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Photo / VTT / Billets d'humeur /  Géocaching / Modélisme / Années 50
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Faut pas perdre le Nord Tchârlesssse

2 Juin 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Dieu, fallait-il donc qu'il aime le maïs sous toutes  ses formes, notre ami Charles ! Enfin, ne me  dites pas que vous ignorez tout des  habitudes alimentaires de nos amis  britanniques... Vous savez bien que le petit déjeuner, chez eux, c'est sacré. Et que j’te mette des flocons de ceci et des flocons de cela. Ils disent aussi que le popcorn, c'est extra pour la santé. Mais de là à pousser le vice comme notre ami Charles... C'est vraiment exception­nel. Car la gourmandise a ses limites.
Ah, mais j'ai oublié un petit détail : Charles est l'un des membres du club anglais de Hertford. Club avec lequel nous entretenons des échanges ami­caux depuis 1988. Une année nous passons la Manche; l'année suivante, ce sont les Britanniques qui viennent nous rendre visite et traversent le  Channel.
Fin août 1994, le match se déroulait sur notre stade... Panneau d'affichage : 0 à 0. Balle au centre.
II faut dire qu'à chacune de leurs visites, nos amis  déploient une débauche de créativité pour nous présenter des modèles différents, voire exotiques...
Mais, là, non : un modèle banal décolle sous la houlette de notre ami Charles.
Un détail, pour recréer l'ambiance : dès à présent, il va vous falloir prononcer son prénom à l'anglaise. Ecoutez bien, il faut dire "Tchâaarlsse". Après moi, répétez :

"- Tchâaarlsse ! "
OK, c'est parfait.

Mais pendant qu'on discute, notre pilote a déjà conduit son modèle réduit bien au-delà du bout de la piste... Le moteur ratatouille, de son pot d'échap­pement émanent quelques hoquets... puis plus rien, silence total : il vient de caler.
Affolement, et manque d'habitude de piloter dans la campagne mayennaise, ou tout simplement réflexe conditionné : Tchâaarlsse vire à gauche. Le plané s'effectue normalement. Enfin, que je vous dise : personnellement, en pareil cas, je vire à droite, vers le Nord, parce que sur la gauche, se trouve un magnifique champ de... un champ de ? Mais voyons ! un champ de ma... un champ de maï... un champ de maïs, bien sûr ! (Heureusement que je vous l'ai souf­flé, parce que je sens que vous n'auriez pas trouvé.) Le modèle s'en va donc joyeusement se poser dans des maïs dont la hauteur me dépasse allègrement. Et comme, en plus, le champ est en dévers, nous n'avons pas pu localiser avec certitude le point d'impact. Même les plus pessimistes pronostiquent pourtant un modèle réduit intact. Sympa, non ? C'est alors que les plus grands (dont je ne fais pas partie) pénètrent à l'intérieur de la végétation. S'engage ensuite un dialogue surréaliste dont les protagonistes ont été entièrement avalés par le maïs. "J'te dis qu'c'est à gauche ! Mais non, c'est tout droit !"

Au bout d'un certain temps, toujours pas de modèle réduit.
Alors différentes tactiques vont être utilisées. Jean-Pierre, un très grand, escalade un poteau téléphonique... Mais il ne voit rien. Christiane pro­pose qu'on prenne un drapeau rouge fluo, qu'il suf­fira de brandir à bout de bras, afin de localiser celui qui le portera. J'en passe, et des meilleures. Le temps passe, lui aussi, et le modèle n'est toujours pas retrouvé.

Quand tout à coup, Michel, qui revient son drapeau à la main, crotté, griffé et découragé, Michel "tombe" par hasard sur l'avion fugueur. "Je l'ai trou­vé !" crie-t-il avec joie.

Le champ de maïs commence alors à régurgiter un à un tous les modélistes qu’il avait avalés auparavant. Physiquement, ils sont dans le même état que Michel. Tous, sauf un ! Et oui, il manque... Tchâaarlsse ! On était parti chercher un avion ; c'est le bonhom­me qu'il va falloir récupérer maintenant.

Ceux que la nature a dotés d'un organe vocal puis­sant se mettent à hurler : "Tchâaarlsse ! reviens !" (En secret, les plus sadiques, intoxiqués par la pub télé, murmurent : Léon, reviens, on a les mêmes à la maison !) Mais le temps passe, et on nous attend au restaurant.

II faut pourtant se rendre à l'évidence : Tchâaarlsse s'est perdu. Je ne sais si vous avez été confronté à un tel problème, mais un champ de maïs devient un vrai piège. On suit les sillons, jusqu'à ce que brusque­ment, ils changent d'orientation. Par temps couvert, en l'absence de soleil, aucun point de repère possible. Et quand en plus une légère brise fait bruire les feuilles, on n'entend même pas les appels des copains, et il est facile de perdre le Nord...

Ce n'est qu'après de longues minutes que Tchâaarlsse sortit à l'autre bout du champ. Mais dans quel état ! Nous lui montrâmes son avion... intact, lui ! Et notre ami tint à se changer  pour aller au restaurant, où nous arrivâmes en retard, bien évi­demment. Notre crainte à tous pendant le trajet, c'est qu'en entrée, on ne nous propose... du maïs. Ce qui ne fut heureusement pas le cas.
Et Tchâaarlsse se vengea, sur un steak ! Quant à la serveuse qui lui demandait ce qu'il voulait comme légume pour accompagner sa viande, il lui répondit, fort aimablement : "Des frites ! Please !"

 Comme quoi il n'avait pas tout à fait perdu le Nord !

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Coup de tonnerre

25 Mai 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Il est des jours  où on ne voit pas beaucoup plus loin que le bout de son nez. Et qu’on ne soupçonne pas un seul instant ce qui va arriver.
Imaginez cinq ou six personnes rassemblées  dans la salle d’attente d’un cabinet commun à trois ophtalmos.
Pas un bruit…
Il est 8 heures du matin, les consultations ne sont pas encore commencées.
Tout ce petit monde s’éveille gentiment à la vie dans une ambiance feutrée où l’on entendrait voler une mouche.
A ma gauche,  une petite dame vêtue de noir  se penche doucement vers moi et, presque à voix basse,   me demande timidement :
« Kiksè vot’ ophtalmo ? »

Et moi de répondre posément:
« C’était madame X… »
Mais je n’ai pas le temps d’aller plus loin ;  la simple audition du nom de « madame X » semble provoquer chez ma voisine comme une sorte d’orage imprévisible qui éclate bruyamment.
« Ah, la salope ! » tonne-t-elle avec courroux.
Ce n’est plus la même personne qui se trouve à côté de moi. Elle est devenue subitement hors d’elle !
Et d’enchaîner :

« C’est là aussi que j’allais… Mais quand j’lui disais qu’j’y voyais même plus pour conduire, elle me disait : « C’est normal à vot’ âge ! »  Bon, ben… J’ai arrêté de conduire.

