
J'en profite pour scruter rapidement le ciel… et je trouve... un seul modèle en vol.
Je questionne alors :
« Dis-moi, Noël, mais où est ton planeur ? »
Et lui, posément, avec une superbe assurance, de pointer son index vers le seul planeur qui reste dans le ciel, et d’affirmer :
« Là ! Voyons !!! »
« Euh…Ben non, Noël ; celui-là, c’est le mien !!! »
Et afin d’en être vraiment sûr, j’imprime illico-presto un mouvement de roulis à ma machine.
Mon compagnon comprend immédiatement sa bévue : il « pilote » mon planeur !
Mais au fait, où est le sien ?
Je lui signale alors que, juste avant d’entendre le froufrou, j’ai aperçu du coin de l’œil un bidule blanc qui semblait se trouver au-dessus de la haie située sur notre droite.
Noël se met rapidement en devoir de marcher dans cette direction, cherche quelque temps… et finit par retrouver son planeur, le nez un peu rétréci à la manière d’un museau de bouledogue.
Fort soulagé, mon acolyte revient alors avec son modèle à la main, contemplant la terre qui orne l’avant du fuselage.
Mais comment expliquer cette perte de contrôle visuel ? Mon modèle est plus grand et possède un empennage en "T", alors que le sien est équipé d'un empennage classique...
Il tente vainement d’apporter une explication, aussi scientifique que possible… ponctuée par cette question qui revient comme un leitmotiv : « Mais où avais-je donc la tête ? ».
Je ne saurais répondre...
J’oserais toutefois émettre une hypothèse, qu’il nous faudra bien évidemment vérifier :
Malgré le faible dénivelé de nos pentes mayennaises, serions-nous donc victimes d’un mal appelé ivresse des cimes !!!
Arsenic et vieilles dentelles….
Arsenic et vieilles dentelles….
Le modélisme mène à tout, dit-on…
Y compris aux échanges culturels.
Il fut un temps où, grâce à nos amis Monique et Félix, notre club entra en relation avec un club britannique.
Nous avions pris l’habitude de traverser le Channel afin de nous rendre chez nos correspondants… Et ils en faisaient autant l’année suivante.
C’est au travers de ces échanges que nos sens s’affinèrent.
J’ai encore sur la langue la douce saveur des embruns de la traversée.
Mes yeux gardent encore le souvenir ébloui
du premier Spitfire que j’eus le plaisir de voir évoluer, le fameux D-NN.
C’était à la Shuttleworth Collection.
Mes oreilles conservent encore la musique de son Moteur Rolls Royce. Mes narines se souviennent des odeurs d’échappement…
Mon corps ressent encore les vibrations des « warbirds » lors des meetings de
Duxford…
Vous aurez pu remarquer que les différents sens dont le corps humain est équipé se montrèrent sollicités par ces échanges.
Et il est un autre sens, celui de l’humour, auquel nous fîmes souvent référence… sachant que l’humour britannique est paraît-il fort particulier.
C’était un soir de fête, nous étions plusieurs couples de modélistes autour d’une grande table. Sur ma droite, se trouve Agnès. Elle est Suisse d’origine, venue en Angleterre lors de ses études afin de parfaire la pratique de la langue ; elle y a rencontré un beau jeune homme, sans doute déjà aéromodéliste. Ils convolèrent en justes noces.
Ils vivent dans un authentique cottage du 16ème siècle au toit de chaume. Monument historique !
Agnès est une femme très stylée, toujours bien mise, s’exprimant dans un français très « haut de gamme », un peu 18ème siècle. Et c’est à ses talents de traductrice que nous faisons souvent appel lorsque nous sommes en panne.
Ce soir-là, au moment de porter un toast à l’amitié franco-britannique, je m’apprête à dire quelques mots, que je pense conclure par un banal « bon appétit ». Mais plutôt que de baragouiner dans mon anglais de cuisine une traduction littérale, je me demande s’il n’y aurait pas une expression « bien sentie ».