Pis après, j’y voyais mêm’ pus pour lire… Et elle me disait toujours : « C’est normal à vot’ âge ! »

Ben moi j’y disais  qu’j’avais pourtant des copines de mon âge,  qu’étaient allées chez d’aut’s ophtalmos, et qu’elles avaient été opérées de la cataracte, et que maintenant elles voyaient bien… Quand j’y disais ça, vous savez ce qu’elle faisait, hein ? Elle me rigolait au nez !

La dernière fois que j’ai été la voir, j’y ai dit que j’en avais marre, et que je voulais me faire opérer : elle a point voulu ! Ben j’ai fini par y jeter mes lunettes à la goule ! Et j’y ai dit que j’allais changer de crèmerie !

C’est comme ça que je suis venue voir le docteur G…. ça a point été facile pour avoir un rendez-vous.
Mais il a pas hésité, y m’a dit : faut qu’on vous opère !

Ben ça y est, maintenant me v’là opérée des deux yeux. Et  à c’t’heure, je lis mon journal !

Depuis le temps…
Si j’avais su… »

Et puis lentement, posément, la petite dame d’égrener :
Ah… la salope… »

 La salle d’attente s’est trouvée comme électrisée par cet orage d’une violence inouïe… et nous sommes tous restés médusés…
Mais comment aurais-je pu prévoir que j’allais  déclencher une telle réaction de la part d’une petite femme qui me semblait plutôt timorée…

 Après ce tonitruant coup de tonnerre, la pièce est maintenant   redevenue  silencieuse… et je peux lire sur les yeux des personnes présentes comme une sorte d’ébahissement…

Quelques instants encore, et semblant soudain apaisée, ma voisine de soupirer :
« Ah… Si j’étais restée chez elle, hein, comment qu’je  s’rais, à c’t’heure ?
Ah…. »

Vous comprendrez pourquoi  j’ai préféré taire pudiquement le nom de la personne ayant déclenché l’ire de ma voisine…

Je me contenterai simplement d’ajouter que madame X  ne trouvait pas urgent non plus qu’on opère mes yeux… qui n’étaient sans doute pas encore aussi délabrés que ceux de ma petite dame en noir.
Nous étions donc au moins deux dans cette salle d’attente à avoir changé de crèmerie !!!

Mais je n’ai pas eu le loisir de le dire à ma voisine,  qui a  exprimé sans ambages, et beaucoup plus  vertement que je n’aurais pu le faire,  ce qu’elle pensait  de cette praticienne pour le moins contestée.

Ah….


PS: une personne ayant lu cette anecdote me dit 
dernièrement: "Cette petite dame, quand elle s'est exprimée, c'était vraiment le cri du coeur. "
Pour ma part,  je pense qu'il s'agit  tout autant  du cri de la rancoeur!!!

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On voit tellement de choses ces temps-ci…

8 Mai 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Ce matin brille un soleil radieux qui m’invite à faire une petite séance de vol. Le  vent vient du Sud-Sud-Est…
Il s’avère  cependant que notre région n’est pas réputée pour détenir des collines permettant de pratiquer le vol de pente avec ce type de brise…
M
ais, équipé d’un motoplaneur électrique, je pars quand même en quête d’une prairie afin de pouvoir décoller.
C’est pourtant  pas facile à dénicher en ce début de printemps ! Entre les champs qui viennent d’être labourés, ceux dans lesquels on a abondamment égaillé du fumier…  Ceux destinés aux foins et où l’herbe commence à être trop haute…
Mais le hasard fait parfois bien les choses ! Remontant le chemin touristique du Gros-Roc, j’avise un oiseau qui semble profiter d’un courant ascendant. Il est juste au-dessus d’un herbage pentu occupé par quelques jeunes bêtes qui paissent paisiblement tout en bas.

Je gare mon véhicule, je sors le modèle du coffre, je passe sous la clôture, je branche les fils ;  petite visite pré-vol pour  essai moteur et gouvernes. Et je lance !

Mon planeur prend gentiment de l’altitude…
Passe alors très lentement un véhicule utilitaire… qui monte la  petite route…

 

Véhicule que je vois redescendre presque aussitôt, et qui se gare à côté de ma voiture…
J’en vois descendre un homme de taille moyenne, abrité sous une casquette à carreaux, vêtu d’une salopette bleue et muni d’un bâton de vacher ; il enjambe la clôture, et  se plante là…

Je pose alors prestement  mon modèle : durée du vol : 2minutes 45 !
Puis  je me dirige vers le nouveau venu.
C’est moi qui ai le redoutable honneur d’entamer  la conversation.
« Bonjour Monsieur, je suis sans doute sur une de vos terres…
- Ouais… que me fait l’homme en mâchouillant un mégot de cigarette roulée qu’il a  scotché sur  sa lèvre inférieure. (Comme une sorte de Lucky Luke du Far West  de la France!)
- C’est la première fois que je viens ici, c’est pour un essai… dis-je timidement
- Ouais… »
Mon homme ne se montre guère causant.  Par opposition aux bavards que l’on nomme par chez nous les « causeux », celui-ci  doit être un « taiseux »….

Long silence. Et avisant mon boîtier d’émetteur, il me jette :

« C’est quoi vot’ truc ? »
Je commence à lui expliquer…
Mais cela ne semble pas vraiment l’intéresser.