Je me penche alors vers ma voisine, et je lui demande : « Ma chère Agnès,
comment dit-on "bon appétit" en anglais, please ? »
Cette question sembla soudain mettre mon hôtesse dans l’embarras…
Puis après quelques secondes de flottement, cette femme élégante et raffinée, qui vivait
en Angleterre depuis quelques décennies et avait donc eu le temps de parfaire sa connaissance des « British », elle se pencha à son tour afin de me chuchoter
cette réponse, pour le moins perfide, à l'encontre de la… perfide Albion:
"Je crois que cela ne se traduit pas...
On ne peut guère souhaiter bon appétit à un britannique..."
Sens de l’humour suisse, mâtiné sauce anglaise!!!
Ah, ma chère Agnès ! Redoutable touche assassine trempée dans l’arsenic à l’égard du peuple qui vous avait accueillie… Vous qui disiez mettre en exergue la neutralité du peuple qui vous vit naître !!!
Je ne sais plus aujourd’hui comment il me fut donné de conclure mon laïus.
Mais tout pendant le repas, je ne pus m’empêcher de penser aux deux personnages féminins de la pièce « Arsenic et vieilles dentelles ! »
Plier l’échine…
Imaginez la scène…
Je me trouve dans l’interminable galerie marchande d’un hypermarché, temple de notre incontournable société de consommation. Celle où l’on tente de nous faire croire qu’il faut nécessairement acheter pour être heureux…
Et je suis là sans caddy, les mains dans les poches, à baguenauder afin de tuer le temps.
Suspendu au plafond, juste au-dessus de moi se trouve un radome au verre teinté, à l'intérieur duquel on
distingue l'oeil perfide d'une caméra de surveillance; je lui souris béatement...
Sur ma droite, une enseigne de vêtements où domine le jaune.
Et une jeune dame qui s’apprête à quitter le magasin.
Mais au lieu de sortir bien droit tel un être humain repectable qui sait rester digne afin de passer le portique, elle se casse soudain en deux, semblant presque vouloir se mettre à quatre pattes. Comme le feraient des esclaves sous le joug de leurs maîtres... Puis, après avoir franchi le seuil, elle se redresse promptement, et file dans la galerie...
Surprenant comportement de quelqu'un qui semble prompt à courber l'échine... Et pourtant, cette personne ne
semble pas avoir dérobé quoi que ce soit...
Face à elle, un monsieur d’âge mûr qui a, lui aussi, assisté à toute la scène. Bouche bée, les bras ballants, il suit des yeux la dame qui disparaît au milieu de la foule.
A son son air hébété, je comprends... qu'il n'a rien compris au spectacle... Si je pouvais lire dans ses pensées, je crois que j’aurais traduit :
« Ben, elle est pas bien... Q’est-ce qui lui prend? Pourquoi s’est-elle subitement pliée en deux au moment de sortir du magasin ? »
N'en auriez-vous pas fait de même?
C'est tout juste si, afin de qualifier le
comportement de cette jemme femme, mon témoin n'aurait pas pointé son index sur sa tempe en l'animant d'un mouvement semi-circulaire...
Ah, si j’avais osé entamer la conversation, je lui aurais expliqué ce que je sais ! Et j'aurais expliqué pourquoi cette dame passait sous les fourches caudines...
Parce que ma fille Florence a travaillé en tant que responsable dans un magasin de cette même chaîne.
Que je vous narre :
Traînant mes guêtres un jour près de la boutique dont elle était chargée, je voulus lui rendre une petite visite de courtoisie… comme l’aurait fait tout un chacun, non ? Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque ma « cheffe » me bredouilla, avec un sourire gêné :
« Tu sais P’pa, je suis contente de te voir… mais…
- Mais quoi ? Tu as honte de ton père?