Silence…
Puis  il reprend :
« Vous avez vu, y’a des bêtes ? » 
A mon tour de causer à l’économie : 
« Ouais ! »
« Et elles sont toutes folles de ce temps-là ! 
-   Ah ? cela ne m’a pas semblé… mais si je m’étais rendu compte de leur énervement, je ne serais même pas entré dans cette prairie…
-   Ouais,  que me fait l’homme en mâchouillant toujours son mégot  qu’il s’efforce de  faire durer le plus longtemps possible.
-   Mais c’est souvent que j’utilise un herbage pour faire décoller mes modèles. Dans le coin, les gens me connaissent… »

Pas de réaction…
J’enchaîne alors :
« Voyez, mon appareil,  c’est du polystyrène, et  quand je mets le moteur électrique en route, y’a pas de quoi affoler le monde avec le bruit… »
Long silence… Et laissant un vide après chaque phrase,  il commence à égrener :
« Ouais… mais les bêtes, elles sont toutes folles de ce temps-là ! 
Et pis, on voit tellement de choses ces temps-ci…
Moi, faut que je vienne de Sainte-S…
Hein, si les bêtes elles foutent le camp du champ, hein ? »
Voilà  mon taiseux devenu soudain bavard. Placide, mais bavard…
Je crois alors comprendre qu’il me faut  le rassurer.
Et moi d’expliquer  alors que… et encore que… et  puis encore que…
Et à chacun de mes arguments en vue de lui montrer que j’étais un type responsable, accueilli partout aux alentours sans problème… mon homme de ponctuer systématiquement, sobrement, imperturbablement :
« Et pis… on voit tellement de choses ces temps-ci… »
Long silence à nouveau… que je tente pourtant de rompre avec cette invite :
« Bon, alors,  quand  les bêtes ne sont pas dans le pré, me donnez-vous l’autorisation de… »

Et là, il me coupe sèchement :
« Ouais, mais  on voit tellement de choses ces temps-ci… »

Cela m’a rappelé un souvenir du même style : c’était il y a bien longtemps, à quelques dizaines de kilomètres  de l’endroit d’aujourd’hui, où j’avais été accueilli par un  paysan  « taiseux » muni d’un sorte de hallebarde… et qui là aussi  n’avait rien voulu entendre.

 

Le temps semble long, très long,  dans ce genre de… dialogue…
Mon homme du  jour s’est éloigné lentement, il est descendu voir ses bêtes… et le temps que  je  remballe mon modèle dans le coffre, il était déjà revenu. Je lui  fais alors remarquer qu’en l’absence de son consentement, j’avais rangé mes affaires…

Long silence… Lourd silence…

Je tente de renouer le contact,  et j’ai  l’audace de tenter  timidement une nouvelle fois : 
« Mais… s’il n’y a pas de bêtes dans le champ… ??? »
Il ne me répond pas.
Lucky Luke  continue de mâchouiller son mégot, et la tête baissée, il martèle  très lentement le sol en cadence  avec son bâton qui  tinte douloureusement sur le goudron. Ce n'est pas le supplice de la goutte d'eau, mais en ce qui me concerne, ça lui ressemble!
Puis il se décide à  ouvrir  la porte de sa voiture, et me lâche sur un ton monocorde,  empreint d'une   sobriété dont il doit faire preuve quotidiennement : « Au revoir monsieur… »

Il ne m’a pas refusé l’accès de sa prairie.
Il ne m’a pas dit oui...   il ne m’a pas dit non…
Un Normand égaré dans le Bas-Maine ?
Mais il est parti, me laissant là comme un péquenaud.

Ne vous l’avais-je pas  dit ?
« On voit tellement de choses ces temps-ci… » 

 -----------------------------------    En guise d'épilogue --------------------

Dans mon récit,  j’ai omis volontairement un petit détail, le détail qui tue! Car il me suffira de grimper d’une cinquantaine de mètres, me placer dans la prairie à gauche de la route, en face celle que j’ai voulu utiliser hier, pour  balancer mon motoplaneur de cet endroit, et  ensuite  aller exploiter la pentounette que je visais… car dans cet herbage côté gauche, qui permet déjà de balancer aussi en direction de l’OSO, l’agriculteur m’a donné son feu vert !!!  

         J’irai ainsi survoler les « terres interdites » en toute impunité…

Comme quoi, à malin, malin et demi !!!
Voyez, c’est presque un conte   à la manière de Maupassant !!! 

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Contant content… ou pas comptant ?

1 Mai 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

Question de mode (la mode, bien sûr, celle de printemps…)  on me raconte  ces temps-ci que l’on va  réformer les programmes de l’Ecole Primaire.

Voilà donc (re)venu le temps des réformes… pour « moderniser le système »… dit le Ministre qui trouve sans doute l’actuel système imparfait (du subjonctif ?) et qui doit rendre des comptes à ses concitoyens.  C'est... impératif!!!
Encore un aménagement  futur (simple ?) qui viendra s’empiler par dessus toutes les réformes  du  passé (antérieur?),  sans aucun dépoussiérage préalable…

A propos de cette nouvelle et énième réforme, j’entends présentement  s’exprimer par-ci par-là  des gens qui sont contents, d’autres mécontents… Chacun participe… présent !

 

Et toujours à propos de ces "Nouveaux Programmes de l'Ecole Primaire",  question temps et mode de conjugaison (mais ici c’est   LE mode !) cette phrase extraite de mon quotidien, que je vous livre à titre... indicatif:  "Le Ministre  a décidé de repousser à plus tard l'apprentissage du... passé et du futur antérieur."
Un pas en avant, deux pas en arrière... valse hésitation pour le temps présent !

C'est donc  ce qui s'appelle jongler avec la mode, le mode et le temps: remettre à plus tard le passé, et le faire passer pour le futur!!!

Ah, la conjugaison! Son mode indicatif, son subjonctif, ses participes… avec ou sans conditions... et son conditionnel... 
"Ben... Si j'aurais su, j'aurais pas venu!!!" disait Petit Gibus!

Naguère, quand j'abordais l'étude du passé simple avec mes élèves de CM2, je ne manquais jamais un  jeu de mots facile fleurant bon l'allitération:
« Ce passé simple pas si simple que ça!!! »

Et nous envisagions le futur joyeusement. Futur que nous trouvions plus-que-parfait !!!

Mais c'était "dans le temps"!   Et pas forcément dans l'air du temps!!!

Nous semblions apparemment tous très  contents de jouer avec les mots et les temps!

 

Ce qui me remet en mémoire un texte que je viens d’exhumer de ma boîte à souvenirs.

Ecrit, en son temps,  par une élève de CM2 qui savait conter…

Conte que je  livre à votre sagacité… pour votre contentement je l’espère !

Marie-Noëlle… j’espère que tu ne m’en voudras pas !

 

 

Contant content… ou pas comptant ?

 

Je vais vous conter un conte qui ne compte pas pour rien :

 

Il faut compter le nombre de contes pour savoir qu’il n’y a qu’un conteur qui puisse conter des contes. Ni un comptable, ni un compteur ne peuvent ni conter ni compter. Pour cela, il faut être un vrai conteur.

 

Un vrai conteur peut conter un conte  de vicomte à comte. Le conteur, s’étant adossé au comptoir, conte des contes. Toujours en comptant, le conteur continue de conter, sauf si vous le contrariez. Car un conteur contrarié refuse de conter.

 

Le conteur s’étant arrêté, je vais abréger.

 

Même si on ne fréquente plus que les comptables et les comtes, les conteurs ne disparaîtront jamais. Car dans nos cœurs, les conteurs continueront toujours à… compter !

 

Marie-Noëlle (10 ans à l'époque)

 

 

 

 

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Vive les loisirs et les loisirieux !

24 Avril 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

En cette fin d’avril peu aimable, ma femme interroge la page météo de sa chaîne télé favorite, et  avisant un créneau ensoleillé, elle me propose avec entrain :« Si nous en profitions pour  passer une journée à la mer ? »

Why not !

Mercredi matin donc, nous enfournons quelques affaires dans la voiture, et guidés par le logiciel GPS avec lequel je… m’amuse( ?),  direction le Mont Saint-Michel. Nous ne sommes pourtant pas en haute saison, mais le parking est déjà  très rempli. Dans les ruelles, c’est la tour de Babel.

Visite du Mont. Puis repas au resto avec vue panoramique sur la baie, où j'ai dégusté un "homard grillé Mère Poulard" qui restera dans les mémoires.

Retour vers la voiture, où je propose à un couple qui se prenait mutuellement en photo de les associer sur un même cliché. Echanges de mots aimables…

Direction Cancale par la côte avec visite d’un moulin à vent, puis intermède d'un petit vol en motoplaneur du côté de Cherrueix.

Suite du périple vers Cancale et la pointe du Grouin (sans un souffle de vent! Grrr, pas possible de faire voler un planeur…).

Retour sur le port de Cancale. Promenade en front de mer, une petite Leffe à la terrasse d'un troquet, achat d'huîtres sur la cale et retour à Bais pour déguster les huîtres plates de Cancale. 

Mais je voudrais revenir sur l’épisode « vol en pré-salé ».

 

 

Alors que je suis agenouillé dans l’herbe rase  et que je m’apprête  à brancher la batterie de mon modèle, je vois arriver un couple de marcheurs.  Lui me toise de toute sa hauteur, et avec un sourire ironique dans lequel on sent l’assurance du  con-descendant, il me balance : 

« Alors, on va faire mumuse ? »

Je reste de marbre ; pas un mot de ma part.
Au pied du léger talus sur lequel nous nous trouvons passent quelques cavaliers. A 300 mètres, on aperçoit des « promeneurs », leur guide vert  touristique en main,  détaillant la chapelle toute proche. De l’autre côté du chemin, un couple de retraités vaque à ses occupations dans son jardinet. Au loin, des toiles multicolores signalent la présence de chars à voile qui filent sur l’horizon.

Que font donc tous ces gens ? Ils font mumuse !!! Assurément !

Et lui, mon interlocuteur-marcheur, dans ses vêtements fluo tout droit sortis du magasin « sport » de son hypermarché, il ne fait pas mumuse ? Non ?

 Je ne sais pas ce qui m’a retenu de lui balancer :

« Pôôôôôooooooovvvvvv’   khôn ! »

PS: un grand amuseur public nommé Molière  n'écrivait-il pas dans "l'Avare"
"La peste soit de l'avarice et des avaricieux"  
Et moi, pour m'amuser, j'aurais envie de l'imiter: 
"La peste soit des loisirs et des loisirieux"?

A moins que ce ne soit: "La peste soit de loisirice et des loisiricieux?"
Chacun s'amuse comme il peut, n'est-ce pas?

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Attrape le manche!

19 Avril 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Pendant mes vacances, j’adore me promener sans trop savoir où je vais, et cela débouche parfois sur des rencontres aussi cocasses qu’inattendues.
C’est ainsi qu’un été, j’avais posé ma caravane sur le camping de Saint Jean de Maurienne, et j’étais parti en direction de Saint Colomban des Villars. Lorsque petit à petit, la route commence à s’élever,  on aperçoit tout en haut le fameux  col du Glandon. Au fur et à mesure que la voiture s’échine à grimper, je me rends compte que des moucherons sillonnent le ciel… Ne s’agirait-il pas de modèles réduits pratiquant le vol de pente ?
Alors que mon radiateur indique des signes d’échauffement, je me gare sur le parking, et  mes « soupçons » se confirment. A quelques centaines de mètres, on peut apercevoir toute une troupe de joyeux modélistes, à laquelle je me joins bien évidemment avec une parfaite curiosité.

Il y a là manifestement plusieurs nationalités, dont un bon groupe d’Anglais. Et en y regardant de plus près, nombreux sont ceux qui arborent fièrement leur badge FITEM !
Ah bon!!! Je comprends alors que je suis « tombé » par hasard sur ce fameux festival  dont on parlait tant dans la presse spécialisée il y a de cela quelques « lustres ».
Rien qu’en  écoutant, je peux apprendre aussi qu’il s’agit de la sortie « fin de stage », celle qui « couronne »  la semaine d’activités… par un vol  de pente à 2000m d’altitude!
Apparemment, chacun vole comme il l’entend : il suffit de s’inscrire auprès d’un responsable, qui note  sur un cahier les différentes données telles que nom, prénom, modèle… et surtout fréquence d’émission,  dans le souci évident  de ne pas provoquer d’interférences néfastes. Et on trouve en l’air toutes sortes de planeurs, pilotés plus ou moins habilement.