- Non, non, c'est pas ça... Mais... Ben... Comment te dire ??? Tu sais, les portiques placés à la porte, ils détectent les clients indélicats qui tenteraient d’emporter de la marchandise,
- Oui, ben, ça c’est pas trop anormal … j’vois pas pourquoi…
- Mais, mais… ils comptabilisent aussi le nombre de gens qui transitent… Et quand tu viens me voir, involontairement tu fais chuter mon TT ….
- Heu ?
- Mais si, P’pa, derrière tout ça, il y a un logiciel
qui compte en permanence les entrées, les sorties, qui établit un rapport avec le nombre d’achats et leur montant, qui calcule le panier moyen… et tous ces chiffres sont vérifiés à distance en
temps réel par la responsable régionale, qui n’hésite pas à téléphoner illico si elle constate que le « TT » est inférieur à un même période de référence ou à celle d’un autre
magasin. Donc si tu rentres… et que tu n’achètes rien… tu fais chuter mon TT !!! » (Traduire par Taux de Transformation)
Vous comprendrez aisément ce que fut ma surprise de ce jour ! Mon hébétude, mon indignation et ma colère !
Et vous aurez maintenant saisi pourquoi la jeune dame décrite au début de mon récit avait tenté de se soustraire au contrôle numérique en pliant l’échine !!! Par solidarité avec les vendeuses…
Ah, plier l’échine ! Devant l’implacable loi des responsables chargés de faire progresser les ventes de l’entreprise. Ratios, profits, expansion...
Responsables, ou "coachs" également chargés d’animer des stages pour booster le personnel, où le mot d’ordre est «On est les meilleurs… we are the winners! » Slogan à faire crier au groupe le plus grand nombre de fois dans la journée par les stagiaires!!! Ce "coach" étant peut-être lui-même rémunéré au prorata du nombre de fois, de la puissance du cri... Avec en contrepoint, cet autre slogan tacite: "Malheur aux vaincus!"
Dois-je vous dire que Florence a cherché très rapidement un emploi ailleurs, là où on ne pistait pas en permanence les employées…
Là où les méthodes de management sont bien différentes.
Là où il n’est pas (encore?) nécessaire de courber l’échine pour se plier au diktat de la société de consommation…
Est-il nécessaire de préciser que ma fille ne s’en porte pas plus mal ?
Qui brouille l'écoute de mon GPS?
A savoir qu'il se promenait pacifiquement dans les rues de Brest, pas très loin de... l'arsenal et des installations militaires; son GPS Medion le guidait fidèlement... jusqu'au moment où son précieux guide a brusquement pâli... l'écran est devenu tout blanc, et le bidule s'est planté de chez planté... au point qu'il a fallu recourir au hard reset. Avec bien évidemment perte de toutes ses données personnelles... Il lui a même fallu retourner chez Medion afin qu'on lui ré-installe son logiciel de navigation qui refusait de se remettre en place!!!
Mais lorsque j'ai entendu Michel me raconter son histoire, cela a fait
tilt dans ma petite tête.Hé oui:!!!
Car, le plus "drôle" dans tout ça, c'est qu'il y a 2 ou 3 ans, il m'est arrivé exactement la même aventure dans cette même ville de Brest... avec le même type d'appareil... et même obligation aussi de procéder à un "hard-reset".
Sur le coup, j'avais émis tout un tas d'hypothèses, soupçonnant peut-être les gentils militaires de nous brouiller l'écoute... (amis du contrepet, à vous de jouer!)
Mais maintenant, la suspicion se fait de plus en plus forte, et je me demande de plus en plus si...
Faut-il alors envisager que les militaires possèdent des systèmes de brouillages qui pourraient déstabiliser les navigateurs GPS?
Ou bien est-ce une fabuleuse et curieuse coïncidence???
Mais un petit tour sur Internet m'a convaincu du fait que l'on vend pour quelques broutilles des appareils justement destinés à brouiller la réception des navigateurs GPS. Que certains employés les utilisent dans leurs véhicules pour éviter de se faire pister par leur patron...