La portance est telle que les nombreux « deux axes »  présents ne sont pas forcément à la fête  dans la mesure où  on pourrait presque faire voler des enclumes !!!

Lorsque me promenant  mains dans les poches au milieu de ces pilotes qui me sont tous inconnus, j’avise  l’un d’entre eux qui se tortille, jure, peste, rigole, se récrie, se contorsionne… et en suivant son regard, je finis par trouver quel est le modèle auquel  il tente  de fournir ses ordres. Et manifestement, le léger  planeur « deux axes » n’en fait qu’à sa tête. Décrochage sur décrochage, marche arrière, demi boucle involontaire… et  l’instant ne va pas tarder où le frêle oiseau sera parvenu presque derrière  la crête.

C’est alors que, inconsciemment, j’avance avec prudence : «  Vous avez des problèmes ? »
Ce à quoi, sans même réfléchir, mon interlocuteur répond : « Attrape 
Et joignant le geste à la parole, il me refile son émetteur ! M’obligeant ainsi à retirer les mains de mes poches !
Imaginez la scène :
Le type ne sait pas qui je suis, il ignore si je sais piloter, il ne sait pas si  je dispose mes commandes sur mon émetteur de la même manière que lui…
Faut être vraiment dans la m…  pour balancer sa radio comme ça vers un inconnu !!!
E
t moi de tâter les manches  aussi rapidement que possible afin de savoir  si je vais être en mesure de domestiquer la bestiole.
Heureusement, les manches correspondent à ma pratique du pilotage!
M
ais le petit « deux axes » est déjà dans une position fort peu confortable, en arrière de la crête, dans une zone très turbulée… et comme  sa conception ne permet guère d’avancer pour remonter au vent, me voilà à mon tour dans la m…  T’avais qu’à fermer ta gu… ! » me pensais-je, mais il était trop tard, il fallait assumer !)
Tant bien que mal, je finis par poser le planeur assez loin derrière, dans les rabattants, mais apparemment sans casse.

Tout excité par l’aventure, le monsieur me remercia et partit prestement  récupérer  son modèle.
J’attendis un peu ; puis de mon côté, je fis les quelques 300m me séparant de mon véhicule.
C
’est alors que ma femme, qui était restée bien  « au chaud » dans la voiture, m’apostropha en ces termes : « Dis-moi, tu es incorrigible ! Tu ne peux pas t’empêcher de piloter, même quand tu n’as pas pris de modèle avec toi !!! »
H
eu, comment savait-elle ? Aurait-elle un don de double vue ? M’avait-elle aperçu avec l’émetteur entre les mains ?
Elle finit donc par m’avouer qu’elle venait de voir passer un petit groupe, dans lequel un des personnages  se montrait  plus volubile  que les autres (l’ivresse des montagnes ?)   Et il affirmait :
«  Ben les gars, j’étais dans une m...  noire, j’arrivais plus à mener mon engin… Quand j’entends derrière moi un type qui me dit : « «  Vous avez des problèmes ? »
Ben j’ai même pas réfléchi, j’lui ai balancé  mon émetteur! J'le connais même pas ! C’était un p’tit barbu. Heureusement qu’il était là, il m’a ramené mon planeur, et le v’là intact !!! Il fait pas partie du FITEM ? Si j’le retrouve, faudra que je lui dise merci ! »
Voilà donc ce que ma femme avait entendu… et elle n’avait eu aucun mal à identifier son « p’tit barbu ».
Par la suite, je me suis dirigé  vers Le Corbier-La Toussuire, mais je n’ai pas eu le loisir de rencontrer  mon « naufragé ».
Pourtant, s’il me lit un jour,  qu’il sache combien j’ai eu plaisir à lui rendre  ce petit service.

« Attrape le manche! » qu’il avait dit…

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Pâlir... pas lire... Arc-en-ciel

6 Avril 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

 

Regagnant mes pénates l'autre soir, je fus témoin d'un spectacle féerique.
Je roulais vers l'est où un gros nuage noir obscurcissait l'horizon. J'étais à la limite pluie/soleil. Soleil couchant qui se trouvait dans mon  dos,   irisant ce gros nuage noir  qui  fuyait  devant moi en versant quelques larmes.  Durant 20 kilomètres, un magnifique arc-en-ciel m'accompagna. Jamais je n'avais observé avec autant d'acuité ce phénomène naturel. Jamais je n'avais "touché"  des couleurs aussi intenses.
Et pendant que mes yeux subjugués  bavaient d'admiration, me revint soudain ce curieux souvenir "scolaire".
C'était pendant une étude de texte. Face à moi, quelques 30 galopins de CM2. Quand soudain surgit une remarque  à laquelle je ne m'attendais pas...
"M'sieur, pâlir, je sais pas..."
Ce fut l'objet d'un dialogue surréaliste dans lequel je m'engouffrais avec délices.
Le lendemain, je proposais à mes élèves le texte que je vous livre ci-dessous.
Ils se battirent pour le lire à plusieurs et le mettre en scène.  J'ai l'intense souvenir que la "leçon" de lecture qui en découla fut très "participative".
Ce petit texte donna tout naturellement  lieu à une saynète, qu'ils colportèrent de classe en classe pour la jouer aux plus jeunes élèves de l'école.

Ces derniers temps, mes yeux  avaient tendance à me faire pâlir les couleurs.
Il a fallu recourir à une petite intervention chirurgicale.
Je suis donc un un peu désoeuvré ces jours-ci, dans la mesure où mes quinquets  ont du mal à faire la mise au point.
J'avais du temps... j'ai retrouvé ce texte  hier après-midi, enfoui au milieu d'autres petits souvenirs...
Mais est-ce simplement  un hasard?

                                                   Arc-en-ciel


Elève Un:
M’sieur, pâlir, je sais pas...

Le maître: Comment? Tu ne sais pas lire?

Elève Un: Si, M’sieur, je sais lire, mais je sais pas ce que veut dire pâlir!

Elève Deux: Facile! Pâlir, c’est comme rougir!

Elève Trois: Mais non! C’est tout le contraire...

Devenir rouge, c’est rougir; devenir pâle, c’est pâlir!

Le maître (satisfait): C’est beau de savoir lire! Vous avez compris: un adjectif de couleur plus le suffixe IR, et l’on obtient un verbe du deuxième groupe qui...

Elève Deux (avec des nuances): qui noircit, qui blanchit, qui bleuit, qui verdit, qui jaunit...

Elève Quatre: Comment on fait pour orange?

Le maître (embarrassé): Heu?... Là, voyez-vous, c’est différent, le suffixe sera ER, et le verbe appartiendra au premier groupe!

(s’adressant à Elève Un): Tu as compris?

Elève Un : Oui, M’sieur!

Elève Cinq (qui devait se souvenir des couleurs de l’arc-en-ciel): Comment on fait pour indigo?

Le maître (rêveur, et à mi-voix): Violet, indigo,  bleu, vert, jaune, orangé, rouge. (reprenant de plus en plus bas):

Violet, indigo bleu, vert, jaune, orangé, rouge.

Violet, Indigo,  bleu, vert, jaune, orangé, rouge.

Violet, indigo,  bleu, vert, jaune, orangé, rouge.

Violet, indigo,  bleu, vert, jaune, orangé, rouge.

Violet, indigo,  bleu, vert, jaune, orangé, rouge....

 

 

Bernard Munoz

novembre 1994

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Aux amoureux de l'orthographe...

26 Mars 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Billet d'humeur

...et à mon oncle Jo

 

Mon cher oncle

 

Là où tu te trouves, tu n’as plus mal aux dents, tu n’as plus mal aux oreilles, tu n’as plus mal aux yeux non plus.

Et pourtant à la lecture du document que j’ai sous les miens, je suis sûr que tu serais quelque peu interloqué.

Excuse-moi  alors de troubler ta douce quiétude, mais je voudrais te faire partager l’émoi  que j’ai pu éprouver  à la lecture de mon quotidien favori.


S’étalant  en bas de  page, cette pub reprenant le look d’un écran informatique d’ordinateur, qui m’invite à cliquer…

Et clic… et clic… et clic…

Un petit clic… et une grande claque à l’orthographe !!!

« Pour trouvez un véhicule en Bretagne…   ouestfrance-auto.com »

Un célèbre humoriste aurait dit : « Et vous trouvez ça drôle ? »
Parce que "pour trouveR", moi, j'aurais mis un R!!!  Grrrrrrr....

….

Me permettras-tu d’évoquer quelques souvenirs ?

Lorsque j’étais tout gamin, tu nous racontais l’ambiance moite de la salle dans laquelle tu travaillais le soir, afin de préparer la sortie du journal.
C'était rue du Pré-Botté à Rennes, dans les locaux de Ouest-France.
En compagnie d'autres ouvriers, tu tapais sur un  clavier  noir dont l’aspect me faisait penser aux machines à écrire  que l’on voyait dans les films états-uniens.  Grosse machine grâce à laquelle  tu composais les colonnes du journal. En effet, tu exerçais le noble  métier de linotypiste.  Dans un bruit que je trouvais un peu trop agressif, ton mastodonte  fabriquait des lignes  de plomb, sur lesquelles  on pouvait lire le texte à l’envers  comme dans un miroir.

Je me souviens être allé te voir un soir sur ton lieu de travail, dans cette atmosphère saturnienne  de plomb fondu et de cliquetis des autres machines,  tu avais pris un peu de ton précieux  temps pour  me fabriquer une ligne sur laquelle figuraient mon nom et mon prénom.

J’ai longtemps conservé ce « trophée », que j’utilisais comme tampon encreur. Ce qui  permettait  au galopin que j’étais alors d’épater les petits copains.

Et puis je l’ai égaré… et je m’en veux profondément.

Quand je lisais le journal, j’avais toujours une profonde pensée pour toi. Et je me disais, que peut-être, les colonnes que j’avais sous les yeux, c’était toi qui les avais générées…

Je me souviens qu’à l’époque, tu m’avais modestement expliqué que pour accomplir ton métier, il suffisait tout simplement de savoir taper à la machine, et  posséder quelques « petites »  notions d’orthographe.  Tu ajoutais -non sans  fierté- que tu n’étais titulaire que d’un  banal  « certificat d’études primaires élémentaires », obtenu avec mention à l’âge de quatorze ans.

http://idata.over-blog.com/0/29/45/47//Certificat-d--tudes-avec-l-gende.jpg


L’informatique n’avait pas encore bousculé nos habitudes, tu n’avais pas à ta disposition  un logiciel de PAO, pas plus qu’un  traitement de texte… et encore moins  un correcteur d’orthographe !

 

Mais tu savais que si on écrit : « Pour trouver… » il suffit de remplacer « trouver » par un verbe du deuxième groupe ;  cela devient « pour finiR ». Ayant entendu le « R » à la fin de « finiR », on  confirme le fait que « trouveR » doit également se terminer par un « R ».

 

Mon cher Oncle Jo, excuse-moi de t’avoir  dérangé, toi qui te fiches sans doute maintenant  de la subtile différence qui existe entre l’infinitif,  le participe passé, et le verbe conjugué à la deuxième personne du pluriel…

 

Affectueusement, ton neveu,

 

Bernard

 

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La fête au village

15 Mars 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Chroniques des années 50

 A Chérancé, tout  comme dans bien d’autres communes de France  et du sud Mayenne, se tenait chaque année la traditionnelle Assemblée, la fameuse « assembieu »…
Pour nous autres gamins qui avions parfois du mal à nous repérer dans le temps, il y avait un signe avant-coureur. Telles les hirondelles qui annonçaient le printemps, le camion du père Gaucher était guetté avec une impatience que nous avions du mal à contenir.
Et le jour où nous l’entendions arriver, c’était la joie immense de se dire : on va faire la fête.
Il arrivait en milieu de semaine, avant même que les membres du Comité des fêtes ne commencent à pavoiser le bourg avec des guirlandes.
Fameux camion ! Il sortait tout droit de la guerre ! Mais pas de la seconde ! Non, non, la « Grande Guerre », celle de 14-18 !!!
Je ne saurais dire quelle était la marque de ce véhicule brinquebalant, mais il roulait en faisant un bruit épouvantable. Les jantes me semblaient être en bois… sur des bandages en caoutchouc plein !
Un détail m’est resté gravé : les « clignotants » !!!
A une certaine époque, les conducteurs signalaient leurs changements de direction comme les cyclistes, avec leur bras, en le mettant à la portière. Et puis on avait vu fleurir des systèmes avec des « bras mécaniques éclairés et articulés » qui par un mouvement de haut en bas attiraient l’attention du conducteur se trouvant derrière…
Et le père Gaucher avait été séduit par ce système digne du modernisme ambiant, qu’il avait fini par adapter à sa sauce.
Il avait installé sur chaque côté de son camion un simple morceau de bois peint en rouge, et lorsque le père Gaucher souhaitait virer, il lui suffisait d’agiter l’extrémité d’une des ficelles se trouvant juste devant son volant pour faire fonctionner son bras articulé. 
parquet-du-bal.jpgNous admirions l’ingéniosité du bonhomme !
 