J'ai également appris que les Irakiens auraient acquis en Chine des brouilleurs afin de dérouter les éventuels missiles américains.
Rappelez-vous, la 1ère guerre du Golfe, avec ses "frappes chirurgicales" effectuées grâce à des missiles de croisière qui pénétraient par l'orifice d'une fenêtre, avant de tout faire exploser: d'une épatante précision diabolique!!!
N'oublions pas que le Global Positionnement par Satellite, (GPS) a été mis au point par, et pour les militaires, donc à usage prioritairement guerrier. Que les gentils soldats ont bien voulu nous en transférer l'usage, avec une précision peut-être moindre, mais qu'à tout moment les Etats Majors peuvent être tentés de couper l'alimentation des systèmes de navigation civils quand ils sentent une menace...
On comprend dès lors nettement mieux que certains stratèges aient grande envie de brouiller tout appareil qui pourrait s'approcher d'un endroit sensible.
Alors, que s'est-il réellement passé pour nos deux pauvres petits navigateurs inoffensifs?
L'un de mes correspondants expose l'idée d'un "flashage" de l'électronique qui serait dû à un faisceau radar un peu (trop) fort...
Un autre me dit que nos navigateurs auraient pu prendre comme un coup de foudre comparable à ce que "ramassent " les appareils électro-ménagers lors d'un orage... Référence à l'expression "Tonnerre de Brest"?
Quoi qu'il en soit... Amis brestois, si vous avez des infos... ou si d'autres personnes possèdent des témoignages... près d'autres sites stratégiques... Je suis très curieux de savoir, quitte à pénétrer le secret défense!!!
Mais une chose est certaine: je vais dorénavant me montrer très prudent s'il m'arrive d'utiliser mon navigateur GPS dans des zones dites "sensibles"... on ne sait jamais!
J'ai en effet horreur qu'on me brouille l'écoute!!!
Les yeux exorbités...

Pour aujourd'hui, Météo-France prévoyait que le temps allait changer.
Et de fait: depuis le matin, on se trouvait avec une épaisse grisaille plombant le ciel... mais il était prévu que cela devrait se lever en cours de journée... avec vent forcissant et virant au Sud-Ouest.... précédant la traditionnelle arrivée de la pluie en pareil cas.
Mais l'info "vent de Sud-ouest" était tout de même intéressante. Suffisait de guetter la fenêtre.
C'est pas à un vieux singe...
Je me mets donc en devoir de guetter le ciel, mais les nuages bas tardent à foutre le camp...
Lorsque vers 15 heures, le soleil finit par transpercer le voile de brume, et voilà que tout se dégage presque instantanément.
Vite, je "jette" de quoi faire voler dans le coffre de la voiture, et je pars vers ma pente nommée La Roche. Après avoir garé la voiture, j'emprunte le petit chemin creux qui me conduira vers mes futurs exploits.
Cependant, j'entends le vent qui hurle dans les branchages... Hum... N'ai-je pas été un peu présomptueux?
Mais j'ai pris des modèles adaptés à la baston!!!C'est pas à un vieux singe...
Après 800 mètres de marche, je débouche dans la prairie, et il faut reconnaître que ça ventile un max.
Le petit HD 01 étant tout monté, j'allume la radio et je le lance.
Je ne tarde pas à comprendre: les quelques 300 grammes de mon moustique se font chahuter un maximum. D'une aile sur l'autre, et presque en vol tranche, et que je te prenne 20 mètres d'un coup... pour les reperdre tout aussi brutalement quelques secondes plus tard.
Bof, vaut mieux poser.
L'atterro est sportif... mais sans anicroches. Durée du vol: 2 minutes 18 secondes...
Je passe à l'autre modèle, un Vény plus "costaud" appelé à se défendre dans le vent.