Commençait dès lors la construction des différents stands.
Un peu plus tard arrivait l’entrepreneur de bals, qui déchargeait son parquet sur la placette. Puis avec l’aide de ses compagnons-musiciens, il assemblait tout son puzzle sous l’œil intéressé des marmots du village… Et dès que la salle de bal était montée, nous partions à sa conquête. Il faut dire que cela nous permettait de jouer bien à l’abri, dans cette « immense » salle provisoire   recouverte d’une bâche ; quant au parquet merveilleusement patiné par les couples de danseurs, il se comportait nettement   mieux qu’une mare gelée pour y effectuer de longues glissades. Bien sûr, il fallait jouer dans ce bal sans se faire prendre par l’entrepreneur, qui nous houspillait parfois. Mais dès qu’il était reparti chez lui…
La petite allée longeant l’église était l’objet de nombreux préparatifs.
C’est d’ailleurs à cet endroit, à la porte de l’église, que nous avions l’habitude de nous regrouper les jours de « sacre ». En effet, c’est à la sortie que les « noceux » ou les « baptêmeux » nous lançaient à la volée des pièces de 1 Franc et des dragées, pour lesquelles nous nous battions comme des chiffonniers. Les friandises n’étaient pas enveloppées, elles roulaient dans la poussière, mais nous les dégustions avec délices…
Pour la fête du village, de chaque côté de l’allée, le garde champêtre installait des poteaux dont l’utilisation nous apparaîtrait plus clairement le dimanche suivant.
La fête communale, c’était l’occasion de relever des défis, de montrer sa force ou sa sagacité…
Les plus grands pouvaient le faire lors de la course cycliste « interrégionale ».
Mais pour les gamins que nous étions, il y avait les jeux traditionnels !
Pour la course à l’œuf, chaque participant  insérait   dans la bouche une cuillère à soupe contenant un œuf ; puis après le top départ, il fallait franchir la ligne d’arrivée le premier en n’ayant pas fait d’omelette… et pas question de tenir la cuillère avec les mains au risque d’être disqualifié par le garde champêtre à la vigilance pourtant bienveillante !
La course en sacs   voyait s’affronter des enfants dont les deux jambes se trouvaient enfermées dans un sac de jute… inutile de courir ; il fallait absolument sauter… en évitant de se casser la figure… mais le bon public se régalait lorsque les coureurs s’entrechoquaient et tombaient comme des quilles !
Le mât de Cocagne permettait aux plus agiles de grimper le long d’un poteau afin d’aller arracher un objet enveloppé dans un papier journal …
 
On avait droit aussi aux « pots cassés » : yeux bandés et muni d’une perche, il fallait éclater un pot de terre suspendu   à une ficelle tendue entre deux poteaux. Inutile de dire qu’on « brassait un peu d’air » avant d’atteindre la cible…. Et on avait même parfois droit à une douche, car certains pots contenaient de l’eau, de la farine, de la sciure ; mais tous finissaient par lâcher une récompense.
 
course-aux-grenouilles.jpgLa course aux grenouilles avait ses fervents partisans. Chaque concurrent devait pousser une brouette dans laquelle on mettait juste avant le départ quelques grenouilles qu’il fallait bien évidemment avoir encore comme passagères à l’arrivée. Et pour ce faire, on piquait parfois à même le sol les sauteuses d’un concurrent malheureux !
 
Parmi tous ces divertissements   hauts en couleur figurait : le « baptême des tropiques »… peut-être hérité de la période coloniale encore toute fraîche dans les mémoires ?
Un concurrent prenait place dans la charrette à bras du garde champêtre, un adulte poussait vigoureusement l’attelage en courant. Et tel un chevalier du Moyen-âge se livrant aux joutes, le passager muni d’une lance devait viser un petit trou ménagé dans une planche suspendue en travers de l’allée… mais si on ratait son coup, un ingénieux système se chargeait de vidanger l’eau contenue dans un seau…
Chaque jeu donnait droit à des récompenses : deux ou trois pièces, des friandises…
 
Avec ces quelques sous gagnés aux jeux, nous allions faire marcher le commerce : trouer des cartons au stand de tir tenu par la mère Gaucher, loterie, achat de cacahuètes grillées…
Les nombreux cafés qui entouraient la place faisaient eux aussi un commerce florissant, et certains fêtards avaient parfois un peu trop abusé de la boisson. Ce qui nous donnait la possibilité d’assister à des spectacles souvent comiques d’hommes un peu éméchés… mais il arrivait que les types soient tellement ivres qu’ils cherchaient la bagarre, ou s’effondraient lamentablement sur l’herbe de la petite place… 
Pendant ce temps, le bal battait son plein.   Sur l’estrade un orchestre local, avec accordéon, batterie, saxo, banjo… La salle était surchauffée, et on devait relever les bâches latérales afin de donner un peu d’air aux danseurs dont le visage rouge de plaisir   se penchait goulûment vers l’extérieur. Nous tentions parfois de pénétrer dans le bal, en nous glissant parmi la forêt de jambes des couples qui virevoltaient… mais on se faisait rapidement sortir.
 