C'est pas à un vieux singe...
J'assemble, vérification des gouvernes, et je lance.
Malgré la masse plus importante, ce Vény se fait pareillement bousculer, tel un fétu de paille.
Et le pilotage ne m'est pas agréable du tout.
Pourquoi alors s'entêter?
D'autant que le vent souffle de plus en plus fort, qu'il s'engouffre derrière mes lunettes, que cela me sort des larmes qui tourbillonnent derrière les carreaux, et que j'y vois de moins en moins clair.
J'ai beau me positionner la tête de travers afin de provoquer un courant d'air qui assècherait mes pleurs, rien à faire. Et pour "arranger" le tout, j'ai le soleil juste dans l'axe de vol: il est de plus en plus bas sur l'horizon, et il s'amuse à me faire coucou pour bien m'enquiquiner...
Et c'est ainsi que j'ai l'impression d'avoir les yeux qui me sortent de la tête...
Ce qui me fait faire la grimace...
C'est pourtant pas à un vieux singe...

Mais intérieurement je me marre quand même, en pensant au dessin qui figure sur la dérive de mon planeur.
Jamais il n'avait collé à la situation avec autant d'acuité!!!
De guerre lasse, j'ai entrepris de poser.
C'est là que les aérofreins "crocodiles" très efficaces m'ont rendu un grand service.
Durée du vol: 6 minutes 20 secondes.
Si vous faites le calcul, j'ai piloté moins de dix minutes.
Et ça, c'est plutôt surprenant en ce qui me concerne...
Exorbitant, non?
Car en général, quand je sors, j'en prends pour une heure environ...
Mais, là, franchement, j'ai trouvé que la situation était in-te-na-ble!!!
"On fera mieux la prochaine fois..."
Dixit le vieux singe!!!!
J'ai rencontré le Petit Prince
En cette période où le Monde ne sait plus très bien où il va…
Où les économistes s’arrachent les cheveux…
Où notre planète Terre ne tourne plus très rond…
Il est des petits plaisirs bien loin des préoccupations bassement matérielles.
Que je vous raconte :
Je me trouve dans un grand magasin, symbole de notre société de consommation ; ma femme est à la recherche d’un objet décoratif… Moi, essayant de tuer le temps, je déambule dans les allées…et tel le « grand » gamin que je suis resté, j’arrive fatalement au rayon des jouets.
Il faut dire que nous sommes mi-octobre. Des vendeuses s’affairent à déballer des cartons, disposer les boîtes de jouets sur les étagères, poser les étiquettes.
L’effervescence qui précède Noël.
Dans cette caverne d’Ali Baba, des gens vont « craquer »
des sommes rondelettes(1) afin d'acquérir un affreux King-Kong en peluche, ou le dernier gadget à la mode...
Et je suis quelque peu effrayé par la laideur des monstres et autres
robots qui peuplent abondamment cet astéroïde desjoujoux.
Le nez en l'air vers les boites situées tout en haut, je me plais cependant à penser malicieusement que le carton d'emballage servira peut-être plus longtemps de jouet que le contenu
lui-même.
Quand, sur cette planète où le plastique est roi, j’entends, sortie de nulle part, une petite voix qui m’apostrophe :
« Dis, Monsieur, tu sais
où sont les billes ? »
Je baisse le nez, et là, je découvre à mes côtés, un charmant bambin, haut comme trois crêpes, qui s’adresse à moi avec la candeur du Petit-Prince.
M’aurait-il pris pour un vendeur ? Ou peut-être pour le père Noël ???
Il est vrai que je possède en ce moment une barbe blanche très fournie.
Emu et enchanté par cette demande fort amène, je réponds sur un ton rieur:
« Ben non, mon bonhomme,
je ne sais pas où sont les billes...
Mais regarde là, à quelques mètres devant nous : il y a une vendeuse. Demande-lui, elle doit
savoir. »
Tout en se précipitant vers la jeune dame, le gamin me lance :
« Merci M’sieur ! »
Puis s'adressant à l'employée du magasin:
« Dis, Madame, tu sais où
sont les billes ?
- Oui, bien sûr, tu avances un petit peu, et tu tournes juste après les pères Noël escaladeurs. Tu vas trouver les billes à cet endroit.
- Merci Madame. »
Tel du vif-argent, le gamin a disparu au coin du rayonnage, et je ne l’ai pas revu.
Apparition furtive d'un petit renard, que je n'ai pas eu le
temps d'apprivoiser(1)...
« Dis Monsieur… »
A chacun son Petit Prince, n’est-ce pas ?
(1) Le Petit Prince, chapitre XXI intitulé "Le
renard":
"Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître.
Ils achètent des choses toutes faites chez des marchands..."
Oxymore
Qui n'a jamais entendu cette expression, couramment utilisée dans le Midi?
"Il est grand, ce petit!'
Méridionnal bon teint, mon père en était friand...

Tout comme il était friand des pièces de Pagnol, dont il citait des tirades ou des répliques, à la manière de Raimu qu'il essayait d'imiter...
"Mais tout le monde le sait bien que c'est dans la Marine française qu'il y a le plus de cocus... quarante!"
Ainsi donc, tel Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, mon géniteur ne savait pas, le bougre, qu'il utilisait une tournure de style que l'on
nomme "un oxymore".
Bigre!!!!
Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne le savais pas non plus, jusqu'à ce matin!
En effet, écoutant avec attention ma chaîne de radio favorite, j'entends prononcer "oxymore" dans la bouche de deux journalistes différents, à quelques minutes d'intervalle. Tout
ça pour évoquer la parole de madame notre ministre de l'Economie, à propos d'une "croissance négative".
Une croissance, c'est dans le sens positif, non?
J'imagine mal une croissance négative...
Il faut cependant avouer que mes talents d'économiste sont asymptotiques à... zéro! (Ne serait-ce pas là un pléonasme? Tout comme le serait sans doute une "croissance positive"!)
Mais quelle élégance dans le style...S'exprimer par oxymore...
Dans le clair-obsur...
Il faut dire que certains "grands" de la littérature ont apporté leur contribution à la chose:
« Ne l'entendez-vous pas, cette cruelle joie, » (Racine, Berenice)
« La clarté sombre des réverbères » (Charles Baudelaire, Les Paradis artificiels)
« Un affreux soleil noir d'où rayonne la nuit » (Victor Hugo)
Citations extraites de Wikipédia (adresse URL en fin de page)
"Croissance négative..." Tout ça pour ne pas prononcer le mot "récession" à propos de l'économie!
(Puis-je vous faire une confidence? Il paraîtrait que le mot récession aurait tendance à épouvanter le Monde).
Plagiant alors notre Ministre (j'aime bien m'inspirer des "grands" de ce Monde*), je me plais à imaginer ce que pourrait être une... décroissance positive.
Madame le Ministre, je tiens à vous remercier de m'avoir enrichi. D'autant plus que cela ne vous a pas coûté un centime... Plus exactement, je vous remercie d'avoir indirectement
enrichi mon vocabulaire par le truchement de journalistes amoureux de la langue française.
J'espère tout simplement que je ne serai pas taxé sur cette plus-value!
En attendant, je crois au moins avoir compris une chose: pour "communiquer" savamment en ce début de XXIème siècle, il faut maintenant posséder une vocabulaire que sort de
l'ordinaire...
Un vocabulaire ordinairement littéraire et recherché!
Vive l'oxymore!
Qui permet d'enfumer les abeilles que nous sommes.
Et sur ces bonnes paroles... je me casse*!
*toute référence à "Kivousavé" ne serait que pure coïncidence! Ou une fortuite certitude!!!
http://fr.wikipedia.org/wiki/Oxymore