Et puis tard dans la nuit, le bal musette mettait fin à ses flonflons.
Le lendemain avant même que la classe ne reprenne, nous rôdions autour du bal ; les plus téméraires se glissaient sous le parquet… à la recherche de quelques pièces qui auraient pu échapper aux danseurs, perdues au travers des lattes pas toujours jointives… Et nous y retournions le soir… Il faut dire que la « cueillette » se révélait parfois fructueuse.
Autre source de revenus : la pêche aux « bocks ». Il suffisait de ramasser dans le bourg les nombreuses cannettes de bières que les soiffards avaient abandonnées ici et là ; chaque cafetier offrait un « petit sou » en fonction du nombre de bouteilles qu’on lui rapportait
 
Et puis l’entrepreneur de bal démontait son « parquet » ; le père Gaucher démontait ses baraques, les rangeait sur son camion.
Puis quand il partait, nous l’escortions joyeusement… Lui donnant rendez-vous à l’année prochaine.
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Pégase, pièce théâtrale en 4 actes

27 Février 2008 , Rédigé par Bernardino Publié dans #Humour et modélisme

Acte 1 :
----- Original Message -----
Envoyé: Mardi 26 février 2008,   08:49
Sujet: VéDéPé
Salut à vous
En ce moment, il pleut… certes ! Mais je viens de faire un tour sur différents sites de la météo.
Et on y annonce du Nord-Ouest pour cet après-midi.
Je serai disponible à partir de 15 heures… et j’envisage donc d’aller à Montrudbal pratiquer le Vol De Pente (VéDéPé) en compagnie de mes planeurs.
A vous de voir !
Bernard
 
Acte 2
Envoyé : mardi 26 février 2008, 18:30
Sujet: RE : VéDéPé
Salut
Les ceusses qui sont pas venus, ben y z ‘ont eu tort !!!
Hein marc ?
Parle-nous un peu de cette sortie à Montrudbal !
Bernard 
 
Acte 4 (ben oui, chronologiquement,  c'est comme ça dans ma pièce!)
            From:Bernard Munoz
Envoyé : mercredi 27 février 2008, 09:59
Subject: RE : VéDéPé
Bonjour à tous
Je vous transfère un texte rédigé par Marc suite à notre sortie d’hier.
En effet, en ce mardi matin fort pluvieux et rafaleux, et après avoir consulté différents sites météo, j’envoie un mail à quelques membres du CAB que je pense être disponibles ce jour pour leur dire que… (vous l’avez découvert dans les mails ci-dessus)
Mais dans son « rapport de courses », notre ami Marc a dû se tromper  de Munoz: en effet, autant mon père aimait les jeux et le tiercé, autant moi je ne joue jamais ! Pas un seul tacotac, pas un seul morpion, pas un seul ticket de loterie, pas un seul tiercé !
Faire un parallèle avec les chevaux ou leurs semblables tout au long du récit, amayenne-p-gase.jpgutant pour parler des planeurs que des véhicules ? Quoi de plus normal, puisque notre département "la Mayenne" a choisi comme emblème Pégase, le cheval ailé .
Vous noterez tout de même que Marc compare son camping car à un destrier (pourtant pas vraiment un pur-sang au niveau agilité dans le chemin tortueux de Montrudbal …) et qu’il avait donc quelque raison de s’inquiéter de la façon dont il allait repartir de l’endroit : de la boue partout ! Même moi avec ma Laguna, j’ai eu quelque peine à me garer sans faire patiner les roues.
Mais question « jeu », il est vrai que je ne rechigne pas à m’amuser avec… les ascendances… et les pronostics de la météo. Dans ce domaine, Marc a sans doute raison !
Chacun son truc, n’est-ce pas !!!
Et quand je « gagne », je suis comme tout le monde : heu----reux !!!
Et si je fais gagner quelqu’un d’autre ?
Je vous laisse deviner !
Bonne lecture.
 
PS : j’ai souligné un certain nombre  de mots utilisés par Marc : ils ont un rapport  avec le monde hippique… Pas mal ! L’ancien instit que je suis aurait mis au bonne note à cette « rédaction » !!!
 
Bernard,  jockey de service !
 
 
Acte 3 et tomber du rideau!
           De : Marc Mottay
Envoyé : mardi 26 février 2008,  22:23
À : Bernard Munoz… et quelques autres membres du CAB…
Objet : Re: VéDéPé
 
En effet,
Si on m’avait dit ce matin que j’allais me retrouver cet après-midi à Montrudbal …
 Mais Bernard en fin météorologue local, tel le turfiste avisé qui épluche les pronostics à la veille d’une grande course, a encore vu juste : du vent de Nord-Ouest modéré à partir de 15h.
Je suis arrivé au pied de l’obstacle sur mon destrier  (le camping car de Marc, NDLR), un peu nerveux, car celui-ci se trouvait sur un terrain un  peu lourd et j’avais un peu de mal à le « driver ». J’ai donc dû le laisser à quelques mètres de la monture de mon ami  ( la Laguna de Bernard) , en différant dans le temps toute autre manœuvre.
Ce n'est donc pas sans une certaine appréhension que je me suis dirigé, chargé tel un mulet, vers le sommet de la colline en pensant « ça commence bien ! Il manquerait plus que je sois bourrin sur les commandes !».
Après quelques pas, je levais le nez au ciel pour apercevoir les cabrioles d’un petit planeur, fougueux comme un pur-sang . Peu de temps ensuite, je reconnus celui qui en tenait les rênes.
Après une petite séance de réglages, mon Easy Glider était fin prêt pour prendre les airs et Bernard me fila les rênes. Pour ceux qui connaissent le savoir faire de notre chef pilote en matière de débourrage de jeunes modèles et qui ont vécu plus d’une fois comme moi ce moment là, la question se pose « L'animal va-t-il trouver en moi un nouveau maître, ou va-t-il m’emmener aux pâquerettes ? »
Et bien tenez-vous bien, tel Pégase qui prend son envol au soleil couchant, il a pris les airs sans aucune ruade.
Je n’ai pas contrôlé le temps de vol, mais ce fut de réelles minutes de bonheur car j’ai retrouvé en toute confiance le plaisir du vol de pente et cela….. sans casse !
logo-lamayenne.gifJe ne joue jamais aux courses mais cet après-midi, j’ai gagné le tiercé dans l’ordre : le savoir-faire de Bernard, le vent de Nord-Ouest et le vol docile de mon Easy Glider.
Marc
 
Fin de la pièce
Les acteurs, pas vraiment à cheval sur les principes,  reviennent pour saluer le public...
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Pégase le cheval ailé:
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9gase_(mythologie)
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